Alexandre Ier, évêque de Rome

Alexandros, fils d'Alexandros, naît à Rome.
Personne cultivée et savante, il est le disciple de Plutarque 1 et de Pline le jeune 4.
L'Eglise catholique le reconnaît comme sixième évêque de Rome, même si les dates de son épiscopat (109 à 116) n'ont pu être déterminées avec certitude.
Selon certaines sources, il est le premier évêque de Rome à être élu par les fidèles.


Chronologie des faits qui se sont produits dans les années 109 à 116 durant lesquelles Alexandre Ier a été évêque de Rome :

110. Tacite 2 est nommé proconsul d’Asie (jusqu'en 113).

Vers 111/113. Sous le gouverneur de Bithynie, Pline le Jeune (de 111 à 113), l’évêque Ignace d’Antioche (né v. 35) est conduit à Rome et livré aux fauves (peu de temps avant, il a remis une épître à Polycarpe) 11.

112. Pline le Jeune 4, légat en Bithynie (depuis 111), écrit à l’empereur Trajan (Marcus Ulpius Trajanus, empereur romain 98-117) pour lui demander comment on doit juger les chrétiens : "C’est une règle sacrée pour moi, seigneur, d’en référer à toi dans toutes les difficultés qui m’embarrassent. Qui mieux que toi, en effet, peut me guider dans mes hésitations, ou m’éclairer dans ce que j’ignore ? Je n’ai jamais pris part ni assisté aux procès criminels faits aux chrétiens ; aussi ne sais-je pas bien sur quoi porte l’instruction, quel est précisément le crime dont on les accuse et dans quelle mesure on doit les punir. De là plusieurs points qui ont fait question pour moi : faut-il faire exception de l’âge, ou traiter les enfants et les mineurs de la même façon que les personnes d’un âge fait ? Le repentir suffit-il à mériter la grâce, ou quiconque a été une fois chrétien ne peut-il rien gagner à ne l’être plus ? Est-ce le nom seul de chrétien qu’on punit, encore qu’on ne puisse reprocher aucun forfait à celui qui le porte, ou les forfaits inséparables du nom de chrétien ? En attendant, voici la manière dont j’ai procédé à l’égard de ceux qui m’étaient déférés comme chrétiens. Je leur ai demandé s’ils étaient chrétiens ; sur leur aveu, j’ai répété une seconde et une troisième fois ma question, en les menaçant du supplice. Ceux qui ont persisté y ont été conduits par mes ordres ; car, quelque chose qu’ils avouassent, je ne doutais pas qu’au moins leur obstination et leur opiniâtreté inflexibles ne méritassent d’être punies. Parmi ces fous entêtés, il s’en est trouvé plusieurs dont j’ai pris les noms et que j’ai retenus pour les envoyer à Rome à cause de leur qualité de citoyens romains. Bientôt, avec les progrès de l’instruction, l’accusation s’étendit et plusieurs espèces se présentèrent. On me remit un libelle d’accusation anonyme contenant un grand nombre de noms ; mais ceux qui y étaient portés ont nié qu’ils fussent ou eussent jamais été chrétiens. Ils ont après moi invoqué solennellement les dieux et offert l’encens et le vin devant ton image, que j’avais fait apporter tout exprès avec les simulacres des dieux ; de plus ils ont maudit le Christ, toutes choses auxquelles on ne peut forcer, dit-on, ceux qui sont chrétiens dans l’âme ; aussi, j’ai jugé que je les devais renvoyer. D’autres désignés par un complice ont reconnu d’abord qu’ils étaient chrétiens, puis ils l’ont nié, disant qu’ils l’avaient été, il est vrai, mais qu’ils avaient cessé de l’être, les uns depuis trois ans, les autres depuis plus longtemps, quelques-uns même depuis vingt ans. Tous ont adoré ton image et les statues des dieux et ont blasphémé Christ. Au reste, ils assuraient que tout leur crime et leur égarement n’avaient été que de se réunir habituellement en un jour marqué, avant le lever du soleil, et à chanter ensemble et alternativement des formules de prières à Christ comme à un dieu, à s’engager par serment, non à aucun crime, mais à ne commettre ni vol, ni violence, ni adultère, à ne point manquer à leur parole, à ne pas refuser de rendre un dépôt réclamé. Après quoi ils se retiraient chacun de son côté et se réunissaient de nouveau pour prendre ensemble une nourriture commune et innocente, chose même dont ils s’étaient abstenus depuis l’édit dans lequel, sous tes ordres, j’avais défendu les hétairies (sociétés secrètes). Sur quoi, pour m’assurer de ce qu’il y avait de vrai là-dedans, j’ai soumis à la question deux esclaves qu’ils appelaient leurs servantes. Mais je n’ai rien trouvé qu’une superstition absurde et monstrueuse. Aussi, pendant l’instruction, j’ai pris le parti de te consulter. L’affaire, en effet, m’a paru valoir la peine qu’on y regardât de près, surtout à cause du nombre de ceux qui sont compromis. Beaucoup de personnes de tout âge, de toute condition, de l’un et l’autre sexe, sont et seront appelées à répondre devant les juges ; car ce ne sont pas seulement les villes, mais les bourgades et les campagnes que cette contagieuse superstition a envahies. Le mal, cependant, peut être arrêté et guéri. Déjà l’on voit les temples, qui étaient presque délaissés, retrouver la foule ; les sacrifices solennels, depuis longtemps interrompus, se célèbrent de nouveau, et les victimes, qui ne rencontraient naguère que de très rares acheteurs, se vendent communément. On comprend par là quelle multitude de personnes on peut amener en ouvrant la porte au repentir". Trajan, dans son rescrit (réponse à Pline élaborée dans le conseil du prince et ayant force de loi), ordonne : "Mon cher Secundus, tu as bien respecté la procédure que tu devais en examinant les causes de ceux qui ont été déférés auprès de toi en tant que Chrétiens. Et le fait est qu’on ne peut définir une procédure de portée générale qui dispose en quelque sorte d’un cadre rigide. On ne doit pas les poursuivre d’office ; si on les dénonce et qu’on les convainc d’une faute, il faut les punir, de telle sorte cependant que celui qui prétend ne pas être chrétien - et le prouve par l’acte, c’est-à-dire en sacrifiant à nos dieux, - obtienne le pardon suite à son repentir, quels que soient les soupçons quant à son passé. D’autre part les listes anonymes qu’on a affichées ne doivent jouer aucun rôle dans aucune accusation. Elles proposent en effet un exemple délétère et ne sont pas dignes de notre époque" (Pline le Jeune, Lettres, X, 96-97, trad. Perlini) ; le rescrit de Trajan établit les règles de la répression antichrétienne justifiée par la dénonciation et les aveux publics ; les chrétiens, ces derniers venus sur la scène religieuse, au comportement si étrange, ont l’obligation de sacrifier aux dieux de Rome, sous peine de mort, alors que les Juifs en sont dispensés ; les chrétiens sont considérés comme des criminels séditieux par les Romains qui tolèrent les religions anciennes mais refusent toute religion nouvelle. Inauguration du Forum de Trajan réalisé par l'architecte phénicien, Apollodore de Damas (+129/130).

113. En mai, dédicace de la Colonne Trajane commémorant les victoires de Trajan contre les Daces 5 et d'une grande basilique, qui parachèvent le Forum.

114
. En janvier, Trajan entre en guerre contre les Parthes 6 qui ont remplacé le roi d'Arménie fidèle à Rome et occupe l'Arménie avec l'appui des Colchidiens du Caucase (peuple de Géorgie). 29 avril, le Sénat décerne à Trajan le titre d'Optimus (Le Meilleur) et vote l'érection d'un arc de triomphe consacré à l'empereur, à Bénévent, au commencement de la nouvelle Via Appia.

114/115. Erection d'un arc de triomphe à l'entrée de l’enceinte portuaire d'Ancône, en l’honneur de l’Empereur Trajan qui l’a créée.

115. Trajan, appuyé par Abgar, le roi d'Edesse, occupe la plus grande partie de la Mésopotamie reprise aux Parthes. Croyant l'Empire affaibli par la guerre, les Juifs de Cyrénaïque, d'Egypte, de Chypre et de Mésopotamie, se révoltent contre les Romains et les Grecs (tumultus iudaicus) ; face à une répression sanglante, les Juifs se réfugient dans le désert, en particulier dans les oasis du Fezzan (Libye) ; à Jérusalem, le gouverneur de Judée, Lusius Quietus, rétablit l'ordre avec une extrême brutalité. En Grande-Bretagne, la garnison romaine d'Eburacum (York) est massacrée par les indigènes ; les Romains sont contraints d'évacuer la Calédonie (Ecosse). Tacite 2 commence à rédiger ses Annales.

116. 20 février, Trajan reçoit du Sénat le titre de Parthicus Maximus (Grand vainqueur des Parthes) suite à ses campagnes en Asie ; au printemps, il prend Ctésiphon, la capitale parthe et installe un roi vassal sur le trône ; l'Arménie, la Mésopotamie et l'Assyrie deviennent des provinces romaines. 3 mai, selon le Liber pontificalis 7, Alexandre est martyrisé en même temps que les prêtres Eventius et Theodulus : "Nous avons de lui cette parole en réponse au juge qui lui demandait pourquoi il gardait le silence durant les tortures : "Le chrétien qui prie parle à Dieu". Il fut percé par tout le corps de petits coups de poinçons qui le firent longuement souffrir. Puis, avec deux de ses prêtres (Evence et Théodule), il fut décapité." 8


Les oeuvres d'Alexandre Ier

Le Liber Pontificalis 7 attribue à Alexandre l'insertion dans la messe du récit de l'institution de la Cène et l'introduction de la pratique consistant à bénir les maisons avec de l'eau mêlée de sel 9.
Selon la tradition, il ordonna que l'on offrirait seulement le pain et le vin dans le Sacrifice, et que l'on mêlerait de l'eau avec le vin, en mémoire du sang et de l'eau qui coulèrent du côté de Jésus-Christ (depuis il est mis une goutte d’eau dans le vin de la messe). Il ajouta au Canon de la Messe ces paroles : Qui pridie quam pateretur (Celui-ci, la veille de sa passion...). Il ordonna encore que l'on aurait toujours à l'Eglise de l'eau bénite, dans laquelle on aurait jeté du sel, et que l'on s'en servirait pour chasser les démons qui infesteraient les maisons. Il créa en divers temps, au mois de décembre, six prêtres, deux diacres et cinq évêques pour divers lieux 10.
Les Epîtres attribuées à Alexandre Ier sont apocryphes (c'est-à-dire non-admises dans le Canon des Ecritures) ; il en va de même pour les Actes qu’on lui a prêtés.


Le culte de saint Alexandre Ier

D'après la tradition, Trajan fit arrêter Alexandre parce qu'il avait converti le Préfet de Rome, Hermès. Alexandre, prisonnier, convertit son geôlier, l’officier Quirinus, dont il avait guéri la fille, Balbine (Quirinus et Balbine seront martyrisés en 117).
Saint Alexandre Ier est fêté le 3 mai, jour anniversaire de son martyr sur la Via Nomentana, à Rome. "Nous avons de lui cette parole en réponse au juge qui lui demandait pourquoi il gardait le silence durant les tortures : "Le chrétien qui prie parle à Dieu". Il fut percé par tout le corps de petits coups de poinçons qui le firent longuement souffrir. Puis, avec deux de ses prêtres (Evence et Théodule), il fut décapité.Depuis 1969, sa fête (3 mai) est confinée aux calendriers locaux." 8
Ses restes auraient été transférés à Freising en Bavière en 834. Une partie de ses reliques se trouverait dans l'église Sainte-Sabine, sur le mont Aventin, l'autre à Lucques en Toscane.
Une sculpture du pape Alexandre (2ème moitié du XVIIIe ?) se trouve dans l'Église Saint-Philbert de Saint-Philbert-en-Mauges (Maine-et-Loire).
Des vitraux de la Haute Chapelle de Saint-Quirin (Moselle), fabriqués par V. Honer de Nancy, au début du XXe siècle, réunissent le tribun Quirin et le pape Alexandre.
Alexandre Ier est le patron de la Paroisse Saint-Alexandre à North Lancaster dans l'Eastern Ontario (Canada).
Parmi ses successeurs, 6 papes et 1 antipape ont choisi le nom d'Alexandre.


Notes
1 Plutarque (v. 46 - v. 125), écrivain et philosophe grec, prêtre d'Apollon à Delphes, biographe et moraliste, auteur des Œuvres morales et des Vies parallèles, meurt à Chéronée (Béotie).
2 Tacite (Publius Cornelius Tacitus en latin), orateur et historien latin (v. 55-v. 120), fut consul en 97 puis proconsul en Asie (110-113).
3 Les docètes (en grec dokêtai, du verbe dokein : paraître, sembler) ont représenté une tendance hérétique dans le christianisme dès le Ier siècle : selon eux, le Christ, au cours de sa vie terrestre, n’avait pas un corps réel mais seulement un corps apparent, comme celui d’un fantôme.
4 Pline le Jeune (Caius Plinius Caecilius Secundus), écrivain latin (62-113), était le neveu et le fils adoptif de Pline l’Ancien. Il fut questeur (91-92), tribun de la plèbe (93-94), préteur (95-96), préfet du trésor public militaire (96-98), préfet du trésor (98-100), puis devint consul en 100, année où il composa le Panégyrique de Trajan. Curateur du Tibre (100-101), puis augure, il fut nommé vers l’an 111 gouverneur de la Bithynie.
5 Les Daces (Daci) étaient des Thraces installés en Dacie (Roumanie actuelle, Moldavie et Valachie) ; les Thraces, des indo-européens, occupèrent les régions centrales et orientales de la péninsule balkanique, les îles voisines et la partie Nord-Ouest de l'Asie Mineure (Mysie).
6 Les Parthes, peuple de cavaliers indo-iraniens, étaient établis entre la Caspienne et la mer d’Aral, dans une province de l’Empire séleucide appelée Parthyène. Les Parthes, dont le nom proviendrait de Parthaya signifiant en iranien combattant, cavalier, pourraient avoir fait partie des Parni, l’un des groupes composant les Dahae (peuple scythe). Pour d’autres, le mot Parthe signifiait banni dans l'idiome scythique puisque leur tribu avait été chassée de Scythie.
7 Le Liber pontificalis (Livre des papes) écrit par divers clercs du haut Moyen Âge est une suite de notices biographiques des différents évêques de Rome, dans l’ordre chronologique, des origines jusqu’à la fin du IXe siècle.
8 http://nominis.cef.fr/contenus/saint/6750/Saint-Alexandre-Ier.html
9 Dictionnaire des Papes, John N.D.Kelly, éd. Brépols, 1994
10 L'Année Liturgique, Dom Guéranger, 1841 à 1866, Abbaye Saint Benoît de Port-Valais.
11 Vers 111/113, sous le gouverneur de Bithynie, Pline le Jeune, l’évêque IGNACE d’ANTIOCHE (né v. 35) est conduit à Rome et livré aux fauves (peu de temps avant, il a remis une épître à Polycarpe). Ignace d'Antioche est l’auteur de lettres adressées aux communautés chrétiennes d’Ephèse, Magnésie, Tralles, Philadelphie et Smyrne et à la communauté chrétienne de Rome : elles sont des mises en garde contre les fausses doctrines. Ignace d’Antioche attaqua les juifs qui ne reconnaissaient pas l’enseignement du Nouveau Testament et continuaient à observer les pratiques du judaïsme comme le sabbat, et les docètes 3 qui considéraient que les souffrances et la mort du Christ n’étaient qu’apparentes et non réelles. Ignace croyait que le Nouveau Testament constituait l’achèvement de l’Ancien et insistait sur le caractère véritablement humain du Christ : « Bouchez-vous les oreilles si quelqu’un prêche sans parler de Jésus Christ de la lignée de David. C’était le fils de Marie, il est réellement né ; haï, il a été persécuté sous Ponce Pilate, a été réellement crucifié... Il a aussi ressuscité ». Ignace s’adresse à l’Église de Rome comme à celle qui préside à la charité : « Nul, s’il possède la charité, ne hait. On connaît l’arbre à ses fruits. Ainsi ceux qui font profession d’être du Christ se feront reconnaître à leurs œuvres. Car maintenant l’œuvre qui nous est demandée n’est pas une simple profession de foi, mais d’être trouvé jusqu’à la fin dans la pratique de la foi ». Dans sa Lettre aux Romains, Ignace écrit : « Il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais une eau vive qui murmure et dit en moi : Viens vers le Père (…) Que je devienne donc la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’aller jusqu’à Dieu. Je suis le froment de Dieu. Que je sois donc moulu par les dents des bêtes pour devenir le pain immaculé du Christ ».
SYMBOLE DES APOTRES (CREDO). Ignace d'Antioche (+ vers 111/113) fait explicitement allusion au SYMBOLE DES APOTRES dans sa Lettre aux Tralliens : "Soyez donc sourds quand on vous parle d'autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d'entre les morts. C'est son Père qui l'a ressuscité, et c'est lui aussi qui à sa ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ" (in Les Pères apostoliques, coll. Sagesse chrétienne, Ed. CERF, 2001).
Jusqu’au XVe siècle, on pense que le symbole des Apôtres a été écrit par les apôtres, mais il dérive en réalité des questionnaires utilisés aux premiers temps du christianisme par les évêques en vue d’examiner la foi des catéchumènes : un modèle de ces questionnaires a été conservé dans la Tradition apostolique d'Hippolyte (217-235).
En 325, le concile de Nicée rédige un exposé de foi, reçu par tous, dont le texte est finalement accepté par la majorité du concile : "Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s'est incarné et s'est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Et au Saint-Esprit."
En 381, le Premier concile de Constantinople proclame : "Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles. Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ; qui pour nous hommes et pour notre salut est descendu des cieux, s’est incarné par le Saint-Esprit, de la Vierge Marie et s’est fait homme ; qui en outre a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, a souffert, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; qui est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père, d’où il viendra avec gloire juger les vivants et les morts ; et dont le règne n’aura pas de fin. Nous croyons au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père, doit être adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les saints prophètes. Et en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Ainsi-soit-il."
En 451, le concile de Chalcédoine s'accorde sur le Symbole : « Suivant donc les saints Pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché, avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et pour notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité, un seul même Christ, Fils du Seigneur, l'unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des deux natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt sauvegardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais en un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus-Christ. »Le texte du symbole actuel, appelé aussi CREDO, reprend celui d’une profession de foi baptismale usitée dans l’Église de Rome aux IIIe et IVe siècles : il s’est imposé peu à peu et a été reconnu comme le credo officiel de l’Église d’Occident sous le pontificat d'Innocent III (1198-1216) : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du Ciel et de la Terre, et en Jésus-Christ son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux Enfers ; le troisième jour, est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »
Aujourd'hui, la traduction officielle en français utilisée dans la liturgie catholique est la suivante : "Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin. Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen."
Le 5 novembre 2019 à Lourdes, lors de leur Assemblée plénière, les évêques français annoncent que la nouvelle traduction du missel romain a été approuvée par le Saint-Siège. Elle doit entrer en vigueur pour l’Avent 2020 et être définitivement adoptée à partir du lundi 24 mai 2021 : Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel (aux mots qui suivent, tous s’inclinent jusqu’à « s’est fait homme »). Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils ; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.


Sources

Pape suivant : Sixte Ier
Liste des papes


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : compilhistoire.fr ; reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.

Date de mise à jour : 23/05/2024

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