Les paraphilies : cannibalisme, anthropophagie, nécrophagie, vampirisme, etc.


A Louisa...

SOMMAIRE

Les paraphilies
1. Anthropophagie, cannibalisme, placentophagie, nécrophagie, voraphilie, endosomaphilie.
- Petite histoire du cannibalisme
- Cannibalisme de pénurie ou de survie.
- Cannibalisme du sang (hémophagie, autovampirisme, zoophagie, vampirisme, hématomanie, ménophilie)
2. Nécrophilie, thanatophilie ou nécrolagnie
3. Ondinisme, urophilie, urolagnie, urophagie, urodipsie
4. Coprophagie ou scatophagie, coprophilie ou scatophilie, éproctophilie
5. Emétophilie, mucophilie, mucophagie
6. Trichophilie
7. Lictiophilie

8. Citations


LES PARAPHILIES
Le terme biomédical paraphilie, utilisé par certains milieux psychiatriques aux États-Unis à la place du mot perversion, est également utilisé en sexologie. Il désigne toute attirance ou pratique sexuelle qui diffère des actes traditionnellement considérés comme normaux. Le terme a été crédité par Wilhelm Stekel durant les années 1920. Un sexologue du nom de John Money popularisa plus tard le terme en tant que désignation non-péjorative pour classifier les intérêts sexuels inhabituels ; il décrivit la paraphilie en tant qu'embellissement sexuo-érotiques, ou alternative à la norme officielle idéologique. Avant l'introduction du terme paraphilie dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), le terme déviation sexuelle était utilisé. http://fr.wikipedia.org/wiki/Paraphilie
Le terme perversion est issu du latin pervertere signifiant mettre sens dessus dessous, bouleverser. Il désigne des conduites sexuelles inhabituelles, réprouvées par la morale, et il est désormais remplacé par le mot paraphilie. A chaque époque, sa codification de la sexualité : ainsi l'homosexualité était considérée comme une perversion au siècle dernier... Aujourd'hui, les paraphilies les plus courantes sont le sadisme, le masochisme, le voyeurisme, l'exhibitionnisme, la pédophilie, la zoophilie, l'anthropophagie, la nécrophilie, le vampirisme, la voraphilie, l'urophilie, la scatophilie, la ménophilie, l'émétophilie, l'éproctophilie et la mucophilie (http://www.allodocteurs.fr/sexo/pratiques-et-libido/perversions-sexuelles-des-comportements-deviants_10974.html) ; (http://homerite.fr/odh/top-10-paraphilies-deviances-sexuelle-ne-veux-essayer/).
Le DSM reconnaît comme paraphilies les catégories suivantes : l’exhibitionnisme, fait d’obtenir du plaisir sexuel en s’exhibant (surtout en public), notamment en montrant ses organes génitaux ou en s’affichant lors d’une relation sexuelle dans les lieux publiques non prévus à cet effet, le frotteurisme, excitation sexuelle obtenue par frottement contre des personnes non consentantes (par exemple, toucher les seins ou les organes génitaux d’une autre personne de manière à ce que la chose paraisse accidentelle, dans une foule) ; le fétichisme, nécessité d’utiliser des objets non sexuels ou des parties du corps d’une personne (partialisme) pour obtenir une excitation sexuelle ; la pédophilie, attirance sexuelle pour les enfants prépubères ou péripubères ; le masochisme sexuel, plaisir sexuel obtenu en subissant de la douleur ou des humiliations le sadisme sexuel, plaisir sexuel obtenu en infligeant de la douleur ou des humiliations ; le voyeurisme, plaisir sexuel obtenu en observant d’autres personnes, notamment dans leurs relations intimes, à leur insu dans un lieu privé ; le transvestisme fétichiste, attraction sexuelle pour des vêtements du sexe opposé, et les paraphilies non spécifiées comme la zoophilie où c’est un animal qui est l’objet du désir sexuel (https://www.urofrance.org/base-bibliographique/pratiques-sexuelles-deviantes-paraphilies-perversions).
L’hybristophilie (du grec hybrizein = commettre un outrage contre quelqu'un et de phile = qui aime), est une paraphilie dans laquelle un individu est sexuellement attiré par d'autres ayant commis un crime (viol, meurtre). Dans la culture populaire, ce phénomène est connu sous le nom de Syndrome Bonnie et Clyde (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hybristophilie#).
La sidérodromophilie, serait une paraphilie, en lien avec le ferroviaire, les trains et les chemins de fer.


1. ANTHROPOPHAGIE, CANNIBALISME, PLACENTOPHAGIE, NECROPHAGIE, VORAPHILIE, ENDOSOMAPHILIE.

L’anthropophagie (du grec anthropos = homme et phagein = manger) est le fait, pour un homme, de manger de la chair humaine. C'est la manducation de l'homme par l'homme. Les hominina ou hominines (sous-tribu d'hominidés qui inclut le genre Homo et les genres éteints apparentés, tels que les Australopithèques ou les Paranthropes, rassemblant toutes les espèces de la lignée humaine, qui s'est séparée de la lignée des chimpanzés il y a au moins 7 millions d'années) se mangent entre eux depuis plus d'un million d'années. Selon l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, nous sommes tous des cannibales (1993).
L'anthropophagie, pratiquée pour obtenir un plaisir sexuel, fait partie des paraphilies.

Le cannibalisme est le fait, pour un homme ou une espèce animale, de dévorer des individus de sa propre espèce.
Le cannibalisme, phénomène social, observé dans certaines sociétés traditionnelles, consiste à ingérer rituellement de la chair humaine.
Il existerait quatre grands types de cannibalisme : le cannibalisme nutritionnel (ou gastronomique), le cannibalisme curatif (ou thérapeutique), le cannibalisme des morts (maintenir un contact avec les défunts) et le cannibalisme sacrificiel (religieux, guerrier).
Le terme cannibale provient du mot espagnol caníbal, altération du mot arawak cariba signifiant hardi, courageux et désignant les Indiens Caribes qui avaient la réputation de manger des êtres humains et vivaient dans les Antilles à l'arrivée de Christophe Colomb (1492).
Intimement associé à la guerre, à la mort et à la régénération, le cannibalisme ne consiste pas à nourrir des hommes mais s'apparente à des concepts d'identité sociale, de royauté et au transfert de l'âme d'une personne à une autre.
Là où le travail n'était pas imposé par la nécessité, l'esclavage n'existait pas : on tuait les prisonniers de guerre et souvent même on les mangeait.

L'exocannibalisme est le fait de manger réellement la chair d'un ennemi ; il exprime la férocité, la revanche et l’appropriation des qualités guerrières de l’adversaire : la bravoure et la force notamment.

L'hémophagie ou vampirisme est le cannibalisme du sang.

L'endocannibalisme, pratique funéraire, est le fait d’ingérer les restes d’un parent décédé. Il y a 15 000 ans, plusieurs groupes humains vivant en Europe du Nord et de l'Ouest ont pour habitude de dévorer les cadavres: ce cannibalisme, non commandé par la nécessité, s'inscrit dans les normes funéraires des Magdaléniens, l'une des plus anciennes cultures archéologiques du paléolithique supérieur (entre -17 000 et -12 000 avant notre ère). Certains réduisent en poudre les ossements du défunt auxquels ils ajoutent de la bière de manioc, et font boire cette mixture aux proches parents. Les ossements sont censés contenir les éléments vitaux de l'esprit de la personne morte qui sont ainsi transmis aux consommateurs. D’autres ingèrent seulement le cerveau et/ou le cœur, sièges supposés de l’âme du disparu.
Il est avéré que certaines Chinoises mangent leur embryon ou leur foetus après une fausse couche. Il n’est pas exclu que cette pratique soit plus répandue dans le monde qu’on n’ose le croire.

Quant au placenta, il est, selon les traditions, enterré respectueusement ou rejeté comme maléfique ou mangé par la famille. La placentophagie est assez répandue aux Etats-Unis [.] Le placenta est en effet bourré de vitamines et le manger permettrait à la maman de se rétablir plus rapidement après l’accouchement 46. Si la science reconnaît les bienfaits hormonaux et nutritifs du placenta in utero, il n'existe aucune étude scientifique aboutie sur les bienfaits de la placentophagie chez les humains, affirme Daniel Benyshek, un anthropologue de la santé à l'université du Nevada (ouest) ; de même, aucun chiffre officiel ne circule sur le nombre d'adeptes de cette pratique née dans les années 1970 aux Etats-Unis 47.

La nécrophagie est le fait de manger des cadavres d'une autre espèce. On ne parle de nécrophagie que lorsque la proie n’a pas été tué par l’individu qui la mange ni par un de ses congénères. Les nécrophages trouvent leur proie déjà morte, ou encore mourante ; dans ce dernier cas, ils attendent sa mort passivement, mais ne la tuent pas eux-mêmes. La nécrophagie ne concerne que la consommation d’êtres d’une autre espèce ; lorsque le cadavre est celui d’un membre de la même espèce, il s’agit d’une forme de cannibalisme. 44

La vorarephilie ou voraphilie (du latin vorare = avaler et du grec philia = aimer) est un fantasme sexuel ou une paraphilie, qui consiste en une excitation sexuelle à l'idée de manger un autre individu, humain ou non humain, d'être mangé(e) par lui, et/ou d'observer un individu qui en mange un autre. La vorarephilie relève purement du fantasme, de l'excitation par l'imaginaire, et se distingue du cannibalisme.
Agnès Giard ("Avale-moi" [archive], Libération, 28 septembre 2010) définit la vorarephilie comme une pratique sexuelle qui consiste à se masturber en imaginant qu'on se fait ingurgiter, si possible par une bouche suceuse, glaireuse et pompeuse qui vous aspire tout rond à la façon d'une huître. La voraphilie n'est d'ailleurs qu'une sous-catégorie d'un fantasme plus vaste nommé endosomaphilie (du grec : endos = à l'intérieur, soma = corps et philia = amour) ». Un individu est sexuellement excité par la pensée d'être consommé par le vagin et pris dans l'utérus ; ceci est communément appelé « unbirthing » ou « naissance inverse » si les participants sont humains. Selon l'encyclopédie en ligne Nation Master, le terme endosomatophilia a été inventé en 2004 (bien qu'il ne dise pas par qui et dans quel contexte), et est une attraction sexuelle pour "fantasmes impliquant encapsulation complète d'une chose vivante dans le corps d'une autre chose vivante" et est donc une partie critique de l'unbirthing et d'autres comportements similaires tels que vorarephilia et fantasmes d'insertion. Selon une entrée de Wikipédia, les « fantasmes d'insertion » se réfèrent au « désir sexuel ou fantasme d'avoir quelque chose inséré dans une personne dans la région pelvienne ; se référant généralement à quelque chose hors de l'ordinaire comme des aliments spécifiquement formés, des objets anormaux ou même des personnes.

- PETITE HISTOIRE DU CANNIBALISME

La pratique du cannibalisme, attestée dans de nombreuses parties du monde, remonte à la nuit des temps.
D'après le livre d'Hénoch, cité par st Jude, les géants, issus du commerce des anges et des filles des hommes, sont les premiers anthropophages.
La Bible considère le cannibalisme comme une malédiction (Lévitique 26 verset 29, 2 Rois 6 verset 28), mais le pape Jean-Paul II a pardonné le cannibalisme de survie.

Des fouilles archéologiques ont permis d'établir qu'Homo antecessor, un pré-néandertalien qui vivait il y a près d'un million d'années (site du Gran Dolina en Espagne) était cannibale. Tout comme Homo erectus il y a 680 000 ans (site de la Caune de l'Arago à Tautavel en France). L'Homme de Néandertal, notre cousin disparu, mangeait lui aussi de la viande humaine (site français de Moula-Guercy, site d'El Sidron en Espagne) ; probablement pratiquait-il aussi l'endocannibalisme. Homo sapiens était lui aussi anthropophage comme le montrent des ossements trouvés dans la grotte de Maszycka en Pologne (15 000 ans environ avant notre ère) et dans la grotte anglaise de Gough (14.700 avant notre ère). 53
Des ossements de six Néandertaliens, datant de 100 000 à 120 000 ans et portant des traces de dépeçage et de broyage, sont découverts dans la grotte de la Baume de Moula-Guercy à Soyons en Ardèche. 49
Scientific Reports, un journal du groupe Nature publie, en juillet 2016, les travaux de l'anthropologue française, Hélène Rougier, révélant que, dans la Troisième caverne de la grotte de Goyet en Belgique, plusieurs os humains, issus de six Néandertaliens et datés de 40 000 ans, montrent des traces de découpe : "On peut conclure que des Néandertaliens sont morts et ont été mangés ici".
Une étude effectuée par une équipe internationale menée par Fernando Ramirez Rozzi, du laboratoire Dynamique de l'évolution humaine : individus, populations, espèces du CNRS, à Paris, suggère que les relations entre l'homme de Neandertal et l'homme moderne (Homo sapiens) n'étaient pas au beau fixe… puisqu'elle fait état d'agressions du premier par le second ! 14 "Surprenants, nos résultats suggèrent que les néandertaliens ont été en contact avec les premiers représentant des hommes modernes ; et ces derniers semblent avoir rapporté des corps de néandertaliens dans leur caverne pour les manger"… précise Fernando Ramirez Rozzi. Pour parvenir à cette conclusion, le paléoanthropologue, spécialiste du développement dentaire, et son équipe ont analysé des fossiles trouvés sur le site préhistorique des Rois, à Moutiers en Charente... 15

Les fouilles de la grotte de Salernes dans le Var (découverte en 1945 par André Taxil) reprises en 1971 par l’archéologue Jean Courtin ont permis de découvrir des crânes d’adultes et d’enfants rongés par l’homme il y a 6 500 ans.

Une recherche franco-allemande s'intéresse aux pratiques du cannibalisme, il y a entre 5 300 et 4 950 avant notre ère, sur le site d'Herxheim situé au sud du Land allemand de Rhénanie-Palatinat, découvert par prospection de surface dans les années 1980 17 puis de 2005 à 2008 : plus de 500 squelettes d'individus étrangers à la population locale révèlent qu'ils ont été cuits et consommés 48. Des os portent des traces de morsures, des côtes ont été apparemment cuites au feu, des fémurs broyés probablement pour en extraire la moelle... Ces hommes ne semblaient pas originaires de la région, mais de contrées beaucoup plus lointaines, correspondant à la civilisation rubanée. C'est ce que révèlent les fragments de céramique découverts sur le site. Ce cannibalisme n'obéirait pas à des raisons bassement alimentaires mais à des rituels précis. 51

Les Hittites (apparus vers 1900 av. J.-C.) empalent, avec toute leur famille, les chefs des villes rebelles ; ils les découpent en morceaux qu'ils mettent à cuire et qu’ils distribuent au peuple pour terroriser les opposants.

Vers 1450 avant notre ère, après l'explosion volcanique de Théra (Santorin), les Minoens rescapés pratiquent des sacrifices sanglants ; une découverte récente, sur le site de Cnossos en Crète, d’un amoncellement d’os de jeunes gens taillés en pièces, ne laisse désormais plus aucun doute sur les pratiques anthropophagiques du peuple de Minos. Les Mycéniens, envahisseurs venus du Péloponnèse, furent choqués par le cannibalisme pratiqué par les Minoens survivants, d'où son association avec le dieu-taureau des Minoens, en la personne du fameux Minotaure.

L'historien grec Hérodote (484-425 av. J.-C.) ainsi que d'autres auteurs de l'Antiquité décrivent des peuples qu'ils qualifient d’anthropophages : Massagètes, Padéens, Issédons, Scythes et Thraces. Certains sont nécrophages, d'autres sacrifient les vieillards et les malades avant de les faire cuire et de les consommer.
Strabon (+ 21/25) constate des actes d’anthropophagie chez les Massagètes ; Pline (+ 79) chez les Scythes et les Sarmates.

Galien rapporte qu'au temps de l'empereur Commode (180-192), des Romains vont jusqu'à goûter de la chair humaine. Les Romains boivent fréquemment du sang. Selon Celse et Pline, les spectateurs atteints du mal caduc se précipitent dans l'arène pour boire le sang des gladiateurs morts ; il est censé guérir les épileptiques qui y trempent leurs cheveux. Sribonius Largus, au temps de Tibère, dit avoir vu certains malades prendre une particule du foie d'un gladiateur mort, en neuf doses distinctes.

L'évêque Epiphane de Salamine ou de Chypre (+ 403) écrit dans son Panarion (Adversus Haereses = Contre les hérésies) que la secte ophite des phibionites pratique l’avortement et que le fœtus, démembré, enrobé de miel et d’épices, est dévoré par le groupe comme une sorte d’eucharistie.

Jérôme de Stridon (+ 420) raconte qu'il a vu une horde bretonne, qui s'est jetée sur la Gaule, manger les cuisses des bergers et les mamelles des femmes.

En 789, le Capitulaire de Charlemagne est l'un des premiers textes juridiques à se préoccuper des actes de cannibalisme : « Si quelqu’un, trompé par le diable, croit qu’une femme est une sorcière qui mange des hommes, et que pour cela il la brûle et donne sa chair à manger ou la mange lui-même, il sera puni de la peine capitale ». 12

Le chroniqueur franc Raoul de Caen (+ 1120) rapporte un épisode des croisades : « A Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans des marmites ; ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés ».

Le voyageur Marco Polo (+ 1324), raconte que des tribus, du Tibet jusqu'à Sumatra, pratiquent le cannibalisme. La chair de condamnés est un plat prisé en Chine médiévale.

Au XVe siècle, en Europe, il n’était pas rare de consommer un bout de momie, réputée pour sa prétendue vertu médicale, pour soigner une migraine, un mal de ventre ou même un cancer. Mais cette étrange idée viendrait d’un malentendu : l'historien Karl Dannenfeldt explique que la mauvaise traduction du mot ”mumia” serait à l'origine de cette pratique. Le "mumia" était une substance présente sur le flanc d'une montagne persane, où il suintait de l'asphalte d'une roche noire, réputée pour ses vertus curatives et médicales dans le monde arabe. Seulement, en Europe, le mot a été confondu avec “momie”.

Le cannibalisme était pratiqué par de nombreux peuples amérindiens.
Lors du deuxième voyage de Colomb en Amérique (1493-96), le médecin de l’expédition, Diego Alvarez Chanca, rédige ce qui est le premier récit ethnographique consacré aux peuples du Nouveau Monde. Chez les Indiens Caraïbes, les Espagnols trouvent quantité d’ossements humains. Chanca écrit : “Ils (les Indiens, ndlr) prétendent que la chair de l’homme est si bonne à manger que rien au monde ne peut lui être comparé.” 5
Isabelle la Catholique, en 1503, puis Ferdinand d’Aragon, en 1512, ne permettent de réduire en esclavage que les Amérindiens cannibales.
Les Anasazi sont contraints au cannibalisme par la famine causée, selon les climatologues, par une longue sécheresse de 23 ans commencée en 1276 19.
Le cannibalisme (probablement rituel) au Texas, au moins dans la tribu des Karankawas, est connu et relaté (à mots couverts) par Cabeza de Vaca. Les Karankawas conservent leurs prisonniers en vie jusqu'à ce que, pour des raisons non connues, ils décident de les sacrifier 21.
Au Mexique, des milliers de victimes humaines sont sacrifiées tous les ans par les Aztèques. Après la cérémonie, les prêtres et la population mangent les corps des victimes, pour se rapprocher des divinités.
Les Hurons, les Algonkins, les Crees, les Iroquois et leurs voisins pratiquent la capture de prisonniers, mais ils ne mangent (étant strictement exocannibales) que les étrangers tombés à la guerre ; la plupart des captifs sont intégrés dans le groupe et dans le système matrimonial iroquois.
En Amérique du Sud :
- Les prêtres des Mochicas pratiquent des sacrifices humains : ils égorgent les victimes, collectent leur sang dans des bols et le boivent.
- Les Indiens Tupinamba du Brésil constituent, comme nombre de sociétés amérindiennes, un groupe fortement guerrier, pour lequel le fait de capturer des prisonniers et de les consommer représente un rituel complexe. Mort sur le champ de bataille, l’ennemi est mangé sur place ou découpé et emmené au village, tandis que les prisonniers, propriété de celui qui les a capturés, sont incorporés temporairement dans la communauté tupinamba, avant d’y être exécutés et consommés en un rituel collectif de plusieurs jours, assez rapidement s’ils sont âgés, vingt ans plus tard parfois s’ils sont jeunes (ils ont alors reçu une épouse). En 1578, Jean de Léry décrit ces pratiques des Tupinamba ; il en profite pour fustiger ses contemporains en pleines guerres de Religion en dénonçant les cas de victimes, protestantes ou catholiques, dont la chair est vendue et consommée afin de détruire l’hérétique.


Cannibalisme au Brésil en 1557. Gravure de Théodore de Bry, 1562

- D’autres sociétés du groupe Tupi-Guarani pratiquent le cannibalisme : Guarani, Tupinikim, Chiriguano, Guarayu, Shipaia.
Les Guayaki du Paraguay, endocannibales et nécrophages, mangent les morts de leur groupe à l’exclusion de ceux que les règles de la prohibition de l’inceste leur interdisent (père, mère, fils, fille, frère, sœurs).
- Au Brésil, chez les Capanaguas du Rio Ucayale et les Tapuias de l'Etat de Bahia, l'anthropophagie remplace l'enterrement : chaque famille fait rôtir ses morts et les consomme.
- Les Yanomami (Brésil, Venezuela) ingèrent les os pilés de leurs morts, mélangés à des aliments : "Un an après l’enterrement, on déterre les corps et dans un cadre cérémoniel, on leur rend hommage. La meilleure façon de le faire, c’est de manger les os pilés mélangés à des aliments dans une préparation culinaire (généralement de la purée de bananes) et de leur offrir le corps des vivants comme sépulture". (Mondher Kilani, professeur d’anthropologie).
- Les Wari, qui vivent en Amazonie brésilienne dans l'état de Rondônia, sur les bords de la rivière Pakaa Nova, pratiquent l'endocannibalisme mortuaire : ils ne consomment généralement que le coeur et le foie de leurs morts.
- En 1558-1559, le capitaine Luis Lanchero dirige une expédition contre les Muzos de Colombie, lesquels, guidés par leur chef Quirimaca, égorgent les Espagnols qui tombent entre leurs mains et dévorent les malheureux Muiscas.
- En 1844, alors qu'il fuit Mexico, le président Antonio López de Santa Anna est capturé par des indigènes cannibales de la région de Xico dans l'État de Veracruz qui s'apprêtent à le manger ; il ne doit son salut qu'à l'intervention des troupes gouvernementales. 20

Le prêtre italien Marsilio Ficino (+ 1499) conseille aux personnes âgées de boire le sang des jeunes, afin de lutter contre les effets du vieillissement.

Au XVIe siècle, les Roms sont accusés d’irréligiosité, de commerce avec le diable, d’espionnage au profit des Sarrasins, puis de vols d’enfants et de cannibalisme.

En 1573, le Français Gilles Garnier admet avoir assassiné plusieurs enfants, dont les corps ont été découverts mutilés et à moitié dévorés. Il affirme être un loup-garou ; c'est un démon qui lui a appris à se changer en loup en se frottant le corps d’un onguent. Il admet qu’il aime manger de la chair humaine... et qu’il a les mêmes inclinaisons anormales qu'il soit dans son état d’être humain ou dans celui de loup 1.

Le 16 septembre 1581, à Neumarkt in der Oberpfalz (Allemagne), Peter Niers, le cannibale qui a avoué avoir tué 544 personnes dont 24 femmes enceintes, est exécuté, après avoir été torturé durant trois jours. Le premier jour, des lambeaux de chair sont arrachés de son corps et de l'huile chaude est coulée dans ses plaies. Le deuxième jour, ses pieds sont couverts d'huile chaude, puis tenus au-dessus de braises, afin de les rôtir. Le troisième jour, il est traîné à l'endroit de l'exécution et du supplice de la roue sur laquelle il est frappé 42 fois. Encore en vie, il est finalement démembré par écartèlement.

En 1587, les tribus cannibales Zimba, venues du Zambèze, attaquent Kiloa (Tanzanie) à revers et massacrent la plupart de ses habitants, puis elles remontent vers le nord en longeant la côte de l'Afrique orientale et détruisant tout sur leur passage.

Le docteur anglais Thomas Willis (+ 1675) invente une boisson mélangeant du crâne humain en poudre et du chocolat.

Charles II, Roi d'Angleterre (+ 1685), sirote "The King’s Drops", une alcoolature contenant du crâne humain et de l’alcool.

En Inde centrale, les adorateurs de Kali mangent le corps des personnes âgées ou infirmes et des malades pour plaire à la déesse ; membres de la famille et amis sont invités à partager le festin.

"Chez les Dayak de Malaisie, le cadavre des chefs et des notables était gardé à l'intérieur de leur maison jusqu'aux obsèques définitives. Le cercueil était scellé et les matières putrides qui s'écoulaient par un tuyau de bambou fixé au fond du cercueil, étaient soigneusement recueillies dans un vase de terre. Le quarante-neuvième jour après le décès, on examinait le contenu du vase, et s'il renfermait trop de matières une pénalité était infligée aux parents du mort parce qu'ils n'avaient pas fait leur devoir … En quoi ce devoir consistait, c'est ce que la coutume d'un autre groupe dayak nous apprend : on recueille les liquides provenant de la décomposition du cadavre et on les mêle au riz consommé par les parents du mort." 2

Chez les Battas (ou Bataks) de Sumatra, l'anthropophagie fait partie du système judiciaire pénal. Sont condamnés à être mangés vivants : ceux qui se rendent coupables d'adultère ; ceux qui commettent un vol au milieu de la nuit ; les prisonniers faits dans les guerres importantes ; ceux qui étant de la même tribu se marient ensemble ; ceux qui attaquent traîtreusement un village, une maison ou une personne. C'est sur le lieu même du supplice que le condamné doit être consommé, seulement par les hommes, car la chair humaine est interdite aux femmes.

Certaines tribus papoues mangent les voleurs et les prisonniers de guerre qu’elles ont engraissés.
Les Papous de Nouvelle-Guinée (peuple Fore), ont aussi pris l’habitude de consommer les cerveaux de leurs morts afin de leur rendre hommage ; ils se transmettent ainsi le kuru, une affection à prion du système nerveux central. En 1957, les autorités australiennes interdisent la nécrophagie si bien que le kuru est aujourd’hui quasi éradiqué.
L'anthropologue Jack Petrie a effectué des recherches sur le terrain parmi les chasseurs de tête de l'Irian Jaya (Nouvelle-Guinée indonésienne) 3 : "Une fois, il a, sans le savoir, mangé de la chair humaine rôtie ; il a cru que c'était du singe".

L’anthropophagie des Falateka de Mélanésie est étroitement liée à des rituels funéraires et constitue le fondement de leur pensée religieuse et de leur organisation cultuelle. Acte sacrificiel, la consommation d’une victime humaine est le moment principal et la clôture du cycle funéraire en l’honneur de sacrificateurs défunts dont la fonction est de renouer le dialogue avec les ancêtres. Les victimes ne peuvent être prises que dans un clan différent de celui qui effectue le rituel et parmi les hommes, les femmes étant considérées comme impures.

Les habitants de la Nouvelle-Zélande pensent, en mangeant l'oeil et le coeur de l'ennemi, s'assimiler sa vie, s'approprier ses qualités, sa force, son courage…

Le cannibalisme, pratiqué en Polynésie, est perçu comme un transfert de pouvoir et de la force du guerrier tué vers son vainqueur. 4

Le prédicateur britannique John Keogh (+ 1754) affirme que consommer du cœur humain est excellent pour traiter les vertiges et être plus robuste.

En mai 1789, à Caen, touché par une famine, la population se révolte. François-Henri duc d'Harcourt et comte de Lillebonne, gouverneur de la Province de Normandie, est témoin d'une émeute au cours de laquelle le jeune vicomte de Belsunce, major en second du régiment Bourbon Infanterie, est assassiné et dépecé par la foule puis grillé et mangé ; une femme dévore son coeur. Sa tête, mise au bout d'une pique, est exhibée sous les fenêtres de l'Abbaye-aux-Dames, dont sa tante est l'abbesse. A l'intérieur de l'abbaye, se trouve une certaine Charlotte Corday. 52

En 1783, le contre-amiral français Antoine Bruny d'Entrecasteaux, parti à la recherche de l'expédition disparue de La Pérouse, aborde la cote ouest de la Grande Terre (Nouvelle-Calédonie) et les îles Loyautés ; de retour en France, il présente les habitants comme de féroces sauvages : « L'éloignement que les habitants de la Nouvelle-Calédonie paraissent avoir pour les travaux de l'agriculture est peut-être la première des causes qui ont rendu ce peuple anthropophage » ; un peu plus loin, constatant de nombreuses blessures sur les hommes, il en conclut qu'une guerre venait tout juste de s'achever : « D'ailleurs la chair humaine dont on les vit se nourrir, et qui ne pouvait être que celle de leurs ennemis, annonçait que les hostilités n'étaient pas d'une date bien reculée ; car on ne peut pas supposer qu'ils eussent la cruauté de garder longtemps leurs victimes ; la faim qui les presse ne leur permettrait pas ce raffinement de barbarie, dont l'idée seule fait frissonner » ; jusqu'à l'arrivée des Occidentaux, la Nouvelle-Calédonie ne comptait pas de gros mammifères, sinon l'homme, d'où l'hypothèse d'un cannibalisme alimentaire pour se remplir le ventre de bonnes protéines animales : lorsque les Français arrivent en Nouvelle Calédonie, les Canaques dominent des tribus-esclaves qu'ils nomment tribus garde-manger. Jules Garnier, l'ingénieur qui a découvert le nickel calédonien, écrit dans son ouvrage de souvenir "Voyage à la Nouvelle-Calédonie 1863-1866" que Toki, un Kanak qui parle français lui explique que certaines tribus mangent la chair des ennemis, mais également les personnes âgées après leur décès, ou encore les auteurs d'une faute grave. Il affirme encore que les enfants handicapés ou encore les derniers enfants des familles trop nombreuses peuvent encore finir dans l'estomac de leurs parents. "Dans le cas où l'on avait décidé du sort du pauvre enfant et qu'il devait mourir, le père et la mère aussitôt après sa naissance portaient ce petit être au bord de la mer, le lavaient bien, puis le faisaient cuire dans la terre à la mode ordinaire avec des taros et des ignames". En 1931, à l'occasion de l'Exposition coloniale de Paris, des Kanaks sont exposés comme anthropophages dans un enclos de cases, au jardin d'acclimatation du Bois de Boulogne.

Les Azandé du Congo, surnommés Niam-Niam (ou Nyam-Nyam), ne mangent que les guerriers tués sur le champ de bataille et les criminels. Ce surnom, probablement d'origine dinka (peuple du Sud du Soudan), signifie grands mangeurs dans cette langue (c’est peut-être une onomatopée) et serait une allusion à la propension au cannibalisme des Azandé. 13

Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (+ 1846), officier, naturaliste et géographe, écrit : "On assure que chez la race africaine des Jagas (guerriers africains de l'est et du sud du royaume de Kongo, ndlr) des quartiers d'hommes et de femmes, des membres proprement dépecés, se voient fréquemment exposés en vente, comme de la viande de boucherie, sur les places qui servent de marchés dans leurs campements".

Georges Clemenceau (1841-1929), journaliste et homme politique (le futur Tigre), rapporte qu'à la fin du XIXe siècle, on trouvait sur les marchés d'Afrique équatoriale des individus sur lesquels chacun marquait le morceau qu'il désirait acheter pour manger. Lorsque tout était vendu, la personne était abattue, découpée, et les morceaux distribués aux acheteurs.

Dans son ouvrage Voyages et aventures dans l'Afrique équatoriale publié en 1863, Paul du Chaillu écrit : « J'étais à causer avec le roi, lorsque des Fang (appartenant à l'ethnie bantoue, les Fang ou m'fan vivent principalement entre le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon, ndlr) apportèrent un corps mort qu'ils avaient acheté dans un village voisin et qu'il s'agissait de partager. Je m'aperçus que cet homme était mort de quelque maladie. J'avoue que je ne pus rester là quand on se prépara à dépecer le corps. J'en fus malade. Je me retirai dès que l'infernale scène commença ; et de chez moi, je pus les entendre encore se quereller à propos du partage. » Ce qui surprend le plus du Chaillu, c'est la consommation de personnes mortes de maladie : « je n'avais jamais entendu parler ; je voulus donc savoir si c'était un usage généralement adopté chez les Fang, ou si ce n'était qu'un pur caprice. On me répondit là-dessus sans le moindre embarras. Ils achetaient indistinctement tous les morts de la tribu des Oshebas qui, eux, s'offraient ceux des Fang. Ils se faisaient céder aussi, dans les tribus de leur propre nation, les morts des autres familles : en outre, ils se procuraient les corps d'un grand nombre d'esclaves des Mbichos et des Mbondemos pour de l'ivoire, au prix d'une petite dent pour chaque corps » 55.

Le 16 août 1870, jour de la foire annuelle à Hautefaye (Dordogne), tandis que les armées impériales de Napoléon III subissent défaite sur défaite, un hobereau, Camille de Maillard, s'amuse à provoquer les paysans bonapartistes en criant "Vive la République !" et parvient à s'enfuir. Deux cents villageois furieux s'en prennent alors à son cousin, Alain de Moneys, autre gentilhomme, qu'ils martyrisent pendant des heures, après lui avoir fait crier "Vive l'Empereur ! A bas la Prusse !" Puis, ils font brûler le malheureux. Certains enragés consomment de la graisse encore bouillante du cochon qui grille étalée sur des tranches de pain ; on n'oublie pas de servir les enfants. En décembre 1870, le tribunal de Périgueux prononce 21 condamnations dont 4 à mort. Le lundi 6 février 1871, à 8h31, les 4 condamnés à mort sont guillotinés sur la petite place du bourg surnommé le village des cannibales.

En 1907, des soldats japonais prisonniers sont dévorés par la tribu Takou Kan de Formose.

Entre 1918 et 1924, l’allemand Fritz Haarmann assassine une cinquantaine de garçons pauvres et sans logis. Il les attirait chez lui en leur promettant à manger ou à boire, puis les violait et les assassinait. Il les découpait ensuite en morceaux qu’il vendait au marché noir comme étant du porc ou du cheval. Il déclare ne pas en avoir consommé.

Après la Première Guerre mondiale, William Buehler Seabrook, journaliste au New York Times, voyage en Afrique où il s’interroge sur le cannibalisme. Il finit par rencontrer une tribu d’anthropophages qui mangent leurs ennemis tués au combat. Un des guerriers lui explique quelles parties sont le plus appréciées : pour la viande, tout le dos (ce qui correspond, chez le bœuf, à l’entrecôte, au filet et au rumsteck), pour les abats, le foie, le cœur et le cerveau sont considérés comme les morceaux de choix. Un guerrier lui avoue que, pour lui, la paume des mains était le plus tendre et délicieux morceau de tous. Revenu en France, il réussit à se procurer un morceau de chair auprès d’un interne de la Sorbonne et, dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, se livre enfin à son expérience, devant témoins. Il cuisine la viande et la goûte : "Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne viande de veau bien développé que je pense que personne qui soit doté d’une sensibilité normale n’aurait pu le distinguer du veau." 5

Dans les années 1920, l’américain Albert Hamilton Fish, malgré son âge avancé, viole, assassine et dévore plusieurs enfants. Ce cannibale sexuel affirme avoir éprouvé un énorme plaisir sexuel lorsqu’il mangeait un enfant, mais aussi quand il s’imaginait en train de le faire ; il dit qu'il voulait manger de la chair humaine les jours de pleine lune. Il s'introduisait des carottes et des saucisses dans l'anus avant de les manger. Coprophage, il consommait non seulement la chair de ses victimes, mais également leur urine, leur sang et leurs excréments. Le 16 janvier 1936, Fish, surnommé le Vampire de Brooklyn, l'Ogre de Wysteria, le Gray Man ou encore le croque-mitaine, est exécuté, sur la chaise électrique à Sing Sing dans l'État de New York. 13

Georges Grossmann, un Allemand, est arrêté en 1921. Il aurait abattu des jeunes femmes pour sa consommation personnelle et revendu certains morceaux au marché noir. 13

Entre 1921 et 1924, Karl Denke assassine des vagabonds - hommes et femmes - qui passent par Munsterberg, en Silésie (à présent Ziebice, en Pologne), et qu’il invite gentiment dans sa pension. Il découpe leurs corps en morceaux qu’il sale, puis mange peu à peu... Il en propose parfois à ses locataires 1. Arrêté le 21 décembre 1924, Denke se pend le lendemain dans sa cellule.

Durant la Seconde Guerre mondiale les soldats japonais commettent des actes de cannibalisme à l'encontre des prisonniers et des populations civiles dans les territoires occupés. Ces actes ont pu être motivés par la famine dans certains cas ; mais selon l'historien Yuki Tanaka, le cannibalisme était souvent une activité systématique menée par des escouades entières et sous le commandement d'officiers. Les plus hauts gradés connus ayant pratiqué le cannibalisme sont le lieutenant-général Yoshio Tachibana (qui, avec 11 membres de son personnel, a été jugé pour avoir fait manger un aviateur américain en août 1944 à Chichi Jima) et le vice-amiral Mori (pour avoir mangé un prisonnier lors d'une réception en février 1945). Selon le témoignage de plusieurs prisonniers, tel que celui du soldat indien Hatam Ali, les victimes étaient parfois dépecées vivantes.

Durant la guerre du Vietnam (1959-1975), des soldats vietcongs ingèrent le foie de leurs ennemis pour s’approprier leur force.
La presse publie des photos d’enfants-soldats laotiens exhibant les foies humains qu’ils vont consommer.

Dans Stèles rouges, l'écrivain Zheng Yi raconte comment, au cours d'une enquête dans la province de Guangxi, il découvrit de nombreux cas de cannibalisme qui eurent lieu durant la révolution culturelle : "Aussi parle-t-on rarement de ce qui 6 arriva en Chine en 1968, en pleine révolution culturelle. Des étudiants du Guangxi ont mangé leur professeur, et le cannibalisme politique est devenu une expression admissible de la cruauté révolutionnaire. Des hommes étaient découpés vivants, on organisait des festins de chair humaine rituels auxquels chaque camarade se devait de prendre part.” 7
À Wuxuan, dans des campagnes isolées de la province du Guangxi (Sud-Est), la barbarie atteignit des sommets : les coeurs, foies et parties génitales de victimes furent découpés et cuits avant d'être consommés par leurs tortionnaires. « C'est un cannibalisme causé par des événements politiques, une haine politique, au nom d'une idéologie et de rituels politiques », explique X. L. Ding, professeur de la Hong Kong University of Science and Technology. 50

Le 8 novembre 1978, Edmund Emil Kemper, un tueur en série américain surnommé l'ogre de Santa Cruz, accusé de dix meurtres dont celui de sa propre mère, est condamné à la perpétuité. Il aurait fait cuire des lambeaux de chair d'une adolescente coréenne et les aurait consommés avec des macaronis au fromage.

1981 :
- Issei Sagawa, 32 ans, le Japonais cannibale, est arrêté à Paris pour avoir tué, violé et dévoré une Hollandaise de 23 ans : il a expliqué avoir assouvi un fantasme qui le suivait depuis des années.
- Anna Zimmerman, une jeune allemande de 26 ans, mère de deux enfants, assassine son petit ami par colère et désir de vengeance. Elle le démembre ensuite puis congèle les morceaux qu'elle consomme, au fur et à mesure, avec ses enfants. C'est l’un des rares cas connus de femme-cannibale.

En 1981 et 1982, les quatre éventreurs de Chicago dévorent les seins des femmes qu’ils ont violées et assassinées. Robin Gecht, le leader du groupe a créé un culte sataniste prônant le meurtre et l’humiliation des jeunes femmes.

Au Burundi, selon l'article 165 du Code pénal (Décret-loi n°1/6 du 4 avril 1981 portant réforme du code pénal) : « Quiconque aura provoqué ou préparé des actes d’anthropophagie, y aura participé, ou aura été trouvé en possession de chair humaine destinée à des actes d’anthropophagie, sera puni de la peine de mort ».

Au Gabon, selon l’article 211 du Code pénal, tout acte d'anthropophagie, toute cession de chair humaine à titre onéreux ou gratuit faite dans le même but, sera puni de la réclusion criminelle à temps.

Le 11 avril 1989, au Texas, 12 cadavres sont découverts dans le champ d'un ranch, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la ville frontière mexicaine de Matamoros, probablement victimes de trafiquants de drogue, adeptes d'un culte satanique, qui se livraient également à des actes de cannibalisme. 33

Le 22 février 1991, Daniel Rakowitz, un meurtrier et cannibale américain, est jugé non coupable en raison de sa folie et placé dans un hôpital d'état pour criminels aliénés. Il a tué sa compagne de chambre, a fait bouillir sa tête et réalisé un potage avec son cerveau.

La Commission vérité et réconciliation en Sierra Leone, dans son rapport final à l’ONU qui couvre les années 1991 à 1999, mentionne des actes de cannibalisme forcé.

1994 :
- Le 14 février, Andreï Romanovitch Tchikatilo est exécuté d'une balle dans la nuque ; ce tueur en série ukrainien, surnomméle monstre de Rostov, aurait mangé des parties des corps de ses victimes, notamment les seins et les organes sexuels, et bu leur sang.
- Selon un rapport des Nations Unies d’août, des militaires cambodgiens ont dévoré certains organes frits ou grillés de civils exécutés pour leur supposée sympathie avec les Khmers rouges.
- Le 28 novembre, Jeffrey Lionel Dahmer, un tueur en série américain surnommé le cannibale de Milwaukee, est assassiné par un codétenu noir américain dans la prison de Portage (Wisconsin). Il a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991 et a reconnu s'être essayé au cannibalisme en mangeant le biceps d'une de ses victimes. 13

En 1997, 3 sorciers de Côte d’Ivoire sont condamnés à 3 ans de prison ferme pour avoir mangé 35 personnes. La chair n'est pas chère !

1999 :
- à Helsinki (Finlande), deux jeunes hommes et une adolescente sont arrêtés pour avoir, en 1998, dévoré certaines parties du corps d'un autre jeune âgé de 23 ans : ils affirment être des satanistes ayant accompli un meurtre rituel sous influence. L’instigateur est condamné à la prison à perpétuité.
- en Angleterre, David Harker, 25 ans, est arrêté pour avoir dévoré Julie Patersen, avec des pâtes et du parmesan 30.

2001 :
- des cas d’anthropophagie sont signalés dans des régions reculées de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- en mars, l’Allemand Armin Meiwes, de Rotenbourg publie une annonce sur internet, indiquant qu’il cherche un bel homme entre 18 et 30 ans, désirant être mangé ; à sa propre surprise, un ingénieur de 42 ans originaire de Berlin, Bernd Juergen Brandes, répond à son offre et se rend à Rotenbourg pour le rencontrer. Après avoir discuté, ils décident de couper le pénis de Brandes, qu’ils mettent à frire dans une poêle et mangent ensemble. Meiwes tue ensuite l’ingénieur, coupe des morceaux de son corps qu’il congèle, et enterre le reste dans son jardin. Condamné à la prison à vie en 2006, il explique comment il a préparé un steak d’ingénieur, qu’il l’a trouvé un peu dur et que la viande avait un goût de porc, en un peu plus amer, plus fort.
- 30 mars, deux femmes sont arrêtées à Chisinau (Moldavie) pour avoir vendu de la viande humaine ; elles affirment avoir récupéré cette viande dans une clinique publique de cancérologie de la ville.

En 2002, la police ukrainienne arrête 3 hommes et une femme qui ont assassiné et mangé 6 personnes : au domicile d’un des tueurs, âgé de 53 ans, elle découvre des livres de magie noire.

Les atrocités, dont le cannibalisme, perpétrées à l'encontre de la population de l'Ituri, au Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), sont recensées dans deux rapports des Nations unies adressés au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, le 25 juin 2003.

2004 : à la maison centrale de Saint-Maur, dans l'Indre, Ahmed B., condamné à la réclusion criminelle pour avoir éventré un homme en pleine rue, saisit son codétenu et lui fracasse le crâne avec un cendrier. Le surveillant court chercher des renforts et quand ils arrivent, Ahmed est assis par terre, à côté du cadavre dont il mange la cervelle...

2007 :
- Le 2 janvier 2007, Nicolas Cocaign, détenu à la maison d'arrêt de Rouen, tue son compagnon de cellule et mange un morceau de ses poumons. Il explique au juge d'instruction : "Je voulais prendre son âme". Il confie au psychiatre : "Ce qui est terrible, c’est que c’est bon. Ça a le goût de cerf. C’est tendre." Le 24 juin 2010, la Cour d'assises de la Seine-Maritime le reconnaît coupable d'homicide volontaire et d'actes de torture et de barbarie et le condamne à trente ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté de vingt ans.
- Début 2007, en Inde, dans la banlieue de New Delhi, 69 sacs poubelles contenant des ossements humains sont découverts dans les égouts. Après enquête, la police découvre qu'il s'agit de 19 victimes : des enfants et des jeunes femmes ; elles ont été violées, tuées puis dévorées par le cannibale des bidonvilles, Surinder Koli, qui déclare aux enquêteurs qu'il a tenté de manger des restes humains mais les a vomis.

2008 :
- Le 17 juin, débute au tribunal de Brno en République tchèque le jugement d'une mère de famille et de cinq autres adultes accusés d'avoir séquestré et sauvagement torturé deux petits garçons, apparemment au nom d'une secte issue du Mouvement du Graal. Klara Mauerova, la mère de famille, est accusée d'avoir cloîtré ses deux fils de 8 et 10 ans, de les avoir torturés, d'avoir abusé d'eux sexuellement et de les avoir forcés à se mutiler pour ensuite donner des morceaux de leur peau à manger aux autres membres de sa secte (cinq membres du Mouvement du Graal dont sa soeur).
- Le 10 septembre, sont découverts, dans une ville située à 300 kilomètres au nord de Moscou (Iaroslavl), les corps de quatre adolescents, mutilés dans des conditions épouvantables par 666 coups de couteau et objets d'actes de cannibalisme, le tout accompagné de revendications explicitement satanistes.

Le 27 juillet 2009, devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), l'ancien président libérien Charles Taylor, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et interrogé à propos de la déposition d'un témoin de l'accusation racontant qu'il a mangé de la chair humaine avec Charles Taylor lors d'une cérémonie de la société secrète Poro dont l'accusé est aujourd'hui encore le chef, déclare qu'il ne s'est jamais livré au cannibalisme au Liberia, et qu'il n'a jamais ordonné à aucun combattant de manger qui que ce soit, en précisant qu'il ne conteste pas qu'il y ait des cannibales dans certaines parties du Liberia.

2012 :
- Mi-avril, trois cannibales sont appréhendés au Brésil et accusés du meurtre de plusieurs femmes. D'après Jorge da Silveira, 51 ans, la tête pensante du trio, ils n'ont pas commis de meurtres mais s'adonnaient à des séances de purification : "Je n'ai tué personne. J'ai fait trois missions avec la permission de Dieu et les victimes sont toutes avec lui, purifiées". Il précise notamment avoir reçu ces ordres de deux anges. Le trio infernal mangeait la chair des victimes ; avec les restes, il confectionnait des beignets salés qu'il vendait dans la rue. 28
- Fin avril, en Chine, Zhang Yongming, 56 ans, un repris de justice de la province du Yunnan (sud-ouest), suspecté d'avoir tué près d'une vingtaine de jeunes gens, puis de les avoir dépecés, d'avoir vendu une partie de leur chair comme de la viande d'autruche sur le marché de son village et donné le reste à ses chiens, est arrêté 24.
- Le 13 mai, à Tokyo au Japon, un artiste, Mao Sugiyama, fait préparer, par un cuisinier professionnel, son pénis et ses testicules qui sont dégustés par des convives (au courant évidemment de la nature du plat), lesquels payent chacun 20.000 yens (200 euros). 26
- Le 2 juin, CNN informe qu'Alexander Kinyua, un étudiant kényan, a été arrêté et accusé de meurtre pour des faits remontant au 25 mai. Jesse Bane, le shérif du comté de Harford, précise à la presse que le jeune homme a avoué avoir tué son camarade ghanéen puis l’avoir découpé en morceaux avant de manger son coeur et une partie de son cerveau. 27
- Le 26 mai, à Miami en Floride, un policier doit abattre un homme nu qui est en train de dévorer le visage d'un autre homme, lui aussi en tenue d'Adam. Rudy Eugene (à gauche) a brutalement agressé un sans-abris nommé Ronald Poppo. Rudy Eugene était en train de mordre le visage de Poppo lorsque la police est intervenue, lui demandant de cesser ses agissements. Ignorant leurs ordres, il a non seulement aggressé verbalement les autorités, mais il avait aussi un morceau de chair dans la bouche. Par la suite, il a été abattu. Selon des sources policières, l'agresseur cannibale aurait souffert d'une psychose liée à la prise de LSD ou d'une autre drogue de synthèse de type ecstasy surnommée sels de bain ou septième ciel : un délire qui s'accompagne d'une hausse brutale de la température corporelle, ce qui expliquerait la nudité de l'assaillant. En avril, un cas relativement similaire était survenu à Miami : un jeune homme nu, sous l'emprise du LSD, avait tenté de mordre le cou de sa victime, avant d'être arrêté. 25
- Le 29 mai, Alexander Kinyua, un étudiant de 21 ans de la Morgan State University aux États-Unis est arrêté dans le Maryland et inculpé d'assassinat. Après avoir tué son colocataire, âgé de 37 ans, Kujoe Bonsafo Agyei-Kodie, il l'a découpé avant de manger son coeur et des parties de son cerveau. 31
- Le 6 juillet, The National, quotidien anglophone de ce pays de l'Océanie, rapporte que la police de Papouasie-Nouvelle Guinée a arrêté les membres d'une secte soupçonnée d'avoir tué, au moins sept personnes, pour manger leurs cerveaux et préparer une soupe avec leurs pénis.

2013 :
- le 4 novembre, un policier allemand, Detlev Günzel, tue et dépèce, apparemment à sa demande, Wojciech Stempniewicz, un consultant de 59 ans d'origine polonaise rencontré sur un site consacré au cannibalisme ; il découpe le corps de la victime en petits morceaux qu'il enterre dans le jardin de sa maison (des parties du corps ne seront pas retrouvées). Le 1er avril 2015, le tribunal de Dresde le condamne à huit ans et demi de prison pour meurtre motivé par le désir sexuel et atteinte au repos des morts.
- Dans la nuit du 14 au 15 novembre, à Nouilhan (Hautes-Pyrénées), Jérémy Rimbaud, ancien militaire, 26 ans, disant entendre des voix, tue un homme de 90 ans à coups de barre de fer avant de faire cuire son corps et d'en extraire le coeur et la langue pour les manger.

2014 :
- 11 janvier, selon des témoignages recueillis par l'AFP, des scènes de cannibalisme se sont déroulées ces dernières semaines à Bangui, lors de lynchages d'habitants par des groupes de pillards dans des quartiers nord de la capitale centrafricaine. 40
- Le 13 février, un hôtel-restaurant d'Anambra au Nigéria est fermé par les autorités : deux têtes humaines, enveloppées dans de la cellophane, ont été découvertes dans la cuisine. Ce restaurant très particulier vendait à prix d’or de la viande humaine à des gourmets pervers ; au menu notamment, des têtes humaines rôties. 41
- Le 25 avril, la police sud-africaine annonce l'arrestation après des mois d'enquête et de surveillance d'un ressortissant du Lesotho, Makhele Lehlohonolo Joseph Scott, 27 ans, recherché pour deux meurtres et des faits de cannibalisme. En cavale depuis octobre 2012, il a reconnu le double meurtre d'un écolier de 13 ans dont les voisins avaient retrouvé une partie du corps, le torse et la tête, et d'une jeune femme de 22 ans. Deux bras, une jambe, un pénis et des testicules ont été découverts dans le coffre d'une voiture garée chez lui. Il a avoué avoir mangé une partie de ses victimes, se débarrassant du reste en les enterrant ou en les jetant dans les toilettes de l'école primaire du village. 42
- Le 12 mai, la police pakistanaise arrête Mohammad Arif déjà condamné pour cannibalisme ; il aurait mangé un bébé, dont la tête a été retrouvée chez lui ; un acte commis avec son frère, arrêté à son tour le 13. "Mohammad Arif a raconté que son frère avait ramené le bébé mort d'un cimetière situé à proximité, qu'ils l'avaient fait cuire, puis l'avaient consommé", précise le chef de la police du district local de Bhakkar. Récidivistes, les frères Mohammad Arif et Farman ont été incarcérés il y a trois ans pour une affaire similaire. A l'époque, ils exhumaient des cadavres de cimetières puis les dévoraient. La dépouille d'une jeune femme avait notamment été retrouvée avec une jambe en moins. Profitant d'un vide juridique, la loi n'interdisant pas formellement le cannibalisme au Pakistan, ils avaient été libérés après deux années de prison 43. Le 11 juin, les deux frères sont condamnés à onze ans de prison.
- Le 12 juin, l'AFP publie que l'ex-amant d'une habitante du Cap en Afrique du Sud, Andrew Chimboza, un Zimbabwéen, a mangé au couteau et à la fourchette le coeur de son rival qu'il venait de poignarder, avant d'être arrêté par la police. Andrew Chimboza a été condamné à 18 ans de prison, le 29 avril 2015.
- Dans la nuit du 5 au 6 novembre, au Sirhowy Arms Hotel dans le village d'Argoed au Pays de Galles, une femme de 22 ans, Ceris Marie Yemn, est assassinée dans un acte de cannibalisme par un suspect, âgé de 34 ans, avec lequel elle entretenait une relation. Il semble que l'homme, Matthew Williams (qui succombe après un tir de taser), lui ait mangé la moitié du visage et un oeil 45.
- Le Russe Dimitri Malyshev se serait fait aborder par une connaissance, un travailleur migrant tadjik de 46 ans, qui lui aurait proposé une relation sexuelle. Dmitri Malyshev, homophobe assumé, l’a battu à mort avec un pied-de-biche, puis démembré avant de lui arracher le cœur qu’il a fait frire avec des légumes, puis mangé. Condamné à 25 ans de prison en 2015, il sortira de prison pour combattre sur le front ukrainien en 2023.

2017 :
Le 25 septembre, un couple, soupçonné d'avoir tué une femme pour la manger, est arrêté dans la région de Krasnodar dans le sud de la Russie. Dmitry Bakshaev, 35 ans, et son épouse Natalia, 42 ans, pratiqueraient le cannibalisme depuis 1999 : ils auraient tué et mangé une trentaine de personnes.

2019 :
- Le 21 février, Alberto Sanchez Gomez, 26 ans, est arrêté à Madrid : il avoue le meurtre de sa mère de 66 ans et la manière méticuleuse dont il l'a découpée. Il dit en avoir mangé une partie.
- En septembre, un professeur suédois, Magnus Söderlund, heurte l'opinion publique en proposant d'institutionnaliser le cannibalisme en Occident pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le 7 janvier 2022, Stefan R., un enseignant Allemand de 42 ans, déclaré coupable de "meurtre" et "d'atteinte à la paix des morts", est condamné à de la prison à vie par un tribunal berlinois pour avoir, le 6 septembre 2020, tué, démembré et en partie mangé un homme de 43 ans rencontré sur internet.

2024 :
- « Je vous le confirme, des actes de cannibalisme, il y en a toutes les semaines », a déclaré à 20 Minutes l’attaché de sécurité intérieur de l’ambassade de France à Port-au-Prince : « Il y a des centaines et des centaines de vidéos sur le sujet, il n’y a aucun doute là-dessus ». « Oui cela existe, mais ce sont des actes totalement disruptifs avec la culture haïtienne », prévient Jean-Marie Théodat enseignant à l'Université d'État d'Haïti : « C’est le fait de bandits, sous l’influence de drogues dans une ambiance d’excitation morbide. L’effet recherché est de montrer sa détermination à ses ennemis ». Des actes « isolés », certes, mais tout de même récurrents « depuis trois ans que durent les violences ».
- Aux États-Unis, à Wasco, en Californie, le 22 mars, un homme est arrêté alors qu’il transporte une jambe humaine : une personne ayant été tuée dans un accident après avoir été percutée par un train, cet homme de 27 ans a volé une des jambes de la victime qui était détachée du corps ; l’homme, qui aurait "mangé" une partie de cette jambe, est arrêté pour "retrait ou mutilation de restes humains".
- Au Mali, une vidéo circule depuis le mardi 16 juillet 2024 sur les réseaux sociaux. On y voit un homme en uniforme militaire malien éventrer un cadavre pour manger son foie ; en 2019, une vidéo montrant des chasseurs traditionnels dozos découpant le foie d’un cadavre pour l’offrir à leur chef avait déjà choqué les Maliens. Les dozos, qui se parent d’amulettes et revendiquent des pouvoirs magiques, servent régulièrement de supplétifs à l’armée régulière dans les opérations menées dans le centre du pays.

On peut penser qu’un cannibalisme résiduel subsiste en Afrique centrale et occidentale, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Mélanésie, à Sumatra, en Papouasie/Nouvelle-Guinée, en Polynésie et dans des régions éloignées d'Amérique du Sud.

- CANNIBALISME DE PENURIE OU DE SURVIE

Des cas d’anthropophagie sont à attribuer à l’instinct de survie : c’est le cannibalisme de pénurie ou de survie qui n'est pas une pratique paraphilique. 56

- CANNIBALISME DU SANG (HEMOPHAGIE, AUTOVAMPIRISME, ZOOPHAGIE, VAMPIRISME, HEMATOMANIE, MENOPHILIE)

Le cannibalisme du sang (hémophagie) est de tous les temps et de tous les lieux.
Le syndrome de Renfield (ainsi nommé par le psychologue américain Richard Noll en 1992), est la déviance mentale qui pousse un individu à boire du sang humain.
D'après Noll, la grande majorité des patients sont des hommes et la maladie peut être évolutive : autovampirisme, zoophagie, vampirisme clinique :
- Le premier stade survient généralement durant l'enfance. À la suite d'une blessure, l'enfant découvre qu'il peut être excitant de boire son sang. Cela peut le mener à l'autovampirisme : le plaisir maniaque de boire son propre sang.
- Le stade suivant est celui de la zoophagie : la consommation de sang animal (ne pas confondre avec la zoophilie où un animal est l’objet du désir sexuel ).
- Le stade le plus avancé est le vampirisme clinique : la consommation de sang humain. Il arrive que certaines personnes, en manque, s’infiltrent dans les hôpitaux pour voler le précieux liquide entreposé dans les banques de sang.
Au dernier stade, l'individu cultive un fétichisme du sang ; la consommation ou la contemplation de sang humain lui procure une excitation sexuelle. Parfois le sang est même la seule activité sexuelle pouvant lui provoquer une telle excitation. A ce stade, le syndrome de Renfield relève alors de la psychopathie et de la paraphilie .
A son paroxysme, le syndrome de Renfield conduit les malades aux meurtres en série.

En 1901, dans une thèse soutenue à la faculté de médecine de Lyon, le futur Dr Alexis Epaulard utilise pour la première fois le terme de vampire, non pas pour désigner un buveur de sang mais un nécrophile : Victor Ardisson, le vampire de Muy.

On a longtemps employé le terme de vampire pour des malades se livrant à des actes de nécrophilie, de nécrosadisme, voire de nécrophagie (forme de cannibalisme), bien que, pour des raisons évidentes, il n’y ait pas, dans ces cas, de succion de sang. À l’inverse, certains individus, tels que les vampires de Hanovre, de Düsseldorf, de Londres et de Nuremberg, ont une fascination réelle pour le sang et non la mort. 11

Les prêtres des Mochicas du Pérou (200 av. J.-C. à 700 apr. J.-C. environ) pratiquent des sacrifices humains : ils égorgent les victimes, collectent leur sang dans des bols et le boivent.

Selon Celse et Pline, dans la Rome antique, les spectateurs atteints du mal caduc se précipitaient dans l'arène pour boire le sang des gladiateurs morts; il était censé guérir les épileptiques qui y trempaient aussi leurs cheveux. Sribonius Largus, au temps de Tibère, dit avoir vu certains malades prendre une particule du foie d'un gladiateur mort, en neuf doses distinctes.

Sous la Révolution française, le sang des aristocrates guillotinés est parfois offert aux pauvres comme boisson reconstituante et il est attesté que des enragés dévorèrent le foie de leurs victimes lors des massacres de septembre 1792.

Carl Lehmann, relatant l'exécution de l'assassin Karl Henri Friedrich qui a lieu à Zwickau (Allemagne) le 15 décembre 1823, écrit : « Et nous avons vu de nos propres yeux des personnes vider tout un pot de sang de l'exécuté et comment on donnait des coups de fouet à ces personnes, pour la plupart des enfants, afin de les faire détaler à travers champs ». 10

Le 30 mars 2005, est arrêté le tueur brésilien surnommé Corumba le Vampire : il a tué six femmes avant de boire leur sang, disant agir sous les ordres du démon ; par ailleurs, il ne sortait que la nuit. 39
Le 29 décembre 2013, un SDF d'une vingtaine d'années est arrêté à Colombes (Hauts-de-Seine) après qu'il a avoué avoir égorgé le compagnon avec lequel il partageait un abri ; le jeune homme a indiqué qu'il avait bu son sang. 38



L'hématomanie est une sorte de fixation sur le sang (obsession).

La ménophilie : "Parmi les nombreuses paraphilies sur le marché, la passion pour le sang s'écoulant du vagin des femmes est l'une des plus taboues. Des mecs, assoiffés de sang menstruel, vont jusqu'à acquérir des serviettes et tampons usagés sur des sites spécialisés." (https://www.vice.com/fr/article/dpm5zj/fetichiste-des-menstruations-909)


2. NECROPHILIE, THANATOPHILIE ET NECROLAGNIE

La nécrophilie (également nommée thanatophilie ou nécrolagnie) est une attirance sexuelle pour les cadavres. Elle est classifiée en tant que paraphilie dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV).


3. UROPHILIE, UROLAGNIE, UROPHAGIE, URODIPSIE ET ONDINISME

L'ondinisme, également appelé urolagnie ou urophilie, est une paraphilie caractérisée par une forte excitation érotique liée à l'urine. L'urine peut être bue (urophagie ou urodipsie). Les personnes pratiquant l'urolagnie peuvent apprécier d'uriner sur (ou dans) d'autres individus. D'autres formes d'urolagnie peuvent inclure une tendance à mouiller le pantalon ou à être sexuellement attiré en reniflant l'urine en provenance d'un vêtement ou d'une partie du corps.
Les termes soupeur ou croûtenard désignent des individus qui éprouvent du plaisir à manger de la nourriture imbibée de l'urine d'autrui, notamment du pain abandonné volontairement dans des urinoirs publics (vespasiennes).
Ne pas confondre avec l'urinothérapie, aussi appelée amaroli, qui consiste à boire sa propre urine (ou à la consommer, quel que soit le mode d'administration) ; les adeptes de cette médecine alternative prétendent que les substances continues dans l’urine, comme des vitamines, des hormones, des sels minéraux, etc, peuvent aider l’organisme à combattre certaines maladies.


4. COPROPHAGIE, SCATOPHAGIE, COPROPHILIE, SCATOPHILIE ET EPROCTOPHILIE

La coprophagie (ou scatophagie), consiste à consommer des matières fécales, les siennes ou celles d'autrui. La coprophagie est banale chez de nombreuses animaux, mais exceptionnelle chez l'être humain où elle est le révélateur d'un trouble psychiatrique qui peut être lié à une carence nutritionnelle.
Ne pas confondre avec la bactériothérapie fécale ou fécalothérapie, également nommée transplantation fécale, greffe fécale ou transfusion fécale qui est un traitement médical destiné à des patients souffrant de quelques maladies intestinales résistant aux traitements antibiotiques classiques. Cette thérapie vise à restaurer l'écologie microbienne et l'homéostasie du côlon en y réintroduisant une flore bactérienne saine, prélevée dans les selles provenant d'un donneur sain. Comme il existe des banques de sperme, il existe des banques d'échantillons de selles fournies par des donneurs anonymes. Le patient malade peut ingérer la préparation colique (c'est-à-dire les selles du donneur) ; elle peut aussi être administrée par coloscopie.

La coprophilie (du grec kópros = excrément et philía = amour), également et plus communément nommée scatophilie, est une paraphilie impliquant un plaisir sexuel pour les excréments. Les scatophiles aiment s'enduire de matières fécales et les admirer : ils les conservent parfois dans des récipients transparents pour pouvoir jouir de leur vue quand le besoin s'en fait sentir. Les scatophiles éprouvent aussi du plaisir, lors de la relation sexuelle, à ingérer ou à faire ingérer leurs déjections à leur partenaire.

L'éproctophilie ou flatuphilie est l'excitation sexuelle provoquée par les flatulences du partenaire.


5. EMETOPHILIE, MUCOPHILIE, MUCOPHAGIE

L'émétophilie est l'attirance sexuelle pour la pratique ou la vue du vomi.

La mucophilie est le fétichisme du mucus, c'est à dire la morve. La mucophagie (« manger du mucus »), c'est manger les crottes de nez.


6. TRICHOPHILIE

Les trichophiles sont sexuellement excités par la pilosité humaine : les cheveux, la barbe, la moustache ou la toison pubienne de leur partenaire.


7. LICTIOPHILIE

La lictiophilie est l'excitation sexuelle provoquée par le fait de lécher ou d'être léché.
Le lundi 6 mai 2024, un homme se fait remarquer de plusieurs commerçants parisiens en léchant le sol de leur magasin...


8. CITATIONS

Les habitants de la Terre de Feu ont été soupçonnés avec raison de cannibalisme ; ils sont dans l'usage de tuer leurs plus vieilles femmes, pour les dévorer, lorsqu'ils craignent de manquer de vivres. (François de Lacroix 1582-1644)

Il n'existe plus que quelques peuplades anthropophages dans le monde connu. Quelques races caraïbes et quelques insulaires de la Polynésie le sont encore. Tous les peuples de l'Amérique septentrionale étaient anthropophages (Voltaire 1694-1778, cité par le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle, Pierre Larousse 1863-1890, article : Anthropophage).

Les anthropophages de Sumatra et des Iles de la Sonde mangent les condamnés à mort. (Marlès Lacroix + 1850)

On dit qu'il y a eu des anthropophages ; je ne sais, mais cela n'a pas dû être long : ils ont dû mourir empoisonnés. (Lamennais 1782-1854)

L'anthropophagie se rencontre au berceau de presque tous les peuples. La famine a conduit plus d’une fois à l’anthropophagie. (Mathieu Barbaste, De L'Homicide et de L'Anthropophagie, 1856)

Il est évident que l'anthropophagie est née d'une excessive fringale combinée avec l'habitude du régime de la viande. Il arriva que deux hordes de chasseurs se rencontrèrent à la poursuite du même animal, un jour que la proie était rare, et que la faim mugissait dans leurs entrailles, et il y eut guerre entre elles. On se battit, on se tua, et les cadavres des vaincus remplacèrent naturellement au foyer des vainqueurs les cadavres du gibier absent. Puis la fureur de la vengeance sanguinaire s'en mêla, l'ivresse de la victoire aussi ; le fait consacré par la tradition s'incrusta dans les moeurs, et l'on sait ce qu'il en coûte pour déraciner les mauvaises habitudes. J'excuse tous les coupables qui ont faim, parce que la première loi pour tous les êtres est de vivre. (Alphonse Toussenel 1803-1885)

Ceylan n'avait vraisemblablement plus d'habitants cannibales à l'époque où elle était visitée par les Arabes. (Alfred Maury 1817-1892)

Entre les insulaires anthropophages et les animaux féroces, il y a cette différence, que ceux-ci obéissent à leur nature et ne se la sont pas donnée, tandis que les anthropophages se sont fait la leur. Si nous voulons contester qu'ils se la soient faite, il faudra nier la morale ou professer que l'homme est venu sur la terre non dans cet état neutre encore indéterminé, qu'on appelle l'innocence, mais avec une conscience préalablement corrompue, et des doctrines à la fois naturelles et perverses. (Charles Bernard Renouvier 1815-1903)

En ingérant les parties du corps d’une personne, dans l’acte de dévoration, on s’approprie aussi les propriétés qui ont appartenu à cette personne [...] Un jour les frères se rassemblèrent, tuèrent et dévorèrent le père, mettant ainsi fin à la horde primitive [...] Dans l’acte de dévoration, ils accomplirent l’identification avec lui, chacun s’appropriant une partie de sa force. (Freud, Totem et Tabou, 1912)

Cannibale mélomane cherche travail dans opéra-bouffe. (Pierre Dac 1893-1975)

Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce. (Jean Rigaux 1909-1991)


Notes
1 tueursenserie.org/article.php?id_article=38
2 anthropologieenligne.com/pages/pbancestralM.html
3 Quelle est la saveur de la chair humaine ? Aspects culturels et historiques des aliments, Allen Gary, 1999, Oregon State University.
4 polynesie.rfo.fr/imprimer.php3?id_article=58
5 blog.slate.fr/ globule-et-telescope2010/09/15/quelle-saveur-a-la-chair-humaine/
6 Ce qui, ce qu'il. Il n'est pas de règle formelle pour distinguer ces deux expressions qu'on emploie indifféremment sauf avec falloir (ce qu'il faut et non ce qui faut) et avec plaire où il convient d'employer ce qu'il quand on veut sous-entendre, après plaire, l'infinitif du verbe employé précédemment (Hanse) : je ferai ce qu'il me plaira (de faire). Je fais ce qui me plaît est plus absolu. J'épouserai la femme qu'il me plaira (d'épouser). J'épouserai la femme qui me plaira n'a pas le même sens : qui sera à mon goût. (Dictionnaire des difficultés de la langue française. Larousse. 1971)
7 Zheng Yi : Scarlett Memorial, Tales of cannibalism in modern China, 1996 ; trad. Stèles rouges, du totalitarisme au cannibalisme, éd. Bleu de Chine, 1999, cit. in Thérèse Delpech, L’ensauvagement, Grasset 2005 et Mao Tsé-Toung, Fayard, 2005
8 Pierre Bonnassie, Consommation d'aliments immondes et cannibalisme de survie dans l'Occident du haut Moyen Âge [archive] Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1989 Volume 44 Numéro 5
9 Rapport d'information d'État n°60, du 20 janvier 1922, traduit et présenté par Nicolas WERTH dans le n°78 du Bulletin de l'Institut d'histoire du temps présent, n°78, second semestre 2001, p. 108
10 heresie.com/sang.htm
11 Grimoire des Vampires, Cecilia Jamart. www.vampiredarknews.com/museum/vampire/4.html
12 Jean-Paul Doucet, Dictionnaire de droit criminel
13 wikipedia
14 Journal of Anthropological Sciences, vol. 87, 2009, pp. 153-185
15 Kheira Bettayeb, Le Journal du CNRS, septembre 009, N°236
16 http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant
17 CNRS, Institut des sciences humaines et sociales, 13 septembre 2010
18 http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_Donner
19 http://www.america-dreamz.com/colorado/paysages/mesa_verde_national_park.php
20 Henry B. Parkes, Histoire du, Payot - ISBN|2-228-12790-6
21 http://www.america-dreamz.com/texas/paysages/cavelier_salle.php. Jacques Séassau : redaction@america-dreamz.com
22 http://www.america-dreamz.com/nouveau_mexique/paysages/chaco_culture.php
23 Jacques Séassau redaction@america-dreamz.com.
24 site d'information Guangxi News et The Standard, un quotidien de Hong Kong
25 Miami Herald - lefigaro.fr 28/05/2012
26 next.liberation.fr 25-5-2012
27 lematin.ch 2/6/2012
28 tempsreel.nouvelobs.com 31/05/2012
29 http://lestafette.unblog.fr/2012/04/27/anthropophagie-et-autophagie-durant-la-campagne-de-russie/#
30 http://apocalypse1966.skyrock.com/46.html
31 http://www.metrofrance.com/info/nouveau-cas-de-cannibalisme-aux-etats-unis/mlfa!w34Ahcyx0Jow/
33 http://archives.lesoir.be/magie-noire-et-cannibalisme-a-la-frontiere_t-19890413-Z01JQT.html
35 http://actu.orange.fr/sciences/etats-unis-les-premiers-colons-ont-recouru-au-cannibalisme-pour-survivre-afp_1838588.html
36 http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/05/02/01008-20130502ARTFIG00551-le-cannibalisme-de-survie-existe-toujours.php
37 http://www.lepoint.fr/monde/deux-russes-perdus-dans-la-taiga-ont-mange-leur-camarade-pour-survivre-17-12-2012-1602840_24.php
38 http://www.europe1.fr/Faits-divers/INFO-E1-Colombes-il-tue-un-SDF-et-boit-son-sang-1756399/
39 http://fr.wikipedia.org/wiki/Vampire
40 http://lci.tf1.fr/monde/afrique/centrafrique-actes-de-cannibalisme-a-bangui-8345372.html
41 http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Nigeria-Des-tetes-humaines-roties-au-menu-du-restaurant-cannibale-548521
42 http://www.arcinfo.ch/fr/monde/afrique-du-sud-la-police-arrete-un-cannibale-577-1286439
43 http://www.metronews.fr/info/pakistan-deux-freres-cannibales-recidivistes-arretes-pour-avoir-mange-un-bebe/mndn!T9U8AxGTDYzTg/
44 http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9crophagie
45 http://www.20minutes.fr/monde/1477179-20141107-grande-bretagne-mange-amie-police-tue
46 http://www.20minutes.fr/rennes/1530039-20150131-rennes-vole-placenta-femme-vient-accoucher
47 http://actu.orange.fr/insolite/et-votre-placenta-vous-le-voulez-comment-cru-ou-en-gelules-afp_CNT0000007ObDT.html
48 http://www.larecherche.fr/savoirs/archeologie/cannibalisme-masse-au-neolithique-01-09-2009-88424
49 http://www.hominides.com/html/dossiers/cannibalisme-anthropophagie-prehistoire.php
50 http://www.lepoint.fr/monde/la-revolution-culturelle-chinoise-et-ses-banquets-cannibales-oublies-16-05-2016-2039653_24.php
51 http://www.arte.tv/guide/fr/044128-000-A/des-cannibales-en-europe
52 http://fr.guyderambaud.wikia.com/wiki/Charlotte_Corday
53 http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-prehistoire-cannibalisme-ne-pratiquait-pas-raisons-alimentaires-66951/
54
55 https://www.lepoint.fr/culture/le-tour-du-monde-des-cannibales-les-fang-d-afrique-centrale-04-08-2018-2241451_3.php
56 Des cas d’anthropophagie sont à attribuer à l’instinct de survie : c’est le CANNIBALISME de PENURIE ou de SURVIE qui n'est pas une pratique paraphilique.
En 14 de l'ère chrétienne, une terrible famine en Chine rend les paysans anthropophages.
Dans l'Empire franc, éprouvé par la famine de 792 à 794, se produisent des cas de cannibalisme et d’hallucination collective notés par les annalistes 8.
La longue période de famine, allant de 1021 à 1040, qui ravage une partie de l'Europe (plus particulièrement la France et surtout la Bourgogne), conduit des miséreux à l’anthropophagie.
En 1590, le siège de Paris par Henri de Navarre d’avril à septembre, cause une famine qui engendre l’anthropophagie.
Durant l'hiver 1609/1610, 80% des colons de Jamestown, la première colonie anglaise établie en Amérique, située en Virginie, meurent de faim ; le 1er mai 2013, des anthropologues du Musée national d'histoire naturelle à Washington expliquent que l'analyse d'ossements d'une jeune fille de 14 ans a révélé que les survivants ont recouru au cannibalisme. 35
Fin 1812, lors de la retraite de Russie, après que les soldats ont mangé les chevaux, ils font griller de la chair humaine prélevée sur leurs compagnons morts 29.
En 1816, suite au naufrage de la frégate La Méduse, 139 marins et soldats s'entassent sur un radeau pendant 13 jours et pratiquent l'anthropophagie pour survivre : il y aura 15 rescapés.
L'Expédition Donner, un groupe de colons américains en route pour la Californie pendant la fièvre de l'ouest dans les années 1840, se trouve bloqué par la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-1847 : quelques-uns commencent à manger les morts avant d'être secourus 18.
Les membres de l'Expédition Franklin, disparus dans l'Arctique en 1847, auraient également pratiqué le cannibalisme de survie.
Entre 1845 et 1852, la Grande Famine en Irlande est due à l'apparition du mildiou sur l'île. Diverses estimations récentes évaluent à un million le nombre de victimes. Dans Red Hall (1852), William Carleton dépeint des scènes de sauvagerie et de cannibalisme.
En mars 1883, Alferd Packer, accusé d'avoir consommé la chair de ses cinq camarades dans les montagnes rocheuses du Colorado où leur expédition s'était perdue, est condamné à la peine de mort pour cannibalisme. Sa sentence est commuée en 40 ans de prison par la Cour suprême des États-Unis d'Amérique en 1886. Packer devient, paraît-il, végétarien et s'éteint en prison le 24 avril 1907. 13
Début 1922, en Russie, la famille pousse les paysans de la Province de Samara à déterrer les morts pour les manger. Dans les districts de Pougatchev et de Bouzoulouk, de nombreux cas de cannibalisme sont notés. Selon les témoignages des membres du comité exécutif de la volost [canton], le cannibalisme dans le bourg de Lioudbimovka prit des proportions dramatiques ; on dut isoler les cannibales 9.
En 1933, Staline, ayant décidé de nettoyer les villes de Moscou et Leningrad, de tous leurs éléments socialement nuisibles, 6 000 d'entre eux sont envoyés sur Nazino, île perdue au milieu d'un fleuve sibérien, où, débarqués sans provision, ils subissent la torture de la faim au point de devenir anthropophages. Le scandale de L'Ile aux cannibales finit par remonter à Staline qui prend des sanctions contre les responsables locaux du parti ; les déportés survivants sont envoyés dans des camps de travail.
L'Holodomor ( = famine), grande famine orchestrée par le régime soviétique, fait entre 2,62 et 5 millions de morts Ukrainiens en 1932 et 1933. Retenus de force dans leur province pillée, des cohortes d’affamés errent en quête de nourriture. On mange les chevaux, les chiens, les chats, les racines des plantes, puis les enfants…
La population, durement touchée par le long siège de Leningrad durant la seconde guerre mondiale (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944), va jusqu'à se nourrir de cadavres pour survivre.
Début 1943, l’extrême famine pousse les soldats allemands de la 6ème Armée et les civils russes, enfermés dans la poche de Stalingrad, à manger leurs morts. Les internés des camps nazis font souvent de même.
On soupçonne que l'anthropophagie, avérée dans les goulags soviétiques, est pratiquée dans les camps chinois.
En 1944, sur l’île de Leyte aux Philippines, des soldats japonais, pris en tenaille entre les troupes américaines et les résistants philippins, survivent grâce au cannibalisme.
Le 13 septembre 1945, les troupes japonaises de l'île de Nauru en Micronésie dans le Pacifique Sud se rendent. Coupées de leurs lignes d'approvisionnement, elles ont manqué de ravitaillement : 300 Japonais sont morts suite aux privations et on rapporte des cas de cannibalisme.
En Chine, la famine du Grand Bond qui sévit entre 1958 et 1962 provoque la réapparition du cannibalisme sur une grande échelle : les familles échangent les enfants pour les manger (yizi er shi = échanger les enfants pour se nourrir, expression chinoise ancienne), certains découpent de nuit des cadavres pour manger 16.
Les seize rescapés d'un accident d'avion dans la cordillère des Andes en 1972 peuvent ainsi survivre pendant 72 jours. Ils reçoivent l'absolution du pape Paul VI 36.
Selon des témoignages, la population nord-coréenne, lors de la famine de 1995-1999 qui fait de 2 à 3 millions de morts, doit pratiquer l’anthropophagie (de la viande humaine étant même mise à l’étal).
Deux pêcheurs partis, en août 2012, pêcher avec deux autres compagnons en Iakoutie, dans le nord-est de la Sibérie, sont retrouvés fin novembre 2012 près d'une rivière située à environ 250 kilomètres de la ville la plus proche, mais leurs deux compagnons manquent. Alexandre Abdoullaïev, avoue avoir mangé, avec l'autre survivant, Alexeï Goroulenko, le corps de leur compagnon Andreï Kourotchkine. Le quatrième pêcheur disparu, Viktor Komarov, n'est pas retrouvé 37.
Quand les circonstances deviennent pressantes, il n'est pas rare que les gens se livrent à des actes de cannibalisme pour survivre. Cela arrive périodiquement et n'a rien à voir avec le cannibalisme culturel ou pathologique [.] Chez les Inuits, c'est moralement accepté. Il n'est pas rare qu'une personne agonisante donne son autorisation aux autres de la dévorer une fois qu'elle sera décédée, et ce, pour leur permettre de survivre plus longtemps [.] Mais cette pratique n'est pas obligatoire. Certains peuples en proie à la pire des famines ne recourent pas au cannibalisme [.] Il faut des prédispositions pour passer à l'acte, l'environnement jouant un rôle clé. (L'anthropologue français, Georges Guille-Escuret, cité par Le Figaro, 2 mai 2013 36).

2024 : « Je vous le confirme, des actes de cannibalisme, il y en a toutes les semaines », déclare à 20 Minutes l’attaché de sécurité intérieur de l’ambassade de France à Port-au-Prince. « Il y a des centaines et des centaines de vidéos sur le sujet, il n’y a aucun doute là-dessus » insiste le diplomate. « Oui cela existe, mais ce sont des actes totalement disruptifs avec la culture haïtienne » prévient l'enseignant à l'Université d'État d'Haïti, Jean-Marie Théodat : « C’est le fait de bandits, sous l’influence de drogues dans une ambiance d’excitation morbide. L’effet recherché est de montrer sa détermination à ses ennemis ». Des actes « isolés », certes, mais tout de même récurrents « depuis trois ans que durent les violences ».

Sources


Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : compilhistoire ; reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.

Date de mise à jour : 18/07/2024

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