Pie VII

Luigi Barnaba Chiaramonti, fils du comte Scipione Chiaramonti, naît le 14 août 1742 à Cesena (Romagne).
Le 20 août 1758, il prend l'habit bénédictin sous le nom de dom Gregorio. Il étudie au monastère Santa-Giustina de Padoue, suspecté de jansénisme par l'Inquisition vénitienne, puis à Sant' Anselmo, à Rome. Le 21 septembre 1765, il est ordonné prêtre et peu après, reçoit son doctorat de théologie. Il enseigne ensuite à l'abbaye San-Giovanni de Parme. Il souscrit alors à l'Encyclopédie de Diderot et se montre curieux des idées de Locke et Condillac, alors précepteur du prince héritier et dont il traduit l’Essai sur l'origine des connaissances humaines. En 1775, il retourne au collège Sant' Anselmo, cette fois en tant que professeur de théologie ; son parent, Pie VI, le nomme abbé du monastère Saint-Calliste à Rome.
Il est fait évêque de Tivoli en 1782, puis cardinal d’Imola en 1785.
En 1796, lorsque le diocèse d'Imola, envahi par les troupes françaises du général Augereau, est détaché des Etats pontificaux et annexé à la république Cisalpine, il recommande la soumission des fidèles à l'autorité du victorieux général en chef de l'armée française ; il s’attire par-là l’estime des vainqueurs et la reconnaissance de ses diocésains auxquels il épargne beaucoup de malheurs. A Noël 1797, il prêche en faveur de la démocratie : "La forme de gouvernement démocratique ne répugne pas à l'Evangile. Elle exige au contraire toutes les vertus sublimes qui ne s'apprennent qu'à l'école de Jésus-Christ et qui, pratiquées religieusement parmi vous, feront votre bonheur et contribueront à la gloire et à l'éclat de notre République (...) Oui, mes frères, soyez de bons chrétiens, et vous serez d'excellents démocrates." 5
Elu pape le 14 mars 1800 par un conclave réuni à Venise dans l’île Saint-Georges, il prend le nom de Pie en l'honneur de Pie VI. Il est intronisé le 21.
Le pontificat de cet homme bon, sobre et pieux, est dominé par son conflit avec Napoléon Ier ; après la chute de ce dernier, il intercède vainement en faveur de son ancien persécuteur et donne asile à Rome à la famille Bonaparte.
Pie VII meurt le 20 août 1823 des suites d’une fracture du col du fémur consécutive à une chute fortuite.

Prophétie de Malachie : Aquila rapax (aigle rapace)


1800. 14 mars, élection de Pie VII. 17 mars, la Prusse déclare la guerre à la France. 17 mars, le savant italien Alessandro Volta invente la première pile à colonne ; ce premier système est constitué d'un empilement (d'où le nom de l'invention) de disques de deux métaux différents séparés par des disques de feutre, imbibés d'acide ; le 20, il soumet la publication de l'invention de la pile électrique dans une lettre en français au président de la Royal Society, Joseph Banks. 18 mars, loi du 27 ventôse réorganisant le système judiciaire : juges de paix élu dans les cantons, tribunaux de première instance dans les arrondissements, tribunaux criminels dans les départements, 28 tribunaux d'appel ; les juges, nommés par le gouvernement et salariés sur le budget de l'État, sont nommés à vie et inamovibles. 20 mars, Bataille d'Héliopolis : l'armée de Kléber vainc les Ottomans et marche sur le Caire. 2 avril, la Russie et l'Empire ottoman, s'entendent, dans le Traité de Constantinople pour former la République fédérative des Sept-Îles, entité regroupant sept îles de la mer Ionienne (anciennement vénitiennes), situées entre la Grèce et l'Italie, que la France s'était attribuées au Traité de Campo-Formio en 1797. 5 avril (15 germinal an VIII), Combat de Cadibona entre 3 000 Français sous les ordres du général Gardanne et 20 000 Autrichiens sous les ordres du général Mélas. 20 avril au 4 juin, Siège de Gênes, occupée le 5 juin par les Autrichiens après la reddition de Masséna. 24 avril, à Washington, fondation de la Bibliothèque du Congrès, la plus importante bibliothèque au monde pour la richesse de son fonds. 3 mai, victoire du général Lecourbe à la Bataille de Stockach. 3 mai, victoire de Moreau sur les Autrichiens à la Bataille d'Engen (Allemagne). 4 et 5 mai, victoire française à la Bataille de Moesskirch. 6 mai, les Autrichiens franchissent le Col de Tende et occupent la région de Nice. 15 au 20 mai, Napoléon Bonaparte traverse les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard. 15 mai, Pie VII termine son encyclique Diu satis sur l’Eglise menacée par une profonde tristesse, une douleur continuelle remplit mon cœur pour mes fils les peuples des Gaules et autres encore en proie au même délire. 16 mai (26 floréal an VIII), une circulaire prescrit un premier recensement général de la population en France qui sera effectué en 1801 (la France compte 27 349 003 d’habitants ; Paris 347 756). 29 mai, Nice est reprise par les Français du général Suchet après le reflux des Autrichiens. 2 juin, le général de division Murat, à la tête de l'avant-garde, entre à Milan ; les Impériaux sont repoussés sur Turin. 2 juin, à Verceil (Piémont), Bonaparte rencontre le cardinal Martiniani auquel il dévoile les grandes lignes de son projet de Concordat. 4 juin, Masséna doit capituler à Gênes. 5 juin : « Nulle société ne peut exister sans morale. Il n’y a pas de bonne morale sans religion. Il n’y a donc que la religion qui donne à l’Etat un appui ferme et durable. » (Bonaparte, Allocution aux curés de Milan). 9 juin, victoire française à la Bataille de Montebello en Lombardie. 13 juin, essai en Seine du Nautilus, le submersible inventé par Robert Fulton (d’autres essais auront lieu près de Brest en 1801, mais Fulton ne parviendra pas à convaincre les autorités maritimes). 14 juin, à Marengo (Piémont), Bonaparte vainc difficilement les Autrichiens. 14 juin, en Egypte, le général Kléber est assassiné par un musulman. 16 juin, suspension d'arme entre la France et l'Autriche en Italie. 19 juin, l'armée française commandée par Moreau bat les Autrichiens à la Bataille d'Höchstädt. 26 juin, la communication de l’italien Alessandro Volta (+ 1827), à propos d’un dispositif permettant la production d’électricité, accompagnée du schéma de son appareil électromoteur, la future pile électrique, est lue devant les membres de la Royal Society de Londres (le savant grec Thalès aurait été le premier à s’intéresser à l’électricité). 3 juillet, le pape regagne Rome. 10 juillet, Pie VII adresse une lettre personnelle à Bonaparte pour lui notifier son acceptation de principe (suite à la proposition officieuse de concordat le 2 juin). 15 juillet, Armistice signé à Munich entre l'armée du Rhin et l'armée autrichienne. 1er août, au Conseil d’État, Bonaparte déclare : « Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l’être. C’est la manière de reconnaître la souveraineté du peuple. C’est en me faisant catholique que j’ai gagné la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais le peuple juif, je rétablirais le temple de Salomon ». 13 août, Bonaparte demande à Cambacérès de diriger une commission chargée de composer le Code des Lois (Code civil français). 30 août, Révolte de Gabriel Prosser, un jeune esclave noir de 24 ans qui tente de prendre la ville de Richmond (Virginie) à la tête d'un millier de Noirs ; dénoncée par deux autres esclaves, sa tentative échoue et il est pendu avec 35 de ses hommes. 5 septembre, Malte, qui était occupée par les Français, est conquise par les troupes britanniques qui refusent de la restituer aux Chevaliers. 30 septembre, Traité de Mortefontaine, convention signée entre la France et les États-Unis terminant la quasi-guerre maritime non déclarée (1798) ; la Convention sera entièrement ratifiée le 21 décembre 1801. 1er octobre, Traité secret de San Ildefonso entre l'Espagne et la France : l’Espagne restitue à la France la partie espagnole de la Louisiane (La France possédait la Louisiane depuis 1683, mais par le Traité de Paris du 10 février 1763, elle avait dû céder la Louisiane occidentale à l’Espagne, son alliée, en compensation de la Floride cédée à l’Angleterre ; la Louisiane se trouva alors partagée entre l’Angleterre et l’Espagne). 19 octobre, l'expédition Baudin quitte Le Havre ; ce voyage d'exploration scientifique conduit Nicolas Baudin et l'équipage du Géographe et du Naturaliste dans les mers du Sud au-delà du Cap de Bonne-Espérance et jusque dans le Pacifique. 1er novembre, fin de la construction de la maison présidentielle (appelée Maison-Blanche à partir de 1901) habitée dès lors par le président John Adams et sa femme ; le siège du gouvernement américain est transféré à Washington. 7 novembre (16 Brumaire an IX), une ordonnance interdit formellement le travestissement des femmes et précise que toute femme désirant s'habiller en homme devait se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l'autorisation et celle-ci ne peut être donnée qu'au vu d'un certificat d'un officier de santé (cette interdiction sera partiellement levée par deux circulaires datant de 1892 et de 1909, autorisant le port du pantalon pour les femmes dans certaines situations seulement : "Si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval", mais uniquement sur autorisation préfectorale) ; le 31 janvier 2013, le ministère déclare cette ordonnance comme incompatible avec les principes d'égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France. De cette incompatibilité, découle l'abrogation implicite de l'ordonnance du 7 novembre 1800 qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu'une pièce d'archives, conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris. 17 novembre, le Congrès des États-Unis tient sa première session à Washington D.C. 21 novembre, Madeleine-Sophie Barat fonde la Société du Sacré Cœur de Jésus (Religieuses du Sacré Cœur). 3 décembre, l'armée française de Moreau inflige une défaite aux troupes autrichiennes à la Bataille de Hohenlinden. 24 décembre (2 nivôse an IX), à Paris, rue Saint-Nicaise, des tonneaux remplis de poudre explosent au passage de la voiture de Bonaparte qui n’est pas blessé (l’explosion fait 22 morts et 56 blessés) : il s’agit d’un Attentat royaliste organisée par Cadoudal soutenu par les Britanniques ; la preuve faite par Fouché que l’attentat est l’œuvre de royalistes, les partisans du roi sont arrêtés mais le Premier Consul en profite néanmoins pour se débarrasser des factions de droite comme de gauche (il fait déporter 130 anciens conventionnels aux Seychelles). 24 décembre, avant la messe de minuit, fondation des Sacrés Cœurs dits de Picpus. 25 décembre, difficile victoire française sur les Autrichiens à la Bataille de Pozzolo en Italie ; le même jour, l'armistice de Steyr (Autriche) entre l'archiduc Jean et le général Moreau met fin aux affrontements armés entre Autrichiens et Français. Johann Gottlieb Fichte : L’Etat commercial fermé.

1801. 1er janvier, prise d’effet de l’Acte d’union promulgué le 2 juillet 1800 qui unit le royaume de Grande-Bretagne et toute l’Irlande en un Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande (cette union faisait suite à une révolte violente mais vaine contre la domination britannique en Irlande). 29 janvier, la France et l'Espagne lancent un ultimatum au Portugal, le sommant de rompre avec l'Angleterre. 9 février, le Traité de paix de Lunéville entre la France et l’Autriche confirme et renforce les clauses du traité de Campoformio : la rive gauche du Rhin et la Belgique reviennent définitivement à la France ; l’Autriche ne conserve en Italie que la Vénétie ; le Piémont et Gênes sont soumis à l’influence française ; un royaume d’Etrurie est créé en Toscane. 13 février, la Convention d'Aranjuez est un accord entre la France et l'Espagne établissant les conditions de l'union des armées et flottes de l'Espagne, de la France et de leurs alliés pour combattre les forces de la Grande-Bretagne. 17 février, Thomas Jefferson est élu président des États-Unis (propriétaire d'une plantation en Virginie, il possède de nombreux esclaves). 22 février, la France oblige l'Espagne à déclarer la guerre au Portugal pour qu'il renonce à l'alliance avec les Britanniques. 3 mars, naissance de la Bourse de Londres. 7 mars, par le bref Catholicae fidei, Pie VII approuve l'existence de la Compagnie de Jésus en Russie et autorise la Compagnie à élire un Supérieur général pour la Russie. 8 mars, la flotte française, battue par les Britanniques dans la baie d'Aboukir, ne peut empêcher le débarquement de troupes britanniques et ottomanes. 14 mars, en Angleterre, n'ayant pu obtenir de George III l'entrée des catholiques irlandais au Parlement, William Pitt démissionne. 21 mars, les Français sont battus par les Anglais à la Bataille de Canope près d'Alexandrie (Égypte). 21 mars, la France et l'Espagne signent le Traité d'Aranjuez : l'Espagne cède la Louisiane et le duché de Parme à la France, en échange du Grand-duché de Toscane. Nuit du 23 au 24 mars, le tsar Paul Ier (en train de négocier une alliance avec la France) est tué dans sa chambre du palais Saint-Michel par un groupe d’officiers (après l’avoir obligé à signer son abdication, ils le frappent avec une épée, l’étranglent et le piétinent à mort) : son fils, Alexandre Ier, lui succède. 28 mars, Traité de Florence entre la France et le royaume de Naples : Naples cède à la France la partie napolitaine de l'île d'Elbe, qui devient ainsi entièrement française, ainsi que la principauté de Piombino, sur laquelle elle n'avait pourtant aucun droit, et l'État des Présides (ces derniers sont rétrocédés au royaume d'Étrurie) ; le royaume de Naples octroie à la France des privilèges commerciaux et s'engage à fermer ses ports à la marine britannique ; pour mieux contrôler l'Adriatique, la France pourrait disposer de garnisons à Brindisi, Otrante et Pescara ; une division destinée à embarquer pour l'Égypte occuperait temporairement Tarente. La suette frappe l’Allemagne. 2 avril, Bataille navale de Copenhague entre la flotte britannique et la flotte Danoise-Norvégienne ancrée devant Copenhague ; plusieurs bateaux danois et norvégiens sont détruits malgré une trêve acceptée par le Danemark et la Norvège. 13 juin, 1ère bataille navale d'Algésiras : victoire franco-espagnole. 27 juin, assiégé dans Le Caire par les forces Britanniques, Turcs et Mamelouks, le général Belliard capitule et ramène en France les troupes placées sous ses ordres. 6 juillet, Lord Elgin, ambassadeur du Royaume-Uni à Constantinople, est autorisé par l’Empire ottoman à prélever des frises sur l’Acropole : elles se trouvent au British Museum de Londres et Athènes réclame leur restitution. 8 juillet, adoption de la Constitution coloniale, Toussaint-Louverture proclame l’autonomie de Saint-Domingue et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République (dès lors, Bonaparte s’oppose à lui). 12 juillet, victoire navale britannique à la seconde Bataille d'Algésiras. 15 juillet (26 messidor an IX), signature du Concordat (dans la nuit du 15 au 16 juillet). 15 août, le pape ratifie le texte du Concordat (bulle Ecclesia Christi) ; Bonaparte signera le Concordat le 8 septembre ; sur les 81 évêques réfractaires encore en vie, 38 refusent d'adresser leur démission au pape et donnent ainsi naissance à la Petite Eglise. 17 août au 2 septembre, Siège d'Alexandrie par les Britanniques. 2 septembre (15 fructidor), à Alexandrie, le général Menou, vaincu par Abercromby, signe avec les Britanniques une capitulation et un accord d’évacuation des dernières troupes françaises d’Egypte (l’embarquement sera terminé à la fin du mois de septembre ; les Britanniques ramènent en France les débris de l'armée d'Orient). 12 septembre, le tsar Alexandre Ier annexe la Géorgie. 12 septembre, l'inventeur américain Robert Fulton fait la démonstration de son sous-marin à trois passagers le Nautilus entre Le Havre et le Cap de la Hague (110 km en 5 jours). En octobre (vendémiaire an X), par un arrêté, Bonaparte chasse la secte des théophilanthropes de tous les édifices publics. 9 octobre, traité franco-ottoman, signé à Paris, qui met fin aux hostilités entre les deux puissances. 10 octobre (18 vendémiaire An X), traité de Paris entre la France et la Russie mettant fin aux hostilités ; la France abandonne les îles Ioniennes et promet de respecter l'intégrité du royaume de Naples ; une clause secrète prévoit la médiation des deux puissances en ce qui concerne les indemnisations des États allemands dans le cadre du traité de Lunéville. 7 novembre, le physicien italien Alessandro Volta présente à l'Institut de France sa pile, le premier appareil produisant un courant électrique continu (le premier consul Bonaparte est subjugué ; il le fait Comte). 29 novembre, la bulle Qui Christi Domini déclare que les cent trente-cinq évêchés de l'ancienne France, ceux de la Belgique et de la rive gauche du Rhin sont supprimés : par suite tous les évêques, démissionnaires ou non, perdent toute juridiction. 21 décembre, entière ratification du Traité de Mortefontaine, convention signée entre la France et les États-Unis le 30 septembre 1800. Le 23 décembre, après avoir exercé plusieurs professions liées au domaine de la soie et de l'imprimerie, Joseph Marie Jacquard prend un brevet pour une machine destinée à suppléer le tireur de lacs (c’est-à-dire de cordes) dans la fabrication des étoffes brochées et façonnées. Le 28 décembre (7 nivose an X), un traité signé entre le Premier Consul et la Régence d'Alger, émanation de la puissance ottomane, garantit explicitement à la France la liberté de navigation et de commerce sur les routes maritimes de Méditerranée ; cette paix conclue, les navires français reprennent la mer, leurs équipages estimant pouvoir voyager en toute confiance, or, peu de temps après, ce traité est rompu brutalement par Mustapha-Pacha, le dey d'Alger : les navires en provenance de Toulon à destination de Saint-Domingue sont arraisonnés par les corsaires et détournés.

1801 à 1804. Mise au point de la locomotive à vapeur, grâce à l'emploi, par l'ingénieur britannique Richard Trevithick, de machines à vapeur à haute pression.

1802. 18 janvier, épuration du Tribunat après son opposition au projet de code civil. 26 janvier, création de la République italienne (capitale Milan) par les députés de la République cisalpine. 5 février, à Saint-Domingue, une expédition militaire débarque dans l’île : le 23, les troupes du général Rochambeau remportent la Bataille de la Ravine à Couleuvres sur celles de Toussaint-Louverture. 9 février, le pape choisit le Grand Maître de l’Ordre de Malte. 17 février, le corps de Pie VI est ramené à Rome où il est inhumé avec tous les honneurs, sur ordre du premier Consul Bonaparte. 23 février, Bonaparte signe avec le bey de Tunis Hammouda Pacha un Traité d'alliance contre les Britanniques. 3 mars, arrêté sur la visite sanitaire obligatoire des filles publiques pour endiguer l'épidémie de syphilis. 16 mars, fondation de l'Académie militaire de West Point, dans l'État de New York (États-Unis). 25 mars, Traité d’Amiens (signé le 27) entre la France (Joseph Bonaparte) et l’Angleterre (général Cornwallis) : l’Angleterre doit restituer Malte aux Chevaliers, Minorque et l’île d’Elbe à l’Espagne et les Antilles à la France ; la France abandonne l’Egypte et évacue tous les ports napolitains. Début avril, Débarquement à la Guadeloupe de troupes françaises à la tête desquelles Talleyrand a placé le général Richepance (le mulâtre Louis Delgrès organise la résistance contre les esclavagistes mais, acculé le 28 mai, il se fait sauter avec 300 hommes). 8 avril, vote de la loi sur les cultes (comprenant le Concordat), appelée loi de germinal an X, promulguée dans toute la République le jour de Pâques suivant (18 avril) : la loi organise un régime légal pour les Eglises luthériennes et réformées (mais pas de synode national), le dimanche devient jour férié (loi du 18 germinal an X). 14 avril, Chateaubriand publie Le génie du christianisme (cette première édition comprend les récits Atala et René). 18 avril, promulgation, avec l’aval du pape, des articles organiques du clergé français (la constitution civile du clergé est solennellement abrogée). 19 avril, Noël, Ascension, Assomption et Toussaint sont jours fériés (arrêté du 29 germinal an X). 26 avril, amnistie des émigrés dont sont exclus ceux qui ont dirigé des opérations militaires contre la France. 1er mai, loi créant les lycées pour former les futurs cadres de la nation et de l’armée. 6 mai, soumission de Toussaint Louverture et de Dessalines ; ils conservent leurs grades et leurs troupes intègrent l'armée française ; des bandes de cultivateurs insurgés continuent la résistance dans les montagnes. 10 mai, dans la région de Basse-Terre, Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes consulaires du général Richepance envoyées par Bonaparte pour rétablir l'esclavage, fait afficher sur les murs de Basse-Terre la proclamation : À l'Univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir ; le 28, se voyant perdus, Louis Delgrès et ses 300 compagnons se suicideront à l'explosif dans leur refuge de l'Habitation Danglemont à Matouba. 12 mai (22 floréal an X) : le Tribunat, à l'unanimité moins une voix, celle de Lazare Carnot, et le Corps législatif, à l'unanimité moins trois voix, votent le Consulat à vie. 18 mai, les conscrits peuvent se faire remplacer. 19 mai (29 floréal an X), l’Ordre de la Légion d’honneur est créé par le Premier consul, pour récompenser les services civils et militaires (« C’est avec ces hochets qu’on mène les hommes ») ; la Révolution, ayant aboli les décorations de la monarchie, avait remis des récompenses militaires, usage réglementé par l’arrêté consulaire du 4 nivôse an VIII, créant les armes d’honneur ; la Légion d’honneur, nom inspiré de la Legio honoratorum de Rome, comprend 4, puis 5 degrés de légionnaires ; 3 grades : chevalier, officier, commandeur (d’abord commandant) ; 2 dignités : grand officier, grand aigle (devenu grand-croix). 20 mai (30 floréal an X), promulgation de la loi maintenant la traite et l’esclavage dans les colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Réunion, Tobago et Sainte-Lucie) : « AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, BONAPARTE, premier Consul, PROCLAME loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour. DÉCRET. ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens, du 6 germinal an X, l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du cap de Bonne-Espérance (note d'édition : Les Mascareignes, c'est-à-dire principalement La Réunion et l'île Maurice). III. La traite des noirs et leur importation dans les dites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789. IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le gouvernement » ; Napoléon ne fait pas que rétablir l’esclavage, par des textes spécifiques, il s’en prend aussi aux libres de couleur (Noirs affranchis) : leurs droits sont diminués, les mariages mixtes sont interdits, le métissage est condamné. 24 mai, le prince d'Orange renonce au stathoudérat pour lui et sa famille moyennant la cession de quelques abbayes allemandes à séculariser dont Fulda. Le pape accepte que Talleyrand (qui souhaite se marier avec Catherine Grand, une divorcée) retrouve l’état laïc, mais il n’accorde aucune dispense pour qu’il puisse se marier. 2 juin, adoption du Health and Morals of Apprentices Act au Royaume-Uni : la durée légale du travail des enfants de moins de seize ans est fixée à douze heures par jour. 4 juin, Charles-Emmanuel IV de Savoie abdique en faveur de son frère Victor-Emmanuel Ier. 7 juin, à Saint-Domingue, arrestation de Toussaint-Louverture 15. 25 juin, à Paris, Traité de paix entre la France et la Turquie. 9 juillet, Thomas Davenport invente le moteur électrique. 16 juillet, en Guadeloupe, l’esclavage est rétabli. 23 juillet (4 thermidor an 10), arrêté des Consuls ordonnant l’internement de Toussaint-Louverture au Fort de Joux 15. 27 juillet (8 thermidor), Bonaparte, qui envisage une expédition contre Alger, car ses brigandages sont la honte de l’Europe et des Temps modernes, adresse un ultimatum au Dey Mustapha (le projet n’aboutira pas, après que le Dey a répondu positivement aux exigences des Français le 12 août). 2 août (14 thermidor), le Sénat, après plébiscite (3 600 000 oui contre 8 374 non), proclame Bonaparte consul à vie. 4 août (16 thermidor an X), le Sénat proclame la nouvelle Constitution de l’an X. 11 septembre, la France annexe le Piémont. 13 septembre, à Saint-Domingue (Haïti), Révolte des noirs contre le général Leclerc. 28 septembre, à La Réunion, l’esclavage est rétabli. 9 octobre, le duché de Parme devient français. 11 octobre, le français Jacques Garnerin brevète son invention (1797) : le parachute. 29 novembre, le lendemain de son accouchement, Solitude, héroïne de la résistance des esclaves de Guadeloupe, née vers 1772 d'une esclave africaine et d'un marin blanc, est exécutée par pendaison (face aux troupes françaises débarquées en Guadeloupe en mai 1802, sur ordre de Bonaparte, pour rétablir l'esclavage aboli en 1794, la résistance s'était organisée, soutenue par les anciens esclaves parmi lesquels de nombreuses femmes, dont Solitude, enceinte, qui se joignit aux combats avant d'être arrêtée). 7 décembre, en Guyane française, Victor Hugues instaure une « conscription rurale » qui attache irrévocablement Noirs et Gens de couleur dans les lieux où ils se trouvent. 24 décembre, recréation des chambres de commerce, supprimées par l'Assemblée constituante le 27 septembre 1791. Georges Cabanis : Rapports du physique et du moral de l'homme. Le naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck publie Recherches sur l'organisation des corps vivants dans lequel il invente le terme biologie.

1802-1814. Napoléon, qui veut rétablir l’esclavage en Guadeloupe et à Haïti, fait déporter près de 1200 anciens esclaves, soupçonnés d’être opposés à son projet, dans son île natale.

1803. 1er janvier, le Danemark abolit la traite négrière. 19 février, Acte de médiation en Suisse : Bonaparte rétablit la Confédération suisse qui compte alors 19 cantons. 19 février, l'Ohio devient le dix-septième État de l'Union américaine ; c'est le premier État à se doter d'une loi interdisant officiellement l'esclavage. 25 février, à Ratisbonne, le Recès de la Diète d'Empire supprime les principautés ecclésiastiques et la quasi-totalité des villes libres sous l'influence de la France et de la Russie. 6 mars, envoyé pour réoccuper les villes françaises de l'Inde, l'amiral Decaen s'embarque pour l'Île-de-France (île Maurice). 28 mars (7 germinal an XI), adoption de la Loi créant le franc germinal (0,322 g d’or) et une pièce de 20 francs en or baptisée Napoléon. 1er avril (11 Germinal an XI), loi n°2614 relative aux prénoms et aux changements de noms : « A compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l'histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l'état civil destinés à constater la naissance des enfants ; et il est interdit aux officiels publics d'en admettre aucun autre dans leurs actes » (cette loi sera abolie en 1993). 6 avril, les évêques non constitutionnels (Petite Eglise) qui ont refusé de démissionner en vertu du Concordat, adressent au pape des réclamations. 11 avril, le ministre français du Trésor, le marquis de Barbé-Marbois, propose officiellement aux États-Unis la vente de toute la Louisiane. 12 avril (22 germinal an XI), loi interdisant les coalitions patronales et ouvrières, instaurant le Livret ouvrier et faisant de la grève un délit. 14 avril, le canton de Vaud, créé canton suisse par l'Acte de Médiation de Napoléon Bonaparte, rejoint la Confédération suisse. 26 avril, une météorite chondrite ordinaire du groupe L6 tombe entre L'Aigle et Glos-la-Ferrière dans le département de l'Orne. 30 avril (10 floréal an XI), Traité de Paris : le premier consul Bonaparte, qui déclare vouloir affermir pour toujours la puissance des Etats-Unis (mais qui a surtout besoin d’argent pour lever des troupes), vend aux Etats-Unis la Louisiane (d’une superficie égalant celle des 13 premiers états de la Confédération) contre la somme de 80 millions de francs (15 millions de dollars), indépendamment de ce qui sera fixé par une autre convention, pour le paiement des sommes dues par la France à des citoyens des Etats-Unis soit 20 millions (3 750 000 dollars) en réparation des piratages français sur les navires américains dans les années 1790 ; la France percevra 60 millions de francs (11 250 000 dollars). 11 mai, la France déclare la guerre à l’Angleterre. 20 mai, William Osgoode, juge en chef du Bas-Canada, décrète que l'esclavage est illégal, et affranchit par le fait même les 300 esclaves de sa province. 13 juin, en Sicile, l’Ordre de Malte s’installe à Catane. Les évangélistes anglais fondent British and Foreign Bible Society. Suite à une Révolte en Serbie, 1 800 femmes et enfants sont pris comme esclaves par les Turcs. Les wahhabites (les unitaires) contrôlent les accès à La Mecque et à Médine et détruisent les tombeaux des saints, les pipes de tabacs et les instruments de musique. 9 août, Robert Fulton fait fonctionner le premier bateau à vapeur, sur la Seine, en présence de plusieurs membres de l'Institut. 23 septembre, bataille d'Assaye près de la petite bourgade d'Assaye au nord d'Aurangâbâd (Inde) : le général Arthur Wellesley, à la tête d'une armée composée de Britanniques et de cipayes s'élevant à quelque 13 500 hommes, rencontre une force indienne importante ; les Britanniques terminent la bataille victorieux mais avec 1 600 hommes tués ou blessés. 24 septembre, réorganisation des corps d'infanterie par le Premier consul. 3 octobre, Mme de Staël reçoit de Bonaparte, qui la soupçonne de comploter dans son salon, l’ordre de se tenir à quarante lieues de Paris ; elle visite alors l’Allemagne où elle rencontre Goethe et Schiller. 26 octobre, Lucien Bonaparte se brouille avec Napoléon (à cause de son remariage avec Alexandrine de Bleschamp alors que Napoléon voulait qu’il épousât la reine d’Etrurie ; Lucien part pour Rome en avril 1804). 4 novembre, promulgation de la nouvelle Constitution de la République des Sept-Îles (les sept îles Ioniennes (anciennement vénitiennes), situées entre la Grèce et l’Italie). 18 novembre, à Saint-Domingue, Bataille de Vertières : l’armée de Rochambeau, épuisée par la guerre d’indépendance américaine et décimée par la fièvre jaune, est vaincue par les anciens esclaves haïtiens du général Dessalines, successeur de Toussaint Louverture. 24 novembre, à Paris, inauguration du Pont des Arts, le premier pont métallique de France. 30 novembre, départ de l’expédition royale philanthropique de vaccination (Real Expedición Filantrópica de la Vacuna), communément appelée expédition Balmis d’après le nom du médecin espagnol Francisco Javier Balmis qui la dirige, est une expédition à caractère philanthropique chargée par le pouvoir central espagnol de mener une campagne de vaccination anti-variolique de masse dans tout l’Empire espagnol. 20 décembre, en Louisiane, le drapeau américain est hissé à la place du drapeau français.

1804. 1er janvier, à Gonaïves (Haïti), le général Jean-Jacques Dessalines lit l’Acte d’indépendance de Saint-Domingue qui reprend son ancien nom arawak de Haïti signifiant pays montagneux : c’est le premier État noir indépendant ; autoproclamé gouverneur général à vie, Dessalines prendra le titre de Jacques Ier empereur le 8 octobre ; il sera assassiné par ses généraux, le 17 octobre 1806, au cours d’une révolte causée par son caractère tyrannique. Pogroms à Alger. 13 février, le premier train de l'histoire, tiré par la première locomotive à vapeur de Richard Trevithick, circule sur 10 miles (16 kilomètres) sur les voies des aciéries de Penn-y-Darren au Pays de Galles, remorquant 10 tonnes de charbon et 70 hommes à la vitesse moyenne de 4 km/h avec des pointes à 8 km/h. 14 février (2 février du calendrier julien), assemblée d’Orašac : après que les janissaires ont fait exécuter 70 notables serbes, début du premier soulèvement serbe contre le pouvoir ottoman mené par Georges Karageorges et encouragé par la Russie. 15 février, arrestation du général Moreau à la suite de la découverte d’un complot organisé par le chef de chouannerie, Georges Cadoudal, afin d’enlever le premier consul ; Moreau est banni, le général Pichegru est retrouvé étranglé dans sa cellule le 6 avril (suicide ?), Cadoudal, qui a refusé la grâce de Napoléon, et 11 de ses complices sont guillotinés le 25 juin. 16 février, guerre de la côte barbaresque : des fusiliers-marins américains pénètrent dans le port de Tripoli et incendient la frégate américaine Philadelphia capturée pour être intégrée à la flotte du pacha de Tripoli. 25 février, création des Contributions indirectes. 10 mars, cérémonie formelle à Saint-Louis pour le transfert du territoire de la France aux États-Unis. 21 mars, Louis Antoine Henri de Bourbon, duc d’Enghien, enlevé le 15 mars à Ettenheim dans le duché de Bade et sommairement jugé par un conseil de guerre, est fusillé à 2 heures du matin, dans les fossés du château de Vincennes ; Joséphine a tenté de sauver le duc ; Bonaparte aurait dépêché un messager chez Réal, le chef de la police, pour lui demander d’aller en personne interroger le prisonnier et de surseoir à l’exécution, mais, Réal, fatigué, aurait consigné sa porte et n’aurait trouvé le message que trop tard ; "C’est plus qu’un crime, c’est une faute !" aurait dit Fouché. 21 mars 1804 (30 ventôse an XII), promulgation du Code Civil 14 qui accorde le droit du sol à condition de "fixer son domicile" en France. 16 avril (26 germinal an XII) une circulaire instaure le tirage au sort pour les conscrits. 14 mai, à Camp Dubois près de l'actuelle Hartford dans l'Illinois (USA), départ des explorateurs Meriwether Lewis et William Clark qui vont rejoindre le Pacifique. 18 mai, le sénatus-consulte du 28 floréal An XII déclare : "Article premier. Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d’Empereur des Français. La justice se rend, au nom de l’empereur, par les officiers qu’il institue. Article 2. Napoléon Bonaparte, premier consul actuel de la République, est empereur des Français et promulgue la Constitution impériale de l’an XII" ; en août, la constitution impériale sera approuvée par un plébiscite : 3 572 329 oui contre 2 579 non ; le scrutin n’étant pas secret, les électeurs signeront le registre du oui ou celui du non. 25 mai (5 prairial an XII), décret de Napoléon Ier ordonnant le transfert de la préfecture de Vendée de Fontenay-le-Comte à la ville nouvelle de La Roche-sur-Yon. 25 juin, à Paris, place de Grève, Georges Cadoudal, le chef de chouannerie, qui a refusé la grâce de Napoléon Ier, lance la devise des insurgés vendéens (Mourons pour notre Dieu et notre Roi !) avant d'être guillotiné. 27 juillet (8 thermidor an XII) : adoption au Conseil d'Etat de l'aigle éployé comme emblème de l'Empire. 1er septembre, l'astronome allemand Karl Ludwig Harding découvre l'astéroïde Junon. 7 septembre, à Aix-la-Chapelle, Napoléon assiste à un Te Deum en la cathédrale où on lui présente les restes de Charlemagne. 25 septembre, la Déclaration des droits de l’Homme et le 12e amendement fixant deux élections distinctes pour le président et le vice-président sont adoptés par le Congrès américain. 1er-2 octobre, échec de l'attaque britannique contre le camp de Boulogne. 12 octobre, sur ordre de Napoléon, le préfet de police de Paris Dubois prescrit l'organisation officielle des maisons closes en France. 20 octobre, fondation du Suprême Conseil de France : Auguste de Grasse-Tilly en est le Souverain Grand Commandeur. 22 octobre, dans le local de la loge Saint-Alexandre d’Écosse est constituée une Grande Loge Générale Écossaise du Rite ancien et accepté : le Prince Louis Bonaparte est investi de la dignité de Grand Maître et de Grasse devient son député. 27 novembre, Joseph Bonaparte est Grand Maître du Grand Orient et son frère cadet Louis Bonaparte est Grand-Maître adjoint 10. 1er décembre, dans la nuit, à la chapelle des Tuileries, le cardinal Fesch unit religieusement Bonaparte et Joséphine mariés civilement en 1796 (Pie VII a fait réveiller l’empereur et lui a imposé de régulariser son union devant Dieu). 2 décembre 1804 (11 Frimaire An XIII), à Notre-Dame de Paris, SACRE DE NAPOLEON : le pape Pie VII (en France du 28 novembre 1804 à avril 1805) donne l’onction à Napoléon et Joséphine en humectant d’huile sainte leur front et leurs mains ; après la messe, il bénit les emblèmes impériaux : anneau, épée et manteau ; comme convenu avec le pape, Napoléon Ier place lui-même la couronne de laurier d’or sur sa tête, puis il couronne l’impératrice ; l’empereur des Français prête serment, sur l’Évangile, de préserver tous les acquis de la Révolution : « Je jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République, de respecter et de faire respecter l’égalité des droits, la liberté politique et civile, l’irrévocabilité des ventes de biens nationaux, de ne lever aucun impôt, de n’établir aucune taxe qu’en vertu de la loi, de maintenir l’institution de la Légion d’honneur, de gouverner dans la seule vue de l’intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français » ; pour symboliser Charlemagne et le rendre présent sur les armoiries comme au sacre, Napoléon a fait fabriquer une fausse couronne de Charlemagne, à arches, en cuivre doré, ornée de camées. 3 décembre, les commissaires du Grand Orient de France et de la Grande Loge Générale Écossaise, réunis chez le maréchal Kellermann, entérinent et signent un Acte d’Union et Concordat qui unit les deux obédiences, et définit un nouvel Ordre maçonnique destiné à administrer de manière cohérente les différents degrés, allant du 1er au 33e, des deux obédiences 10 ; Napoléon encourage la création de loges dans les armées. 14 décembre, guerre entre l'Espagne et le Royaume-Uni ; le ministre espagnol Godoy doit renouveler son alliance avec la France de Napoléon.

1805. Au début de l'année, Napoléon offre au pape Pie VII la tiare, qu'il a commandée à Henry Auguste (aidé de Nitot), portant 3 345 pierres (dont l'émeraude 1 de Grégoire XIII confisquée à Pie VI, le 15 février 1798, par les commissaires français et envoyée au Museum d'Histoire Naturelle de Paris) et 2 990 perles. 4 janvier, Convention navale entre la France et l'Espagne ; Napoléon projette d'envahir le Royaume-Uni avec 200 000 hommes et 2 500 navires, regroupés au camp de Boulogne. 11 janvier, le Territoire du Michigan est séparé du Territoire de l'Indiana. 17 mars, la République italienne est érigée en Royaume d’Italie dont Napoléon est le souverain : Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine, est nommé vice-roi (7 juin). 11 avril, Traité de Saint-Pétersbourg : alliance entre la Russie et le Royaume-Uni dans le but de rétablir la France dans ses frontières de 1792 ; formation d'une Troisième Coalition contre la France (Autriche, Royaume-Uni, Russie, Naples, Suède) ; l'Autriche accède définitivement à la coalition le 9 août. 16 mai, retour du pape à Rome. 17 mai, un groupe de notables égyptiens obtient la démission du wāli (gouverneur) Ahmad Kurshid Pacha et son remplacement par Méhémet-Ali. 26 mai, en la cathédrale de Milan, Napoléon est couronné roi d’Italie par le cardinal Caprara ; Napoléon, comme à Paris, se couronne lui-même en s’écriant : « Dieu me l’a donnée, gare à qui la touche » qui deviendra la devise de l’Ordre de la Couronne de Fer créé par l'empereur le 5 juin ; l’empereur nomme son beau-fils, le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie. 31 mai au 2 juin, bataille du Rocher du Diamant : siège et de la prise par une force franco-espagnole de l'île appelée Rocher du Diamant, située à l'entrée de la baie de Fort-de-France, qui était occupée depuis plus d'un an par les forces britanniques. 4 juin, Traité de Tripoli : le pacha de Tripoli renonce à percevoir un tribut des États-Unis, mais les actes de piraterie continuent. 6 juin (17 prairial), Gênes est rattaché à l’Empire français (République ligurienne). L’empereur fait vacciner ses armées contre la variole. 4 juillet, le District de la Louisiane est organisé et devient le Territoire de Louisiane. 22 juillet, Bataille du cap Finisterre ou bataille des Quinze-Vingt au large de la Galice (Espagne) : la flotte britannique bien que nettement inférieure en nombre empêche la flotte franco-espagnole d'entrer dans la Manche. 9 août, l’Autriche rejoint l’Angleterre, la Russie, la Suède et Naples dans la 3ème Coalition antifrançaise. 24 août, Napoléon abandonne l'idée d'envahir le Royaume-Uni. 27 août, Napoléon Ier quitte le camp de Boulogne avec la Grande Armée et se dirige à marches forcées vers l'Autriche. 29 août, institution des Conseils de révision et organisation du remplacement (les mobilisés peuvent payer des remplaçants). A Alger, pogrom contre les Juifs après une famine (ils s’exilent vers Tunis et Livourne en Italie). Deux mille esclaves africains meurt de soif sur la route de Teghazza à Tombouctou. 11 octobre, les Français battent les Autrichiens à la Bataille de Haslach-Jungingen. 14 octobre, Bataille d'Elchingen : les troupes françaises triomphent sur les forces autrichiennes. 14 octobre, combat de Memmingen : victoire française et capitulation autrichienne. 15 au 20 octobre, à Ulm (Allemagne), l’armée autrichienne (40 000 hommes) capitule et se rend aux troupes françaises. 17 octobre, victoire des français contre les autrichiens au combat de Neresheim. 21 octobre, à Trafalgar, les 27 navires de l’amiral anglais Horatio Nelson (de la loge Union Lodge York 331), qui meurt atteint par un éclat d’obus, détruisent la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral Villeneuve (18 vaisseaux sur 33 sont coulés ; Villeneuve est fait prisonnier) : 3 400 français, 1 000 espagnols et 450 anglais ont péri. 5 novembre, à Amstetten (Autriche), les maréchaux Murat et Lannes vainquent les troupes austro-russes. 7 novembre, Lewis et Clark atteignent le Pacifique. 11 novembre, bataille de Dürenstein (Autriche) : les troupes françaises vainquent les forces russes. 13 novembre, Pie VII menace Napoléon d’une rupture diplomatique. 13 novembre, Napoléon et Masséna entrent dans Vienne ; l’empereur François II de Habsbourg s’est réfugié auprès du tsar Alexandre Ier de Russie. 2 décembre, Bataille d’Austerlitz dite Bataille des trois empereurs : Napoléon fait reculer volontairement et ostensiblement plusieurs dizaines de milliers de ses hommes de son aile droite devant Koutouzov, trompant ainsi les forces autro-russes de François II d’Autriche et du tsar Alexandre Ier, qui, se présentant de flanc, perdent 30 000 soldats (contre 7 000 chez les Français). 10 décembre, en Allemagne, dans le cadre des traités de Brünn signés entre Napoléon et les électeurs de Bade, Bavière et Wurtemberg, ces territoires sont érigés en royaumes. 11 décembre, à Rome, Paolo Salvati est pendu et écartelé pour avoir volé un courrier du pape. 15 décembre, Napoléon signe le décret de création des maisons d'éducation de la Légion d'honneur. 16 décembre, Traité de Schönbrunn : la Prusse, restée neutre, obtient le Hanovre mais abandonne Clèves sur le Rhin et Neuchâtel en Suisse. 26 décembre, signature de la Paix de Presbourg entre l’Autriche et la France ; une clause secrète stipule que l'empereur autrichien, François II, renonce à son titre d'empereur du Saint Empire romain germanique ; fondation du Royaume de Bavière qui entre dans la Confédération du Rhin. 27 décembre, Napoléon détrône les Bourbons de Naples : il nomme son frère Joseph roi de Naples le 30 mars suivant et lui donne les forces nécessaires pour conquérir son royaume. 30 décembre, le Tribunat propose à l’empereur qu’il se fasse appeler Le Grand : Napoléon accepte et devient Napoléon le Grand. 31 décembre (10 nivôse an XIV), fin du calendrier révolutionnaire, retour au calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806.

1806. 8 janvier, défaite hollandaise à la Bataille de Blaauwberg, près du Cap, en Afrique du Sud ; le 18, avec la capitulation du général Jan Willem Janssens, Le Cap devient définitivement une colonie britannique. 6 février, bataille navale de San Domingo (Hispaniola) : l'escadre britannique vainc l'escadre française. 13 février, Napoléon rompt avec Pie VII qui a émis des réserves sur le Catéchisme impérial (qui sera proclamé le 4 avril et qui fait de Napoléon Ier le ministre de Dieu sur Terre) dans lequel on apprend qu’il faut révérer, aimer l’Empereur, lui obéir et considérer en lui l’image de Dieu et le dépositaire de sa puissance sur terre. 15 février, l'armée française occupe Naples. 15 février, signature du Traité de Paris entre la France et la Prusse qui est contrainte d'accepter la fermeture de ses ports aux marchandises anglaises : l'Angleterre déclare la guerre à la Prusse. 19 février, décret faisant du 15 août, anniversaire de la naissance de l'empereur, une fête nationale sous le nom de Saint-Napoléon 6. 26 février, début des travaux de l'arc de triomphe de l'Etoile commandé par Napoléon Ier en honneur de la Grande Armée. 13 mars, Bataille navale du Cap-Vert : victoire britannique sur les Français. 18 mars, loi (complétée par le décret du 3 juillet) prévoyant l’établissement d’un Conseil de prud’hommes dans les villes de fabriques où le gouvernement le jugera convenable : le premier conseil de prud’hommes est créé à Lyon. 30 mars, par décret impérial, Napoléon nomme son frère Joseph roi de Naples ("Je ne puis plus avoir de parents dans l’obscurité. Ceux qui ne s’élèveront pas avec moi ne seront plus de ma famille") : Joseph entre à Naples le 11 mai. 10 mai, décret créant l’Université impériale ; l’Université napoléonienne était déjà esquissée dans la loi consulaire du 1er mai 1802 (2 floréal an X) ; elle prendra sa forme dans le décret du 17 mars 1808 qui précisera son organisation administrative, le statut de son personnel et les règles de son fonctionnement pédagogique ; le décret du 15 novembre 1811 renforcera le monopole de l’Université et fixera le statut disciplinaire des membres de l’Université. 30 mai, Andrew Jackson (futur 7ème président des Etats Unis investi le 4 mars 1829) tue un homme en duel, Charles Dickinson, qui avait publié dans un journal local un article le traitant de poltron et de couard ; il reçoit une balle dans la poitrine, près du cœur, qu'il gardera jusqu'à sa mort. 5 juin, la République batave, dissoute par Napoléon Ier, devient le Royaume de Hollande : Louis Bonaparte est proclamé roi de Hollande ; adjoint au Grand maître du Grand Orient, il est remplacé par Cambacérès. Le 17 juin, Napoléon obtient la démission du cardinal Consalvi. 25 juin, débarquement britannique au Rio de la Plata. 12 juillet, signature du traité de la Confédération du Rhin qui marque la fin du Saint-Empire romain germanique. 15 juillet au 1er juillet 1807, expédition Pike afin d'explorer le sud et l'ouest des nouveaux territoires achetés à la France lors de la vente de la Louisiane. En août, décret rendant obligatoire dans l’Empire le Catéchisme approuvé par le légat du pape Caprara. 6 août, François II, vaincu à Ulm et à Austerlitz l’année précédente, renonce à son titre d’empereur germanique sous la pression de Napoléon (ultimatum du 1er août) qui crée la Confédération du Rhin : Fin du Saint Empire Romain Germanique fondé par Otton Ier en 962. 12 août, le cardinal Jean-Baptiste de Belloy, légat du pape et inventeur de la cafetière, approuve le Catéchisme impérial. 15 août, à Paris, Napoléon Ier pose la première pierre de l’Arc de Triomphe. 31 août, le pape se refuse à toute négociation et fait préparer une bulle condamnant tout le mal qui règne en France et en Italie, contrairement à la doctrine et aux bonnes coutumes (la victoire d’Iéna empêchera la promulgation de la bulle). 1er octobre, l’Angleterre, la Prusse, la Suède et la Russie forment la Quatrième coalition. 7 octobre, l'ingénieur anglais Ralph Wedgwood dépose un brevet pour son Stylographic Writer (papier carbone). 8 octobre, les Britanniques utilisent des fusées Congreve contre la ville de Boulogne ; les fusées de William Congreve seront d'un grand effet à la Bataille de Leipzig, à la Bataille de Waterloo et lors du Bombardement d'Alger par Lord Mouth (1816). 9 octobre, Batailles de Saalbourg et de Schleiz : les forces françaises battent les coalisés prusso-saxons. 10 octobre, à la Bataille de Saalfeld, victoire française sur une coalition de la Prusse et la Saxe. 12 octobre, à Jérusalem, Chateaubriand est adoubé Chevalier de l’Ordre du Saint Sépulcre de Jérusalem 2. 14 octobre, à Auerstedt, Davout bat les Prussiens commandés par Brunswick qui est tué. 14 octobre, à Iéna, Napoléon bat les Prussiens commandés par le prince de Hohenlohe ; le soir de la Bataille d’Iéna, Hegel (1770-1831) termine sa Phénoménologie de l’esprit (Hegel distingue les notions d’existence et de vie ; l’existence est la conscience de la vie, c’est-à-dire la vie plus la conscience de la mort ; la vie est la vie organique ; l’existence est le propre de l’homme). 17 octobre, combat de Halle (Saxe) : les Français l'emportent sur les Prussiens. 22 octobre au 11 novembre, siège et prise de Magdebourg : les Français capturent une forte garnison prussienne. 27 octobre, Napoléon entre à Berlin. 29 et 30 octobre, le lieutenant-général Friedrich von Romberg rend la forteresse et la garnison prussienne de Stettin aux Français. 6 et 7 novembre, bataille de Lübeck : les Français battent les Prussiens. 21 novembre, à Berlin, Napoléon interdit par décret de recevoir tout navire ayant eu contact avec un port anglais (blocus continental). 28 novembre, les troupes de Murat entrent à Varsovie. 10 décembre, création du Grand Sanhédrin, institution officielle de la communauté juive ; il sera établi une synagogue et un consistoire israélite dans chaque département renfermant deux mille individus professant la religion de Moïse. 12 décembre, le Serbe Karageorges s'empare de Belgrade. 18 décembre, Napoléon arrive à Varsovie où il reçoit un accueil empressé des aristocrates. 26 décembre, bataille de Golymin (Pologne) entre les troupes françaises et les troupes russes, lesquelles, malgré leur infériorité numérique, parviennent à se désengager. 26 décembre, seconde bataille de Pułtusk en Pologne : malgré leur forte supériorité numérique et leur artillerie, les 50 000 Russes doivent se retirer le jour suivant en ayant subi de plus lourdes pertes que les 24 000 Français. Jean-Nicolas Corvisart, médecin : Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux.

1806-1809. En Prusse, en Pologne et en Autriche, le typhus accompagne les soldats.

1807. 28 Janvier, à Londres (Pall Mall) : premier éclairage public au gaz. 31 janvier, le Suisse François Isaac de Rivaz dépose le brevet du moteur à explosion ou moteur à combustion interne ; conçu des 1678 par Christiaan Huygens, le moteur à explosion ne pourra véritablement être exploité qu’après l’invention théorique du cycle à quatre temps par le Français Beau de Rochas en 1862. 8 février, Bataille d’Eylau, près de Königsberg en Prusse Orientale : 55 000 Français épuisés par 11 jours de marche dans la neige font face à 60 000 Russes et Prussiens (le maréchal Augereau, exténué, se fait lier sur son cheval pour mener la charge ; il mourra en 1816, rallié aux Bourbons) ; des deux côtés les pertes sont énormes (il faut 8 jours pour évacuer les morts et les blessés ; l’empereur, resté sur place, refuse qu’un Te Deum soit chanté pour la victoire ; il écrira le 12 : « un père qui perd ses enfants ne goûte aucun charme à la victoire »). 15 février, l'Américain Benjamin Chew Tilgham invente le procédé de nettoyage par jet de sable. 16 février, Bataille d'Ostrolenka (Pologne) : victoire française sur les troupes russes du général Essen. 2 mars, aux États-Unis, interdiction de l'importation d'esclaves, sans abolition de l'esclavage ; la loi ne sera pas appliquée. 19 mars au 2 mai, Siège de Dantzig (actuelle Gdańsk) : l'armée française obtient la reddition des assiégés prussiens et russes. 25 mars, Acte de Plymouth : le Parlement britannique déclare illégal le trafic des esclaves (abolition de la traite atlantique) ; le commerce des esclaves est interdit aux sujets britanniques et dans l'Empire britannique. 26 mars, création de l'Arme du Train par l'empereur Napoléon Ier. 4 au 12 avril, Mutinerie du régiment Froberg : un régiment de soldats britanniques, mécontents de leurs conditions de recrutement, se rebelle et occupe le fort Ricasoli à Malte ; après l'écrasement de la rébellion, les meneurs seront exécutés par l'occupant britannique. 4 mai, Traité de Finkenstein conclu entre la Perse et la France au château de Finckenstein en Prusse-Occidentale. 12 mai, Anne-Marie Javouhey fonde les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. 29 mai, déposition du sultan ottoman Sélim III ; Moustapha IV lui succède. 10 juin, Bataille d'Heilsberg (Prusse orientale) : victoire de Napoléon Ier sur l'armée russe. 14 juin, à Friedland (Prusse orientale), Napoléon bat les Russes. 22 juin, au large de Norfolk (Virginie), victoire navale britannique sur la frégate américaine USS Chesapeake. 25 juin, sur le Niémen, Alexandre Ier rencontre Napoléon. 7 juillet, Traité de Tilsit entre la France et la Russie (accepté par la Prusse le 9) : la Russie s’engage à persuader les Britanniques de restituer à la France les colonies qu’elle occupe ; elle s’empare de la Finlande et de la Suède et se partage l’Empire ottoman avec Napoléon : la Prusse est réduite de moitié, la Westphalie devient un royaume ; Napoléon fonde le grand-duché de Varsovie avec des provinces enlevées à la Prusse (Mazovie, Cujavie, Posnanie) ; Frédéric-Auguste Ier de Saxe, allié fidèle de Napoléon, devient duc de Varsovie ; Dantzig devient une ville libre. Napoléon exige plus de cardinaux français et veut que le pape étende à l’Italie et à l’Allemagne les dispositions concordataires : Pie VII refuse. 16 août, Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon, devient roi de Westphalie (reçu louveteau à 17 ans, à la loge La Paix de Toulon, il est Grand Maître de la Grande Mère Loge de Westphalie depuis 1801). 16 août, à Londres, utilisation pour la première fois du gaz d’éclairage dans les rues : le gaz d’éclairage, obtenu par la distillation du bois, a été inventé en 1799 par le chimiste français Philippe Lebon ; l’industriel écossais William Murdoch s’en sert pour l’éclairage urbain. 18 août, le premier bateau à vapeur, le Clermont, mis au point par Robert Fulton, effectue son premier trajet, de New York à Albany, en empruntant l’Hudson (une trentaine d’heures). 1er septembre, l'amiral britannique John James Gambier commence à bombarder Copenhague. Rappelé en septembre par Frédéric-Guillaume III, le baron vom Stein, poursuit son œuvre de réformes contribuant à la modernisation de l’État prussien ; le système des castes et le servage sont abolis. 15 septembre, organisation du Cadastre général. 16 septembre, décret impérial créant la Cour des comptes. 20 septembre, promulgation du Code du commerce. 27 octobre, Traité de Fontainebleau sur l'occupation du Portugal signée entre la France et l'Espagne. 29 novembre, le prince-régent Jean VI de Portugal s'embarque de Lisbonne vers le Brésil avec la famille royale et la cour et y transfère le siège du royaume. 30 novembre, Junot et ses 25 000 soldats français entrent à Lisbonne (le Portugal s’étant refusé à appliquer les règles du blocus contre les Anglais). 17 décembre, par le Décret de Milan, Napoléon renforce le blocus continental. 22 décembre, face aux agressions britanniques sur les navires américains, le président Thomas Jefferson fait voter l'Embargo Act : aucun bateau étranger ne peut entrer ni sortir des ports américains. 28 décembre, Pierre-Joseph Triest fonde les Frères de la Charité de Gand.

1808. 1er janvier, les États-Unis interdisent l'importation d'esclaves (la loi n'est pas appliquée). 2 février, les troupes françaises du général Miollis occupent Rome et une partie des territoires pontificaux ; le pape, enfermé dans le Quirinal, refuse de donner l’investiture aux évêques nommés par Napoléon. 16 février, l’armée de Napoléon entre en Espagne ; le 20, Joachim Murat est nommé lieutenant-général de l’Empereur en Espagne. 21 février, les forces de Frédéric de Buxhoeveden, général de division dans l'armée russe, prennent Hämeenlinna en Finlande sans déclaration de guerre, déclenchant la Guerre de Finlande. 1er mars, un sénatus-consulte crée la noblesse impériale, seule noblesse légale, et définit la hiérarchie des divers titres : duc, comte, baron et chevalier (chaque fonction civile correspond à une dignité nobiliaire : les maires et les évêques sont barons, les ministres comtes, etc.). 3 mars, l'armée de Murat occupe Madrid. 17 mars, organisation de l’Université, des facultés, des académies et création du baccalauréat. 17 mars, décret en faveur des Frères des Ecoles chrétiennes. 17 mars, décret impérial : le règlement délibéré dans l'assemblée générale des Juifs, tenue à Paris le 10 décembre 1806, sera exécuté et annexé au présent décret ; création du Consistoire central israélite de France composé de trois rabbins et de deux autres Israélites ; la vie privée ou professionnelle des Juifs est soumise à une série d'autorisations. Nuit du 17 au 18 mars, en Espagne, conjuration d’Aranjuez : les conjurés, favorables au prince Ferdinand soutenu par Napoléon, mettent à sac le palais de Godoy, le président du Conseil d’Etat. 19 mars, le roi Charles IV signe la destitution de Godoy et abdique en faveur de son fils Ferdinand proclamé roi sous le nom de Ferdinand VII. 23 mars, Murat et son armée entrent à Madrid. 24 mars, pose de la première pierre de la Bourse de Paris ; épuration de la magistrature. 21 avril, bataille de Landshut (Bavière) : victoire des armées alliées de France, de Wurtemberg (8e corps) et de Bavière (7e corps) sur les Autrichiens. 2 mai (Dos de Mayo) et 3 mai (Tres de Mayo), Emeutes à Madrid : la répression de Murat est terrible ; les soldats français exécutent leurs prisonniers espagnols ; les Espagnols (soutenus par les Anglais) inventent la guérilla. 5 et 6 mai, entrevue de Bayonne entre Napoléon et les souverains espagnols : Charles IV et Ferdinand VII abdiquent en faveur de Napoléon. 22 mai, le pape lance une circulaire interdisant aux Espagnols de prêter serment à un gouvernement protecteur de toutes les sectes et de tous les cultes sans en excepter la religion juive, cette implacable ennemie de Jésus-Christ, un gouvernement dont les constitutions, les lois et les actes respirent l’indifférentisme, le système le plus injurieux, le plus opposé à la religion catholique. 28 mai, début de l'expédition de Simon Fraser vers le Pacifique par la rivière qui portera son nom. 6 juin, Napoléon nomme son frère Joseph Bonaparte, roi d’Espagne et des Indes Occidentales : une junte repliée à Séville déclare la guerre à la France ; le 30 juin, un cardinal espagnol résidant à Rome écrit à l’archevêque de Grenade pour l’exhorter à la lutte contre ce roi Joseph qui est un franc-maçon, hérétique, luthérien, comme sont tous les Bonaparte et la nation française. 6 juin, en Corse, le général Morand déporte des villageois issus de plusieurs villages du Fium'Orbu, hommes et enfants âgés de 15 à 80 ans : "Les éleveurs s'étaient fédérés pour venir faire part de leurs doléances et de leur mécontentement au gouverneur qui se trouvait à Isulacciu. Ils reçurent une fin de non-recevoir, ce qui entraîna une colère parmi les bergers qui tirèrent sur les murs de la gendarmerie de Prunelli. Morand ne l'accepta pas et envoya des troupes à Isulacciu. Tous les hommes du village furent convoqués et passèrent devant un tribunal improvisé et tous furent condamnés arbitrairement. Cent cinquante-huit d'entre eux sont déportés au fort d'Embrun, certains sont fusillés en Corse. Les conditions d'incarcération étaient difficiles. Après un an de geôle, seules 35 personnes ont survécu. Morand s'était fait un point d'honneur de ne pas les laisser revenir en Corse. Tous sont finalement morts hors de Corse" (Sampiero Mari, universitaire). 24 juin, autorisé par Napoléon, Raymond de Fabré-Palaprat, un illuminé, reconstitue l’ordre du Temple. 30 juin, Louis-Philippe d’Orléans, banni de France par Napoléon Ier, débarque à Palerme où il épousera en 1809 Marie-Amélie de Bourbon. 2 juillet, Simon Fraser atteint l'Océan Pacifique, près de New Westminster, après avoir descendu le fleuve qui porte aujourd'hui son nom. 15 juillet, Joachim Murat abandonne le duché de Berg et de Clève pour devenir roi de Naples le 1er août (il succède à Joseph Bonaparte par décret) : il entre dans la ville le 6 septembre. 20 juillet, à Bayonne, un décret impérial prévoit que dans les trois mois, tous les Juifs de France sont tenus de changer de prénom et de nom de famille : « Ne seront point admis comme nom de famille aucun nom tiré de l'Ancien Testament (…) Pourront être pris comme prénoms ceux autorisés par la loi du 11 Germinal an XI » (article 3 ) ; Il revient aux Consistoires (article 4), de « faire connaître à l'autorité si les Juifs ont individuellement rempli les conditions prescrites », si ce n'est pas le cas, « ils seront renvoyés du territoire de l'Empire » ; l'article 5 déclare que « seront exceptés… les Juifs… lorsqu'ils auront des noms et prénoms connus et qu'ils ont constamment portés, encore que lesdits noms et prénoms soient tirés de l'Ancien Testament ou des villes qu'ils ont habitées ». 22 juillet, à Bailén (Andalousie), encerclées par les 17 000 patriotes espagnols du général Castanos depuis 3 jours, les troupes napoléoniennes de Dupont capitulent ; Joseph quittera Madrid le 30. 28 juillet, Napoléon Bonaparte, en visite à Montauban, décide de faire de cette ville le chef-lieu du département de Tarn-et-Garonne. 31 juillet, débarquement anglais au Portugal. 15 août, décret de Napoléon Ier sur l'éducation prévoyant, dans son article 38, que les écoles doivent désormais suivre les principes de l'Église catholique et dans son article 109 que les Frères des écoles chrétiennes s'occupent de l'enseignement primaire et forment les instituteurs. 21 août, bataille de Vimeiro au Portugal : les Français de Junot battent en retraite devant les Anglo-Portugais. 30 août, capitulation de Junot à Cintra (Portugal). 27 septembre au 14 octobre, Entrevue d’Erfurt (Allemagne) : Napoléon Ier et le tsar Alexandre Ier se partagent l’Europe le 12 octobre ; à Napoléon l’Espagne, à Alexandre, la Finlande, la Moldavie et la Valachie ; la France reconnaît l’indépendance de la Serbie ; le tsar ne tiendra pas ses promesses. 2 octobre, en Allemagne, Goethe accepte la légion d’honneur de Napoléon. 4 au 17 octobre, prise de Capri par le général Jean Maximilien Lamarque. 10 novembre, bataille de Burgos ou de Gamonal (Espagne) : l'armée française vainc les forces espagnoles. 14 novembre, invention de la cellophane par l'ingénieur chimiste suisse Jacques Brandenberger. 15 novembre, mort de Moustafa IV sultan de l'Empire ottoman : son demi-frère Mahmoud II lui succède. 17 novembre, décret promulguant le code d'instruction criminelle. 21 novembre, création du département de Tarn-et-Garonne. 23 novembre, bataille de Tudela en Espagne : victoire écrasante des Français sur les Espagnols. 30 novembre, bataille de Somosierra au nord de Madrid : l'armée espagnole est battue par les troupes franco-polonaises, Napoléon prend Madrid. 2 décembre, décrets de Chamartin (Espagne) : Napoléon, en Espagne depuis le 5 novembre, abolit les droits féodaux, supprime le tribunal de l'Inquisition, sécularise et met en vente les biens des monastères. 4 décembre, Napoléon conquiert Madrid (qui se rend) après sa brillante victoire à Somosierra (30 novembre) : Joseph est remis sur le trône. 20 décembre au 21 février 1809, Second siège de Saragosse qui doit se rendre à l'armée française. 21 décembre, victoire de la cavalerie britannique à la Bataille de Sahagún. 24 décembre, recréation des chambres de commerce, supprimées par l'Assemblée constituante le 27 septembre 1791, dans 23 villes françaises. 29 décembre, victoire britannique à la Bataille de Benavente ; malgré ce succès, la retraite de l'armée britannique se poursuit toujours. Charles Fourier, philosophe français, pose les bases de sa société communautaire : Théorie des quatre mouvements et des destinées générales.

1809. 5 janvier, Traité des Dardanelles : paix entre le Royaume-Uni et l'Empire ottoman. 6 janvier, par le traité de Constantinople, la Turquie accepte l'anexion de la Crimée et du Kouban par la Russie. 16 janvier, bataille de La Corogne ou d'Elviña : victoire française et retraite britannique. 20 février, la Cour suprême des États-Unis institue la primauté du pouvoir fédéral sur celui des États. 21 février, capitulation de Saragosse face aux forces napoléoniennes. 23 février, capitulation du général Villaret-Joyeuse assiégé par les Anglais à fort Desaix en Martinique. 13 mars, en Suède, un groupe d'officiers mené par Carl Johan Adlercreutz procède à un coup d'État sans violence qui aboutit à la déposition de Gustave IV qui abdique formellement le 29 mars ; son fils est déchu de son titre d'héritier du trône ; son oncle, le duc de Södermanland, est proclamé roi de Suède sous le nom de Charles XIII. 28 mars, Bataille de Medellín (Espagne) : les troupes françaises vainquent les Espagnols. 29 mars, la Diète de Porvoo (Finlande) prête allégeance à Alexandre Ier, créant ainsi le Grand-duché de Finlande. 30 mars, par le Labrador Act, le Labrador devient une possession de Terre-Neuve. 9 avril, reprise des hostilités entre la France et l’Autriche ; début de la cinquième Coalition : Royaume-Uni, Autriche, Espagne et Portugal. 10 avril, les troupes autrichiennes envahissent la Bavière. 11 avril, Bataille de l'île d'Aix : bataille navale entre les Français et les Britanniques qui la remportent. 16 avril, victoire de Jean-Baptiste d'Autriche sur Eugène de Beauharnais à la Bataille de Sacile (Frioul-Vénétie julienne). 19 avril, Bataille de Tann : les troupes française de Louis Nicolas Davout battent les Autrichiens. 19 avril, Bataille de Raszyn : les Polonais de Joseph-Antoine Poniatowski vainquent les Autrichiens. 19 au 23 avril, en Bavière, Victoires françaises contre l'Autriche à Teugen-Hausen (19 avril), Abensberg (20 avril), Landshut (21 avril), Eckmühl (22 avril) et Ratisbonne (23 avril). 25 avril, en Inde, Traité d'amitié perpétuelle d'Amritsar entre le chef des Sikhs Ranjit Singh et les Britanniques. 12 mai, après la reprise de Porto par les Anglais, Soult est contraint d’abandonner le Portugal. 13 mai, les Français prennent Vienne. 17 mai, au château de Schönbrunn, entre deux combats, Napoléon prononce l’annexion des Etats pontificaux qu’il transforme en deux départements : Rome et Trasimène ; Rome est la deuxième ville de l’Empire ; le pape reçoit une dotation et des indemnités pour les immeubles et les terres (2 millions de revenu). 22 mai, victoire tactique de Charles-Louis d'Autriche sur Napoléon Bonaparte à la Bataille d'Essling. 6 juin, début du règne du roi Charles XIII de Suède. Nuit du 10 au 11 juin, le pape fait afficher la bulle Quum memoranda datée du 10 qui excommunie les usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants de l’annexion des Etats pontificaux, sans citer nommément l’empereur Napoléon Ier ; une association secrète, les Chevaliers de la Foi, diffuse la bulle d’excommunication ; Napoléon s'écrie au sujet du pape : "C'est un fou furieux qu'il faut faire enfermer !". Dans la nuit du 5 au 6 juillet, au Quirinal, Pie VII, qui refuse de lever sa bulle d’excommunication du 10 juin ("Nec volumus, nec possumus, nec debemus" = Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas !), est arrêté avec son secrétaire d’Etat, le cardinal Pacca, par le général de gendarmerie Radet qui les fait monter dans une berline ; après un voyage très éprouvant de 41 jours, qui le fait passer par Florence, Grenoble, Valence, Avignon, Aix et Nice, Pie VII arrive, le 16 août, à Savone, près de Gênes, où il ne veut pas faire le pape : il refuse de toucher sa dotation et de donner l’investiture canonique aux évêques nommés par l’empereur ; il refuse également d'annuler le mariage de Napoléon avec Joséphine ; en 1810, il refusera aussi d'approuver son remariage avec Marie-Louise. 5 et 6 juillet, après des combats meurtriers, Napoléon vainc, in extremis, les Autrichiens à Wagram, près de Vienne (80 000 morts et disparus). Napoléon dissout l’ordre des Chevaliers Teutoniques (qui se maintient en Autriche). 14 juillet, mort de Nicodème l’Hagiorite, rénovateur de la tradition hésychaste dans la spiritualité orthodoxe. Napoléon exige que les cardinaux du Sacré Collège résident à Paris et leur alloue une pension annuelle de 30 000 F (seulement 4 refusent). 16 juillet, proclamation de l'indépendance du Haut-Pérou. 16 juillet, révolution de La Paz : soulèvement dans la ville de La Paz (vice-royauté du Río de la Plata) ; les troupes espagnoles viennent facilement à bout des milices révolutionnaires mal équipées ; les principaux meneurs, dont Pedro Domingo Murillo, figure de héros national bolivien, sont envoyés à la potence. 10 août, en Equateur, Déclaration de Quito : une junte proclame l’Indépendance (fête nationale), mais elle ne parvient à conserver le pouvoir que 24 jours (les généraux rebelles seront exécutés l’année suivante). 26 août, le pape refuse l'investiture canonique aux évêques français. 7 septembre, mort du roi du Siam (ancien nom de la Thaïlande), Rama Ier le Grand : son fils, Rama II (Phra Buddha Loetla Nabhalai), lui succède et poursuit la politique expansionniste de son père. 14 octobre, en Autriche, l’empereur François Ier signe la Paix de Vienne ou le Traité de Schönbrunn ; la moitié de la Croatie, cédée à la France, devient les Provinces Illyriennes. 19 novembre, bataille d'Ocaña (Espagne) : victoire des Français sur les Espagnols. 28 novembre, bataille d'Alba de Tormes : les forces françaises de Vieille-Castille infligent à l'armée d’Estremadure une sévère défaite. 15 décembre, le Sénat adopte le sénatus-consulte annulant le mariage civil de Bonaparte et Joséphine. Jean-Baptiste de Lamarck : Philosophie zoologique. François-René de Chateaubriand commence à écrire Les Mémoires d'outre-tombe (achevées en 1841) sous le titre Mémoires de ma vie.

1810. Création par Ferdinand de Bertier de Sauvigny de l’Ordre des Chevaliers de la Foi, société secrète royaliste (dissoute en 1826). 10 janvier, le mariage religieux de Napoléon est annulé par l’officialité métropolitaine de Paris. 29 janvier, en Espagne, la Junta Central quitte le pouvoir. 1er février, le maréchal Soult s'empare de Séville. 4 février, Alexandre Ier de Russie refuse à Napoléon la main de sa sœur Anna, âgée de quinze ans. 5 février, par décret, Napoléon rétablit la censure de la presse et règlemente l'imprimerie et la librairie. 5 février au 24 août, siège de Cadix par l'armée française qui détruit ses canons et se retire, poursuivie par les Espagnols. 17 février, les États pontificaux sont annexés à l'Empire et transformés en deux départements. 1er avril, à Saint-Cloud, mariage civil de Napoléon et de Marie-Louise d’Autriche (un mariage civil par procuration a été célébré à Vienne en Autriche le 11 mars). 2 avril, salon carré du palais du Louvre, Napoléon épouse religieusement Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, fille de l’empereur François Ier d’Autriche qu’il a épousé civilement la veille (sur 27 cardinaux, 16 sont absents dont 3 excusés). 3 avril, Napoléon refuse de recevoir les cardinaux absents et non excusés (les 13 cardinaux noirs). 4 avril, Napoléon fait confisquer les biens des cardinaux noirs (car obligés de se vêtir de noir puisqu’il leur est interdit de porter la pourpre), leur pension est supprimée. A Rome, création de l’Adoration nocturne. En Chine, interdiction de la prédication chrétienne. 1er mai, le gouverneur du Canada, Craig, recommande au parlement britannique que soit suspendue la constitution et que soient réunis le Bas-Canada et le Haut-Canada. 25 mai, fin de la Révolution de Mai (fête nationale : Jour de la Révolution) qui mène à l'indépendance de l'Argentine ; le vice-roi de la Plata, Baltasar Hidalgo de Cisneros, est déposé et chassé par une junte militaire imposée par les partisans de l'indépendance. Mai/juin, publication par Nicolas Appert de sa technique de conservation des aliments par appertisation ; en août, en utilisant pour la première fois des boîtes en fer-blanc (boîtes de conserve), Peter Durand appliquera au Royaume-Uni cette méthode. 3 juin, Fouché est démis de ses fonctions de ministre de la police : Savary le remplace. 3 juin, promulgation du Code pénal. 10 juin, par arrêté de police, les cardinaux noirs sont dispersés dans des villes éloignées ; Napoléon veut installer les évêques nommés par lui sans l’institution canonique du pape, le chapitre de Paris s’y refuse, l’empereur fait emprisonner l’abbé d’Astros. Création du Conseil américain des missions. 1er juillet, Louis Bonaparte, roi de Hollande, en désaccord avec Napoléon, abdique en faveur de son fils Napoléon Louis Bonaparte (futur Napoléon III) : le 2, il s’enfuit en Autriche (il vivra en Allemagne, en Suisse, puis à Rome en 1814 et enfin à Florence). Nuit du 1er au 2 juillet, incendie de l'ambassade d'Autriche à Paris, au cours d'un grand bal donné par le prince de Schwarzenberg, ambassadeur d'Autriche en France, pour célébrer le mariage de l'Empereur, faisant de nombreuses victimes. 8 juillet, prise de l'île Bonaparte : début de l'occupation britannique de La Réunion. 9 juillet, réunion du royaume de Hollande à l’Empire : les Pays-Bas sont divisés en 7 départements. 20 juillet, indépendance de la Colombie (fête nationale). 15 août, inauguration de la colonne Vendôme. 20 au 27 août, bataille navale de Grand Port (Île-de-France aujourd'hui île Maurice) : victoire de l'escadre française sur l'escadre britannique. 21 août, le roi Charles XIII de Suède n’ayant pas d’enfant, le maréchal Charles Jean-Baptiste Bernadotte, duc de Ponte-Corvo et beau-frère de Napoléon, est choisi par le parlement suédois comme prince héritier sous le nom de Carl Johan (Bernadotte régnera en 1818 sous le nom de Charles XIV). Nuit du 15 au 16 septembre, au Mexique, Miguel Hidalgo y Costilla, curé de Dolorès, appelle ses paroissiens à la messe, les invite à prendre les armes contre le gouvernement espagnol (Grito de Dolores = Cri de Dolores) et proclame l’indépendance (Hidalgo sera fusillé et décapité le 30 juillet 1811 à Chihuahua) : fête nationale. 18 septembre, le Chili organise son premier gouvernement national et celui-ci commence immédiatement à fonctionner de façon autonome (fête nationale). 27 septembre, Bataille de Buçaco : victoire des coalisés anglo-portugais sur les Français dans leur tentative de conquête du Portugal. 17 octobre, à Munich, 1ère Fête d'Octobre (Oktoberfest) ou fête de la bière, après le mariage de Louis Ier de Bavière le 12. 17 novembre, la Suède déclare la guerre à l’Angleterre. En hiver, les archives du Vatican (3 239 caisses) et les insignes de la papauté sont transportés à Paris. 3 décembre, les Britanniques s’emparent de l’Ile de France à laquelle les Britanniques redonnent le nom de Mauritius (Maurice). 13 décembre, le littoral de la mer du Nord (dont le duché d'Oldenbourg, le Nord du Hanovre, Brême, Hambourg et Lübeck) est annexé par Napoléon Ier. 31 décembre, le tsar rompt le blocus imposé par Napoléon et impose de nouveaux droits de douane sur les produits français. 31 décembre, les Anglais occupent la Guadeloupe.

1811. 1er janvier, mise en application du Code d’instruction criminelle et du Code pénal (promulgué le 28 avril 1810). 8 janvier, près de La Nouvelle-Orléans, dans la plantation du major Andry, révolte de 400 à 500 esclaves, réprimée par l'armée américaine et la milice : 66 esclaves sont tués pendant la bataille et 16 autres jugés et fusillées. 10 janvier, David Thompson traverse les Rocheuses au Col de l'Athabasca. 17 janvier, bataille du pont de Calderón ou de Calderón au Mexique : victoire espagnole sur les insurgés mexicains. 22 janvier, Napoléon annexe Oldenbourg (Allemagne), ce qui mécontente le tsar Alexandre. 5 février, Regency Bill au Royaume-Uni : la régence est attribuée au Prince de Galles, futur George IV, en raison des accès de folie du roi George III. 10 février, l'armée impériale russe rentre dans Belgrade en soutien au Premier Soulèvement serbe. Jean-Baptiste Joseph Fourier, grand mathématicien et physicien et préfet de l'Isère, installe la faculté des sciences de Grenoble. 20 février, François-René de Chateaubriand est élu à l’Académie française ; Napoléon Ier lui interdit de prononcer son discours, un éloge de la Liberté, devant ses pairs. 1er mars, au Caire, Méhémet Ali (ou Muhammad Ali), sultan d’Egypte, nommé vice-roi d’Egypte par Bonaparte en 1804, fait massacrer 470 chefs mamelouks qu’il a invités à la Citadelle ; les Mamelouks survivants se réfugient à Dongola et se mettent à recruter des esclaves noirs. 5 mars, Bataille de Barrosa ou Bataille de Chiclana, près de Cadix, au sud de l'Espagne, opposant le 1er corps d'armée du maréchal Claude-Victor Perrin à un corps expéditionnaire anglo-espagnol : les Britanniques réussissent à mettre en déroute les colonnes françaises, mais l'absence presque totale de soutien de la part des Espagnols empêche de transformer cette victoire en triomphe. 12 mars, Bataille de Redinha au Portugal : victoire française. 17 mars, s’appuyant habilement sur les traditions gallicanes, Jacques André Emery 3, grand vicaire de Paris et membre de la Commission ecclésiastique de l'Église de France, sauve les droits du pape pour la désignation des évêques ; quand, un mois plus tard, épuisé, ce petit prêtre meurt, Napoléon parle de le faire inhumer au Panthéon. 20 mars, naissance à Paris du fils de Napoléon et de Marie-Louise, Napoléon François Charles Joseph Bonaparte, qui porte le titre de roi de Rome ; il sera baptisé le 9 juin à Notre-Dame ; Napoléon Ier aurait eu 9 enfants naturels de ses nombreuses maîtresses (51 d'après certains historiens). En Chine, mesures contre les missionnaires et les Chinois convertis. 3 mai, Wellington bat Masséna à Fuentes de Onoro. 11 mai, vaccination contre la variole du fils de l'Empereur, âgé de 52 jours. 14 mai, une junte militaire conduite par Fulgencio Yegros proclame l’indépendance du Paraguay (ratifiée par le Congrès deux ans plus tard ; le Jour de l’Indépendance est fêté le 15 mai). 16 mai, bataille d'Albuera (Espagne) : les alliés britanniques, espagnols et portugais repoussent l'armée du maréchal Soult. 18 mai, Bataille de Las Piedras en Uruguay : les forces indépendantistes menées par le général José Gervasio Artigas battent les Espagnols. 17 juin, Napoléon fait convoquer un concile national (juillet-août) afin que tout évêque puisse être investi indépendamment du pape : les évêques refusent ; Napoléon dissout le concile et fait emprisonner 3 prélats ; Joseph Fesch, demi-frère de Madame Mère et primat des Gaules, qui, obligé de présider le concile national, déclare devoir réserver les droits du pape, est pratiquement disgracié par l’empereur ; Napoléon, qui menace le pape de déposition, envoie à Savone une députation d’évêques afin que Pie VII approuve les décisions du concile, mais le pontife refuse avec la plus grande fermeté. 5 juillet, à Caracas, le Congrès vénézuélien proclame l’indépendance du Venezuela (fête nationale). 30 août, le bey de Tunis, Hammouda Pacha, reçoit l’aide de Napoléon pour réprimer une révolte des Janissaires. 14 septembre, la Prusse abolit le système féodal. 18 septembre, par décret impérial, Napoléon remplace les garde-pompes de la ville de Paris (créés en 1716) par un corps militaire : le Bataillon de Sapeurs-Pompiers de Paris. 11 octobre, le Chili interdit la traite, abolition de l’esclavage graduelle. 25 octobre, Bataille de Sagonte en Espagne : victoire des troupes du maréchal Suchet sur les Espagnols. 7 novembre, Bataille de Tippecanoe entre les Américains commandés par William Henry Harrison, gouverneur du Territoire de l'Indiana et des guerriers amérindiens associés au chef shawnee Tecumseh qui attaquent l'armée d'Harrison ; bien que les attaquants aient pris l'armée d'Harrison par surprise, Harrison et ses hommes tiennent leurs positions pendant plus de deux heures ; les Amérindiens sont finalement repoussés lorsqu'ils viennent à manquer de munitions. 8 novembre, le gouverneur William Henry Harrison pille la ville indienne de Prophet's town, siège de la confédération amérindienne. 2 décembre, le général chilien José Miguel Carrera dissout le Congrès et instaure la dictature. Sir Humphrey Day invente la lampe à arc électrique (perfectionnée ensuite par Foucault et Jablochkoff). Alors qu'il séjourne à Saint-Pétersbourg en tant que diplomate (ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne), le comte Joseph de Maistre (1753-1821) rédige les Quatre chapitres sur la Russie afin de prévenir les élites locales du danger révolutionnaire qui les guette et dans l'espoir de toucher jusqu'au tsar Alexandre Ier.

1812. 2 janvier, bataille de Zitácuaro (Mexique) : les troupes royalistes espagnoles vainquent l'armée rebelle. 8 au 19 janvier, siège de Ciudad Rodrigo (Espagne) : les forces anglo-portugaises du duc de Wellington reprennent la ville à la garnison française. 16 janvier, bataille d'Almagro en Espagne : la cavalerie française vainc l'armée espagnole. 18 janvier, en France, suppression des congrégations religieuses. 22 janvier, bataille de Tenancingo (Mexique) : les insurgés battent les forces royalistes espagnoles. 24 février, Alliance franco-prussienne ; signature d'une Convention militaire franco-prussienne par laquelle la Prusse accorde toutes facilités de stationnement et approvisionnement à la Grande Armée en route vers la Russie, ainsi que l'envoi d'un corps d'armée de vingt mille hommes. 14 mars, Alliance franco-autrichienne ; le 16, l'Autriche accepte de fournir une armée à Napoléon. 19 mars, promulgation de la Constitution espagnole (Constitution de Cadix). 8 avril, le tsar Alexandre Ier de Russie adresse un ultimatum à Napoléon pour qu'il évacue la Prusse et la Poméranie suédoise et retire ses troupes derrière l'Elbe et Oder. 9 avril, Traité russo-suédois : entrevue d'Abo entre le tsar Alexandre Ier de Russie et Bernadotte, qui débouche sur le Traité d'Örebro ; la Russie promet d'attaquer le Danemark. 30 avril, la Louisiane devient le dix-huitième État de l'Union américaine. Révoltes d’esclaves à Porto Rico et à Cuba. 11 mai, assassinat du premier ministre britannique Spencer Perceval par John Bellingham, un agent commercial ruiné par le blocus. 16-27 mai, Napoléon est à Dresde à la tête de 600 000 hommes (dont 300 000 Français). 16 mai, en Espagne, les alliés Britanniques, Espagnols et Portugais repoussent l'armée française du maréchal Soult à la Bataille d'Albuera. 28 mai, Traité de Bucarest : fin de la guerre entre l'Empire ottoman et la Russie (Koutouzov), qui occupe la Bessarabie. 30 mai, Lord Selkirk, noble écossais philanthrope, obtient de la Compagnie de la Baie d'Hudson 116 000 acres de terre en pleine propriété autour de la Rivière Rouge pour créer la colonie d'Assiniboia. 2 juin, Accord secret austro-russe. Napoléon ordonne le transfert secret de Pie VII à Fontainebleau ; départ de Savone le 10 juin ; au mont Cenis le pape Pie VII, malade, reçoit le saint viatique ; arrivée à Fontainebleau le 20 juin. 16 juin, le Royaume-Uni ordonne de cesser d'attaquer les navires des États-Unis. 18 juin, James Madison, président des Etats-Unis, déclare la guerre au Royaume Uni car la marine britannique, qui combat l’Empire napoléonien, entrave le commerce américain ; la paix sera signée en décembre 1814. 24/25 juin, l’armée napoléonienne forte d'environ 450 000 hommes (Français, Belges, Hollandais, Biélorusses, Polonais, Lituaniens, Autrichiens, Italiens, Bavarois, Saxons, Prussiens, Westphaliens, Suisses, Portugais et Croates ; à l'exception des Autrichiens, des Polonais et des Prussiens, les divers contingents sont sous commandement de généraux et de maréchaux français) franchit le Niémen et pénètre en Russie. 28 juin, Napoléon entre à Vilna ; Napoléon accepte l'idée de Tadeusz Matuszewicz (pl) (1765-1819) d'une confédération de la szlachta, qui déclare la restauration du royaume de Pologne, auquel adhère la Lituanie insurgée. En été, en Russie, après le typhus (1806-1809), la dysenterie affaiblit la Grande Armée (un tiers seulement est valide). 12 juillet, le général américain William Hull commande une troupe qui envahit le Canada ; après une escarmouche avec les Amérindiens, il se retire à Détroit. 18 juillet, Traités d'Örebro (Suède) mettant fin à la guerre anglo-russe en même temps qu'à la guerre anglo-suédoise. 22 juillet, Bataille des Arapiles (Battle of Salamanca, Batalha de Salamanca) en Espagne : les forces anglo-portugaises, qui intègrent pour la première fois une division espagnole, vainquent les Français. 25-26 juillet, victoire française sur les Russes à la Bataille d'Ostrovno. 28 juillet, Napoléon entre à Vitebsk. 30 juillet-1er août, victoire russe à la Bataille de Kliastitsy ou de Jakoubowo ; l'offensive d'Oudinot sur Saint-Pétersbourg échoue. 31 juillet, les Espagnols réoccupent la partie orientale de la Vice-Royauté de Nouvelle-Grenade. 5 août, Tecumseh, le chef des Shawnees, défait les Américains à Brownstown. 12 août, le général anglais Wellington occupe Madrid. 12 août, le premier chemin de fer à crémaillère du monde est mis en service en Grande-Bretagne sur la ligne Middleton Steam Railway. 16 août, Reddition de Détroit : les soldats américains, sous le commandement du brigadier-général William Hull, se rendent au major-général britannique Isaac Brock à la tête d'une coalition de miliciens, de réguliers britanniques et de 600 guerriers amérindiens de Tecumseh. 16-17 août, victoire française à la Bataille de Smolensk. 22 août, l'explorateur suisse Johann Ludwig Burckhardt découvre l'ancienne cité de Pétra (Jordanie). 5 au 7 septembre, Bataille de Borodino (Bataille de la Moskova) : les Russes refluent vers Moscou qu'ils abandonnent ensuite. 14 septembre, Napoléon entre dans Moscou qu’il trouve désert. 15 septembre, Moscou est incendié par la police sur ordre du gouverneur, le général Rostopchine, et ce, à l’insu du tsar (qui croit que les Français sont responsables de l’incendie ; l’incendie sera éteint par la pluie le 18). 13 octobre, Campagne du Niagara : victoire britannique décisive sur les Américains à la Bataille de Queenston Heights. 18 au 20 octobre, victoires russes à la Bataille de Winkowo (ou Taroutino) et à la seconde bataille de Polotsk. 19 octobre, Napoléon quitte Moscou en ruines pour se retirer dans les environs de la ville. 20 octobre, Napoléon donne l'ordre de faire sauter le Kremlin le 22 à trois heures du matin. 22 octobre, Napoléon, qui attend en vain les offres de paix du tsar, ordonne de faire mouvement vers le Niémen. 23 octobre, 4 heures du matin, à Paris, le général Claude-François de Malet, qui se présente comme le général Lamotte, remet au général Soulier commandant la Xe cohorte, une lettre que Malet à signée en tant que Général de division commandant en chef la Force armée de Paris et les Troupes de la 1ère Division militaire et dans laquelle il fait état de l’acte du Sénat par lequel il annonce la mort de l’Empereur et l’abolition du Gouvernement impérial et lui présente le faux sénatus-consulte (préparé par Lafon) annonçant la mort de l’empereur tué le 7 octobre d’un coup de feu, à Moscou et l’abolition du Gouvernement impérial, établissant un gouvernement provisoire (composé, entre autres, de Carnot, Garat, Volney, du préfet Frochot, de l’amiral Truguet, des Chevaliers de la Foi Mathieu de Montmorency et Noailles, présidé par Moreau, et qui appellera le pays à se choisir un gouvernement, libérera le pape et les prisonniers d’État, proclamera la liberté de la presse, supprimera les gardes nationales et renverra les soldats dans leur foyers) et nommant Lamotte (Malet) commandant de la place de Paris, chargé de mettre en place ces mesures ; dans la matinée Malet annonce la fin de la guerre, il délivre de leur prison deux généraux républicains Guidal et Lahorie qui arrêtent le Préfet de Police Pasquier et le ministre de la Police Savary, mais Malet se heurte à l’incrédulité du gouverneur militaire de Paris, Hulin, qu’il blesse d’un coup de pistolet avant d’être maîtrisé et arrêté ; le général Claude-François de Malet est fusillé le 29 octobre avec 13 autres conspirateurs ; Malet, opposant au Consulat puis à l’Empire, accusé d’être un membre de la société des Philadelphes, avait été emprisonné en 1807 et 1809 pour propagande républicaine puis transféré dans la maison de santé du Dr Dubuisson où il avait retrouvé les deux Polignac condamnés à mort en 1804 pour implication dans l’affaire Cadoudal, le marquis de Puy Vert autre activiste royaliste arrêté en 1808, et enfin un certain abbé Lafon, qui avait comploté, à Savone, en faveur du pape Pie VII ; Malet s’était évadé dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812. 24 octobre, Bataille de Maloyaroslavets : victoire française. 31 octobre, victoire russe à la Bataille de Czaśniki. 3 novembre, victoire russe à la Bataille de Viazma ou Wjasma. 10 novembre, Charles de Salaberry, à la tête des Voltigeurs canadiens, défait l'armée du général Dearborn à Odelltown. 13-14 novembre, victoire russe à la Bataille de Smoliani en Biélorussie. 15 au 18 novembre, Bataille de Krasnoï : Ney et Davout sont battus par le maréchal Koutouzov. 26 au 28 novembre, harcelés par les Cosaques, les Français franchissent la Bérézina sur des ouvrages de fortune durant 3 jours (nombreux morts, blessés, prisonniers et déserteurs ; les soldats affamés font griller de la chair humaine prélevée sur leurs compagnons morts ; seuls 40 000 soldats français rentreront dans leurs foyers). 1er décembre, signature du pacte de concorde : première constitution du Costa Rica. 1er décembre, José Núñez de Cáceres signe à Saint-Domingue l'acte d'indépendance de la partie orientale de l'île. 5 décembre, Murat quitte l’armée. 5 décembre, Napoléon décide de rentrer à Paris. 19 décembre, Napoléon arrive aux Tuileries. 30 décembre, convention de Tauroggen entre la Prusse et la Russie.

1812-1816. Hegel publie Wissenschafdt der Logik (La Grande Logique) ; la philosophie de Hegel a donné lieu à 2 interprétations : la première considère le savoir absolu comme la fin dernière de toute l’histoire humaine, la seconde considère que le problème fondamental est celui de la réalisation de l’humanité en nous et de l’humanisme dans l’histoire.

1812-1819. Méhémet Ali, sultan d’Egypte, chasse les Wahhabites de La Mecque.

1813. 19 janvier, l’empereur et l’impératrice rendent visite au pape. 22 janvier, Guerre américano-britannique, défaite des Américains contre les Britanniques à la Bataille de Frenchtown le long de la rivière Raisin. 25 janvier, Concordat de Fontainebleau : le pape renonce à sa souveraineté temporelle et promet de s’installer à Avignon ; les évêchés pourront être administrés par le plus ancien évêque de la province ; le pape exige d’avoir près de lui le collège des cardinaux (Napoléon cède après avoir obtenu un bref condamnant la conduite des 13 cardinaux). 26 janvier, les cardinaux noirs rentrent d’exil. 30 janvier, Autriche et Russie signent un traité d'armistice. 7 février, des Américains mènent un Raid sur Elizabethtown qui leur permet de libérer des soldats qui étaient prisonniers. 9 février, le tsar Alexandre Ier entre dans Varsovie ; le 14 mars, Varsovie devient le siège d’un Conseil suprême provisoire du tsar pour le duché de Varsovie, dans lequel seulement 2 Polonais siègent. 17 février, le royaume de Prusse déclare la guerre à l'Empire Francais. 20 février, Bataille de Salta en Argentine : les forces républicaines argentines de l'armée du nord, dirigées par le général Manuel Belgrano, battent les royalistes espagnols (victoire décisive des Provinces-Unies du Río de la Plata). 22 février, les troupes britanniques réagissent au raid sur Elizabethtown et remportent la Bataille d'Ogdensburg. 28 février, Frédéric Guillaume III de Prusse signe secrètement avec l’Empereur Alexandre la Convention de Kalisch portant alliance défensive et offensive entre la Russie et la Prusse contre Napoléon. 3 mars, le régent Bernadotte signe un Traité d'alliance avec l'Angleterre afin de préserver les intérêts de la Suède, gênée par le blocus continental : l'Angleterre lui promet la Norvège ainsi que des territoires aux Antilles, en Guadeloupe, contre la mise à disposition de trente mille soldats. 11 mars, entrée de l'armée russe à Berlin. 17 mars, le roi de Prusse, Frédéric Guillaume III, lance la Guerre de Libération contre la France (la déclaration de guerre de la Prusse n’arrive à Paris que le 27). 19 mars, Convention de Breslau entre la Russie et la Prusse. 24 mars, le pape, à l’instigation des cardinaux Consalvi et Pacca, désavoue les termes du Concordat de Fontainebleau et se rétracte. En Argentine, abolition graduelle de l’esclavage. 10 avril, à Paris, mort du comte Joseph Louis de Lagrange, mathématicien, qui travailla entre autres sous la Révolution au nouveau système décimal des poids et mesures. 12 avril, les indépendantistes mexicains assiègent Acapulco : la garnison espagnole capitule le 20 août. 27 avril, Bataille d'York : les Américains font sauter Fort York (Toronto). 1er et 2 mai, victoire française de Lützen contre les Prusso-Russes. 11 mai, en Australie, William Lawson, Gregory Blaxland et William Wentworth dirigent une expédition pour franchir les Montagnes Bleues, à l'ouest de Sydney. 13 mai, le chef shawnee Tecumseh vainc l'armée américaine dans le bois de Fort Meigs, près de la Maumee River (près de Toledo). 20 et 21 mai, à Bautzen, victoire de Napoléon sur les troupes russo-prussiennes. 22 mai, victoire française à Reichenbach. 25 au 27 mai, début de la Campagne du Niagara. 27 mai, Bataille de Fort George qui est pris par les Américains. 27 mai, victoire française à la Bataille de Hoyerswerda. 30 mai, Davout reprend Hambourg. 5/6 juin, Bataille de Stoney Creek : victoire britannique sur deux brigades américaines. 21 juin, en Espagne, à Vitoria, Wellington bat les Français ; le roi Joseph doit quitter l’Espagne. 24 juin, les Britanniques, appuyés par des Amérindiens (Agniers ou Mohawks), remportent la Bataille de Beaver Dams et font de nombreux prisonniers américains. Création de la Société des missions des méthodistes wesleyiens. Nuit du 25 au 26 juillet, Bataille de Lundy's Lane mettant aux prises les troupes américaines et les soldats de l'armée régulière britannique, appuyés par la milice et les Territoriaux canadiens : elle permet d'arrêter l'avancée américaine vers le Haut-Canada ; les Américains se replient vers Fort Érié, le général Drummond les poursuit et assiège le fort, mettant ainsi fin à la dernière invasion de la province. 27 juillet, Bataille de Burnt Corn Creek opposant les Américains aux Creeks. 29 juillet au 10 août, Congrès de Prague pour tenter de mettre fin à la guerre de la Sixième Coalition : Royaume-Uni, Autriche, Prusse, Russie, Suède. 6 août, Simón Bolívar entre à Caracas où il reçoit le titre de Libertador après avoir déclaré la guerre à mort au régime colonial espagnol. 10 août, déclaration de guerre de l'Autriche à Napoléon. 12 août, le duc de Bassano reçoit du comte de Metternich la déclaration de guerre de l’empereur d’Autriche à la France. 23 août, Bataille de Gross Beeren (Allemagne) : victoire des coalisés sur les Français d’Oudinot. 26 août, bataille de la Katzbach en Silésie : victoire des coalisés sur les Français du maréchal de France Macdonald. 26 au 27 août, Bataille de Dresde : victoire de Napoléon sur les forces coalisées (en septembre, à Dresde, le typhus fera 200 à 300 morts par semaines parmi la garnison française). 30 août, victoire de la coalition sur la Grande Armée à la Bataille de Kulm. 30 août, Bataille de Fort Mims : les Creeks Bâtons-Rouges massacrent 250 personnes ; en représailles, les troupes d'Andrew Jackson incendient un village creek, tuant hommes, femmes et enfants ; Jackson promet aux Creeks amis et aux Cherokees les terres et le butin qu'ils prendront aux Bâtons-Rouges. 6 septembre, Bataille de Dennewitz (Allemagne) : victoire des coalisées sur les troupes napoléoniennes. 10 septembre, victoire navale américaine à la Bataille du lac Érié. 16 septembre, bataille de la Göhrde dans l'actuelle Basse-Saxe : un détachement français de l'armée de Hambourg est vaincu par un corps de l'armée du Nord de la Sixième Coalition. 29 septembre, les Américains reprennent Détroit aux Britanniques. 3 octobre, les troupes prussiennes passent l’Elbe. 5 octobre, Bataille de la rivière Thames (Ontario) : victoire américaine ; le chef shawnee Tecumseh est tué et son rêve d'unité s'éteint avec lui ; les tribus Delaware, Miami, Ojibwa (ou Chippewa) et Wyandot font la paix avec les Américains. 8 octobre, Traité de Ried entre le Royaume de Bavière et l'Empire d'Autriche : la Bavière abandonne la confédération du Rhin et accepte de se joindre à la Sixième Coalition opposée à Napoléon en échange de la garantie du maintien de son statut d'État souverain et indépendant. 8 octobre, après avoir franchi les Pyrénées, le général anglais Wellington prend Bayonne et envahit le sud-ouest de la France où il est accueilli en libérateur. 19 octobre, à Leipzig, échec de Napoléon à la Bataille des Nations commencée le 16 ; il est obligé de battre en retraite sur le Rhin. 23 octobre, siège de Torgau par les Prussiens : la garnison française capitule le 26 décembre. 26 octobre, Bataille de Châteauguay (Québec) : victoire décisive pour les Britanniques, lesquels, aidés par les Voltigeurs canadiens (volontaires français du Bas-Canada), repoussent l'envahisseur américain. 30 et 31 octobre, en Hesse, victoire française à la Bataille de Hanau. 6 novembre, un Congrès d’insurgés proclame l’indépendance du Mexique. 9 novembre, Napoléon arrive à Saint-Cloud ; Proposition de Francfort : les Alliés proposent à Napoléon via Saint-Aignan une paix générale avec pour conditions de revenir aux frontières naturelles (Rhin, Alpes, Pyrénées) ; Napoléon propose l'ouverture d'un Congrès pour la paix à Mannheim. 10 novembre, bataille de la Nivelle dans les actuelles Pyrénées-Atlantiques : les troupes hispano-anglo-portugaises battent les troupes françaises. 11 novembre, Bataille de la Ferme Crysler : les forces britanniques et canadiennes repoussent les Américains : la tentative américaine de prendre Montréal a échoué. 19 novembre, la garnison française évacue Rotterdam. 1er décembre, les Hollandais portent Guillaume Ier (Guillaume Frédéric d'Orange-Nassau) sur le trône des Pays-Bas qu'il n'acceptera qu'en mars 1815. 4 décembre, Déclaration de Francfort, datée du 2 décembre : les Alliés déclarent qu'ils ne font pas la guerre à la France, mais à Napoléon. 10 décembre, débarquement britannique en Toscane. 11 décembre, en Ontario, Niagara-on-the-Lake (Newark) est incendiée par les américains. 11 décembre, Traité de Valençay : les Bourbons sont rétablis sur le trône d’Espagne ; Napoléon reconnaît Ferdinand VII roi d’Espagne et le relâche. 18 décembre, Davout évacue la population de Hambourg qui ne peut pas s'assurer six mois de subsistance ; la garnison française, retranchée dans la ville, résiste jusqu'en avril 1814. 19 décembre, au Canada, Prise du Fort Niagara, tenu par les Américains, par les Britanniques ; le 21, les Britanniques prennent le Fort Schlosser et brûlent le village de Lewiston. 21 décembre, les troupes Autrichiennes et Bavaroises entrent en Alsace et mettent le siège devant Huningue qui sera défendue par les troupes du colonel Jean-Hugues Chancel jusqu'au 15 avril 1814. 23 décembre, Bataille de Holy Ground ou Bataille d'Econochaca entre les milices des États-Unis et les Creeks Red Sticks : la plupart des Creeks s'échappent et les forces américaines détruisent leur campement. 27 décembre, fusion des Ancients et des Moderns et création de la Grande Loge Unie des Anciens Francs-Maçons d'Angleterre. 30 décembre, à Buffalo, pendant la campagne du Niagara, la déroute de l'armée américaine, battue par les Britanniques, lui ferme la route du Canada. 31 décembre, restauration de la République de Genève.

1814. 1er janvier, proclamation du comte de Provence (le futur Louis XVIII) invitant ses sujets français à bien accueillir les envahisseurs alliés. 1er janvier, en Chine, l'armée de Pékin reprend Huaxian, au nord du Henan, dernier bastion de la secte de la Raison céleste ; l'ordre est ramené au prix d'un véritable massacre. 8 janvier, Joachim Murat, roi de Naples, passe une alliance avec les Autrichiens contre le prince Eugène et décide d’occuper l’Italie centrale. 13 janvier, le pape est renvoyé à Savone puis laissé libre. 14 janvier, Traité de Kiel : Jean-Baptiste Charles Bernadotte, prince-régent de Suède contraint le Danemark à lui céder la Norvège ; le Danemark reçoit en échange la Poméranie suédoise et conserve l’Islande, les Féroé et le Groenland ; le Royaume-Uni obtient Heligoland. 19 janvier, Napoléon, forcé par sa situation politique de plus en plus difficile en Europe, restitue ses États au pape. 23 janvier, Pie VII, libéré par Napoléon, quitte le château de Fontainebleau ; après un bref séjour à Savone, une étape à Nice, puis à Bologne, il sera de retour à Rome le 24 mai. 29 janvier, bataille de Brienne-le-Château (Aube) : victoire de l'armée française sur les troupes prussiennes. 1er février, bataille de La Rothière ou de Brienne : victoire des coalisés sur l'armée française qui se replie en deux blocs dans la nuit du 1er au 2 février. 8 février, bataille du Mincio (Italie) : l'armée franco-italienne stoppe l'offensive autrichienne. 10 février, Bataille de Champaubert : victoire du maréchal Marmont sur les Russes. 11 février, à Montmirail, Napoléon remporte une éclatante victoire sur les armées russes et prussiennes de Sacken et de York. 11 et 12 février, combat de Nogent-sur-Seine : le général de Bourmont, avec un millier d'hommes, résiste à 20 000 Autrichiens. 12 février, Bataille de Château-Thierry : victoire française sur les Prussiens. 17 février, Bataille de Mormant (Seine-et-Marne) : victoire des troupes françaises du maréchal Victor et du général Gérard sur les troupes bavaroises et russes. 18 février, Napoléon Ier remporte la Bataille de Montereau. 24 février, les Autrichiens, battus à Mormant et à Montereau, offrent un deuxième armistice. 1er mars, Traité de Chaumont (pacte de 20 ans) entre les quatre puissances alliées (Angleterre, Autriche, Prusse et Russie). 1er mars, Bataille de Saint Julien en Genevois entre les troupes françaises du général Dessaix et les troupes autrichiennes. 7 mars, Bataille de Craonne : victoire des armées françaises commandées par Napoléon Ier contre les armées russes et prussiennes du maréchal Gebhard Leberecht von Blücher. 10 mars, Napoléon Ier est contraint de battre en retraite à la Bataille de Laon. 11 mars, Louis XVIII est proclamé roi à Bazas. 13 mars, Bataille de Reims : les troupes françaises battent les troupes russes et prussiennes. 17 mars, dans le secteur de Troyes, le prince de Schwarzenberg, feld-maréchal autrichien, vainc les maréchaux Oudinot et Macdonald. 17 mars, 4 000 soldats américains s'emparent d'Odelltown au Québec. 20 et 21 mars, à Arcis sur Aube, Napoléon, rejoint par Oudinot et Macdonald, soit 28 000 baïonnettes et 5 500 sabres, doit battre en retraite face aux troupes du Feldmarschall Karl Philipp de Schwarzenberg, généralissime de l'armée de coalisés (Wurtembergeois, Russes, Bavarois et Autrichiens soit 103 700 hommes et 27 000 cavaliers). 21 mars, le général Augereau évacue Lyon et se replie sur Valence. 22 mars, l'Angleterre fait savoir qu'elle ne négociera pas la paix avec Napoléon. 27 mars, victoire sanglante d'Andrew Jackson sur les Creeks à la Bataille de Horseshoe Bend, près de La Nouvelle-Orléans : les Creeks sont pris à revers par des auxiliaires Cherokees ; près de 800 Indiens sont tués. 30 mars, Paris, encerclé, capitule. 30 mars, pour la dernière fois, les Américains tentent d'envahir le Canada : James Wilkinson à la tête de 4 000 soldats américains est repoussé à Lacolle. 31 mars, entrée à Paris de l'Armée coalisée commandée par le Feldmarschall Karl Philipp de Schwarzenberg, Généralissime des armées alliées. 31 mars, Bataille de Courtrai remportée par les Français sur l'armée saxonne. 1er avril, les 64 sénateurs présents désignent un gouvernement provisoire de 5 membres dirigé par Talleyrand. 2 avril, Napoléon Ier est déchu par le Sénat conservateur puis par le Corps législatif le lendemain. 5 avril, à Fontainebleau, Napoléon abdique en faveur de son fils ; sous la pression des maréchaux, il renoncera au trône pour tous les siens le 6 avril. 6 avril, le Sénat conservateur, à l’initiative de Talleyrand, adopte un projet de constitution rédigée par une commission (Lebrun, Barbé-Marbois, Destutt de Tracy, Emmery et Lambrecht) dans laquelle (article 2) le Peuple français appelle librement au trône de France Louis Stanislas Xavier de France, frère du dernier Roi... (Louis XVIII). 7 avril, Le gouvernement provisoire rétablit la censure. 10 avril, Bataille de Toulouse, dans laquelle le général Taupin meurt ; Wellington prend la ville. 11 avril, Traité de Fontainebleau : abdication sans condition de Napoléon Ier qui conserve le titre impérial ; les coalisés (Angleterre, Prusse, Autriche et Russie) lui accordent la souveraineté de l’île d’Elbe ainsi qu’une rente annuelle de 2 millions. 12 avril, à Fontainebleau, Napoléon tente de s’empoisonner mais le poison est trop vieux et son médecin parvient à le soigner. 14 avril, création de la Principauté de l'île d'Elbe. 20 avril, Napoléon, après avoir fait ses adieux à la garde à Fontainebleau, part le jour même pour l’île d’Elbe où il débarquera le 4 mai. 29 avril, la lettre apostolique Post tam diuturnas condamne la liberté des cultes qu'elle qualifie de désastreuse et à jamais déplorable hérésie. En mai, à Philadelphie, fondation de la General Missionnary Convention of The Baptist Denomination in The Unites States for Foreign Missions ; la mission baptiste unifiée porte vite le nom d'American Baptist Foreign Mission Society, basée à Boston. 2 mai, Louis XVIII octroie la Charte qui établit la monarchie constitutionnelle, ce qui mécontente les ultras, partisans intransigeants de l’Ancien Régime, à la tête desquels se trouvent le comte d’Artois (futur Charles X) et le duc de Berry ; le 3, le roi entre à Paris par la barrière Saint-Denis et s'installe au Palais des Tuileries. 4 mai, le roi Ferdinand VII signe son premier décret royal qui abolit la Constitution espagnole de 1812. 5 mai, les Britanniques s'emparent du fort Ontario et détruisent les bases navales américaines. 12 mai, ordonnance qui réorganise les corps d'infanterie de l'armée française afin de déterminer la force et l'organisation de l'infanterie de l'armée française pour le pied de paix et qui abandonne le drapeau tricolore au profit du drapeau blanc du royaume de France. 17 mai, l’Assemblée constituante, réunie à Eidsvoll, adopte la Constitution de la Norvège, état indépendant, et proclame le prince Christian Frédéric de Danemark roi de Norvège (fête nationale). 24 mai, Pie VII, libéré par Napoléon le 23 janvier, est de retour à Rome ; il institue en l'honneur de la Vierge Mère la fête solennelle de Notre-Dame Auxiliatrice (le Secours des Chrétiens = Auxilium Christianorum) qui doit être célébrée à perpétuité le vingt-quatre de mai, anniversaire de son heureux retour à Rome et il approuve un Office propre pour cette fête ; mais il lui faudra encore une fois quitter la ville, pour se réfugier à Viterbe puis à Gênes, lorsque Murat, roi de Naples, envahira les États pontificaux pendant la campagne des Cent-Jours et il retournera définitivement dans son palais du Quirinal le 22 juin 1815. 29 mai, mort de Joséphine de Beauharnais, impératrice de France (pneumonie accompagnée d'une angine gangréneuse). 30 mai, 1er Traité de Paris : la France revient à ses frontières de 1792 ; le gouvernement s’engage à unir, au futur congrès (congrès de Vienne), tous ses efforts à ceux de Sa Majesté britannique pour faire prononcer, par toutes les puissances de la chrétienté, l’abolition de la traite des Noirs (dans un délai de 5 ans). 1er juin, débarquement des troupes confédérées au Port-Noir sur la rive gauche du lac Léman ; première étape de l'entrée de Genève dans la Confédération suisse. 4 juin, la Charte constitutionnelle est promulguée : liberté de la presse, égalité devant la loi, abolition de la conscription, appel des engagés volontaires (art. 12). 7 juin, ordonnance rétablissant le dimanche comme fête chômée (les cabarets doivent être fermés pendant la messe). En juin, rétablissement de la procession publique de la Fête-Dieu. 28 juin, à Odelltown dans le sud du Québec, victoire britannique sur les Américains. 3 juillet, Capture de Fort Érié : la troupe britannique du fort se rend rapidement à l'armée américaine. 5 juillet, Bataille de Chippawa : les troupes américaines ont le dessus sur les troupes britanniques. 8 juillet, Louis XVIII annule le changement de noms des communes françaises imposé pendant la Révolution. 25 juillet, bataille de Lundy's Lane (Ontario) : victoire tactique britannique sur les Américains. 25 juillet, en Angleterre, George Stephenson expérimente sa première locomotive à vapeur. 7 août, le pape rétablit la Compagnie de Jésus par la bulle Sollicitudo omnium Ecclesiarum. 9 août, traité de Fort Jackson : les Creeks perdent d'immenses territoires. 13 août, les Hollandais cèdent la province du cap de Bonne-Espérance à la Grande-Bretagne pour six millions de livres. 18 août, le pape accueille Lucien Bonaparte qu'il fait Prince de Canino et de Musignano. 24 août, prise de Washington par les Britanniques ; le Capitole et la Maison-Blanche sont brûlés. 6 au 11 septembre, les Américains battent les Britanniques sur le lac Champlain (Bataille terrestre et navale de Plattsburgh). 12 au 15 septembre, Bataille de Baltimore : les 1 000 hommes de Fort McHenry sont bombardés par le navire à roquettes HMS Erebus et assaillis par 3 270 hommes ; victoire américaine décisive qui repousse l'attaque combinée (mer et terre) britannique sur Baltimore ; Francis Scott Key écrit les paroles de Star-Spangled Banner, qui deviendra officiellement l'hymne national des États-Unis le 3 mars 1931. 15 septembre, à Tunis, mort d'Hammouda Pacha : son frère Osman Bey ne règnera que trois mois ; son cousin germain Mahmoud Bey prendra alors le pouvoir et le titre de bey de Tunis le 20 décembre. 2 octobre, victoire loyaliste sur les indépendantistes chiliens à la Bataille de Rancagua. 15 octobre, suite à la signature du Traité de Paris (30 mai), les Anglais prennent possession de l’Ile Maurice (elle appartenait à la France depuis 1715 sous le nom d'Ile de France). 23 octobre, à Chelsea (Angleterre), le chirurgien Joseph Constantin Carpue effectue la première chirurgie plastique moderne sur un officier de l’armée britannique qui a perdu la pointe de son nez. 1er novembre 1814 au 9 juin 1815 : Congrès de Vienne tenu par l’Autriche, la Prusse, la Russie, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, la Suède et la France (Talleyrand a obtenu qu’elle participe). 18 novembre, loi imposant le repos dominical. 18 novembre, le Grand Orient reprend l'entier exercice de ses droits sur le Rite Ecossais Ancien Accepté, aussi bien sur la dogmatique que sur l'administration, droits qu'il n'avait jamais abandonnés : le Suprême Conseil est alors reconstitué au sein du Suprême Conseil des Rites, ancêtre direct du Grand Collège des Rites 11. 14 décembre, en Louisiane, victoire britannique sur les Etasuniens à la bataille du lac Borgne. 24 décembre, à Gand, Traité de paix entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis mettant fin à la guerre entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Jean-François Champollion publie L'Egypte sous les pharaons qu'il dédicace à Louis XVIII.

1815. 8 janvier, Bataille de la Nouvelle-Orléans (après que le Traité de Gand du 24 décembre 1814 a mis fin à la guerre, mais la nouvelle n'est pas encore parvenue aux belligérants) : les Britanniques perdent environ 700 hommes et 2 000 sont fait prisonniers alors que les Américains n'ont perdu que 13 hommes. 16 janvier, naissance du Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves. 17 janvier, le curé de l’église Saint-Roch refuse de recevoir le corps de la comédienne Melle Raucourt. 8 février, le Congrès international de Vienne abolit la traite des noirs assimilée à la piraterie : les navires de guerre français et anglais ont le droit de visite ; le navire confisqué peut être brûlé. 20 février, le navire de guerre américain USS Constitution capture les navires britanniques HMS Cyane et HMS Levant. 1er mars, Napoléon, parti de l’île d’Elbe le 26 février à bord de l’Inconstant, débarque à Golfe-Juan avec 1 100 hommes recrutés (à l'insu de ses geôliers ?) en Italie et en Corse. 7 mars, rencontre, à Laffrey, près de Grenoble, entre Napoléon Ier et les troupes envoyées pour l'arrêter : Napoléon, seul face aux fusils, convainc le 5e régiment d'infanterie de ligne de se rallier à lui ; le lendemain c'est le 7e régiment d'infanterie de ligne qui se joint à sa troupe. 13 mars, le Congrès de Vienne déclare Napoléon hors la loi ; début de la Septième Coalition (Royaume-Uni, Espagne, Russie, Prusse, Suède, Autriche, Pays-Bas et un certain nombre d'États allemands). 15 mars, soulèvement général en Vendée. 20 mars, 0 h 45, Louis XVIII part pour Gand (via Abbeville et Lille) en emmenant les diamants de la couronne ; Napoléon entre aux Tuileries. 20 mars, au Congrès de Vienne, la neutralité perpétuelle de la Suisse est conclue par les puissances signataires du traité de Paris : en conséquence, la Suisse, État souverain, bénéficiera, dès le 20 novembre 1815, du statut de pays neutre qui garantit l'intégrité et l'inviolabilité de son territoire. 29 mars, Napoléon, influencé par Carnot, décide la suppression immédiate de la traite des Noirs. 30 mars, à Rimini, Murat publie une proclamation dans laquelle il appelle les Italiens à se joindre à lui pour l'indépendance et la liberté. En avril, à Montauban, constitution du Rite de Memphis par des frères ayant suivi Napoléon en Égypte. 6 avril, les Britanniques rétrocèdent l'île Bourbon à la France (suite au traité de Paris de 1814). 10 au 15 avril, gigantesque éruption du volcan Tambora situé sur l'île de Sumbawa, en Indonésie : la cendre envoyée dans la stratosphère fait plusieurs fois le tour de la Terre causant l'été sans soleil en Nouvelle-Angleterre, puis, en 1816, l'été, le plus froid jamais enregistré en Europe, à l'origine d'une famine qui fera plus de 200 000 victimes. 20 avril, réorganisation des corps d'infanterie français. 22 avril, Napoléon promulgue l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire. 24 avril à 1817 : seconde révolte serbe contre les Turcs ; principalement conduite par Miloš Obrenović, elle s'achèvera par l'autonomie de la Serbie. De mai à juin, la Vendée subit la répression menée par le général Lamarque. 2 et 3 mai, Murat et l'armée italienne sont écrasés par les forces autrichiennes à Tolentino. 3 mai, naissance officielle de la Ville libre de Cracovie. 19 mai, adhésion de la République de Genève à la Confédération des XXII cantons. 4 juin, Louis XVIII octroie la Charte qui garantit les droits individuels, le droit de propriété, la liberté de presse et d'expression, la liberté religieuse (le catholicisme est proclamé religion de l'État). 8 juin, adoption de l'acte confédéral allemand, création de la Confédération germanique composée de 34 États souverains et de 4 villes libres. 9 juin, signature de l’Acte final du Congrès de Vienne qui se tient depuis le 1er novembre 1814 : le Congrès réorganise l’Europe territoriale et politique (Talleyrand obtient que Louis XVIII rentre en possession des territoires acquis par Louis XVI avant sa chute), divise l’Italie en 7 états sous l’hégémonie autrichienne, décide l’annexion de Gênes au Royaume de Piémont-Sardaigne, rétablit les Etats du pape à l'exception du Comtat Venaissin et d'Avignon, rattache les Pays-Bas autrichiens aux Provinces-Unies constituant ainsi le Royaume des Pays-Bas, fait du Grand-duché de Pologne un Royaume du Congrès (de fait un protectorat russe) et internationalise la navigation sur le Rhin et le Danube, etc. 16 juin, à Ligny, victoire de Napoléon Ier sur les Prussiens. 16 juin, bataille des Quatre Bras (Commune wallonne de Genappe) : au coucher du soleil, à 21 heures, la bataille s'achève avec la nuit ; Ney se retire en bon ordre à Frasnes, laissant le champ de bataille à Wellington. 18 juin, à Waterloo, au sud de Bruxelles, les troupes anglo-hollandaises de Wellington et les troupes prussiennes de Blücher remportent la victoire décisive sur l’armée de Napoléon (12 000 morts, 35 000 blessés) alors que Napoléon avait une très légère supériorité en hommes et une artillerie beaucoup plus nombreuse ; à l’annonce de la défaite française, des monarchistes marseillais massacrent les Egyptiens venus avec Bonaparte ; les corps des soldats seront déterrés pour fabriquer du sucre en broyant les ossements afin d'obtenir une poudre servant à purifier et à clarifier le sirop de sucre (L’un des généraux de l’armée napoléonienne, Louis de Bormont, a abandonné son poste quelques jours plus tôt, ce qui a affecté le moral des troupes autant que celui de Napoléon lequel accusera plus tard le traître d’avoir vendu son plan de bataille à l’ennemi). 20 juin, Nathan Rothschild 8, informé de la défaite napoléonienne bien avant les autorités, se rend à la Bourse de Londres et met en vente tous ses titres ; tous pensent alors que Napoléon est sorti victorieux du combat et chacun, gagné par la panique, suit l’exemple de Rothschild ; les actions chutent à une vitesse folle ; Rothschild attend la dernière minute, les rachète et fait fortune. 21 juin, Napoléon tente de s’empoisonner : il est sauvé par le pharmacien Charles-Louis de Gassicourt. 22 juin, Napoléon abdique en faveur de son fils et se rend à la Malmaison ; un gouvernement provisoire dirigé par Fouché rappelle Louis XVIII. 22 juin, Pie VII retourne dans son palais du Quirinal. 26 juin, Convention de Cholet : les Vendéens signent la paix. 1er juillet, victoire des troupes impériales napoléoniennes à la Bataille de Rocquencourt sur les Prussiens. 3 juillet, victoire prussienne à la Bataille d'Issy, dernière tentative de l'armée française pour défendre Paris. 3 juillet, Davout, ministre de la Guerre, signe la Convention d'armistice établie à Saint-Cloud, par laquelle l’armée française doit se retirer derrière la Loire. 3 juillet, Napoléon, qui a rejoint Rochefort sur Mer, compte embarquer pour l’Amérique, mais, refusant les offres qui lui sont faites, se croyant trahi par Fouché et par crainte des royalistes, il se mettra sous la protection des lois du peuple britannique le 13 juillet. 6 juillet, combat de Tolú en Colombie (bataille navale) : victoire des patriotes colombiens sur les Espagnols. 8 juillet, après avoir reçu l’allégeance de Fouché qui s'était porté au-devant de lui à Saint-Denis, Louis XVIII rentre à Paris pour la seconde fois. 9 juillet, Napoléon se réfugie à l'île d'Aix. 14 juillet au 22 août, élection de la Chambre introuvable (dixit Louis XVIII), les ultra-royalistes qui obtiennent une très large majorité (350 sur 400 députés) réclament le bannissement des régicides et l’exécution des traîtres des Cent jours ; la Chambre introuvable votera 4 lois exprimant la Terreur blanche légale : loi de sûreté générale (29 octobre) ; loi sur les discours et les écrits séditieux (9 novembre) ; rétablissement des cours prévôtales (27 décembre) ; loi d’amnistie (12 janvier 1816) ; elle sera dissoute le 5 septembre 1816. 15 juillet, à l'île d’Aix, Napoléon se met sous la protection du capitaine du Bellérophon, navire de guerre de la marine britannique qui doit le conduire en Angleterre où il espère obtenir l’asile politique. 17 juillet, début de la Seconde Terreur blanche dans l’Ouest et le Sud-est de la France : des bandes de Verdets, émeutiers aux couleurs du comte d’Artois (futur Charles X), commandant de la garde nationale, massacrent les protestants et les anciens jacobins. 26 juillet, le Bellérophon mouille en rade de Plymouth ; Napoléon est retenu à son bord. 30 Juillet, Louis XVIII confirme l’abolition de la traite (elle ne sera pas appliquée malgré l’ordonnance du 8-11-1817 et la loi du 15-4-1818). 31 juillet, le Cabinet britannique, qui considère Napoléon comme un criminel de guerre, décide qu’il sera déporté à vie à Sainte-Hélène (le 7 août, Napoléon est transféré du Bellérophon au Northumberland qui appareille aussitôt pour Sainte-Hélène ; le 16 octobre, il débarquera à Sainte-Hélène où il mourra le 5 mai 1821). 2 août, assassinat du maréchal Brune (tenu pour un septembriseur) par les royalistes d’Avignon bien qu’il ait fait prendre la cocarde blanche à ses troupes. En août, fondation de la Société des amis de la Paix de New York. 7 août, Pacte fédéral entre les 22 cantons suisses. 11 août, réorganisation des corps d'infanterie français : création des légions départementales. 17 août, à Toulouse, assassinat du général Ramel par des Verdets. 24 août, la Constitution du royaume des Pays-Bas est adoptée. 26 août, le Suprême Conseil du 33e degré pour la France consacre l’indépendance du Rite Ecossais Ancien et Accepté. 19 septembre, renvoi des ministres Fouché et Talleyrand. 25 septembre, création de la Société des missions de Bâle. 26 septembre, le duc de Richelieu est nommé premier ministre et ministre des affaires étrangères par le roi, mais sa volonté de réconciliation et d’amnistie sera mise en échec par les ultras. 26 septembre, à Paris, le tsar Alexandre, l’empereur d’Autriche François et Frédéric-Guillaume III de Prusse signent le Pacte de la Sainte-Alliance qui fait du christianisme le principe fondateur de tout gouvernement ; la Grande-Bretagne n’a pas voulu s’y associer. 8 octobre, une expédition, montée par Murat qui rêve d'une reconquête de Naples et partie d'Ajaccio le 28 septembre, arrive devant le petit port calabrais du Pizzo ; Murat débarque face à une foule hostile, car la Calabre a durement été touchée par la répression du brigandage sous son règne ; Murat est capturé et enfermé dans le petit château du port. 13 octobre, à Pizzo (Calabre), après que le roi Ferdinand, suivant les conseils de l'ambassadeur britannique, a pris un décret par lequel il ne sera accordé au condamné qu'une demi-heure pour recevoir les secours de la religion, Joachim Murat est fusillé. Pie VII, reconnaissant du Concordat de 1801 qu’il appelle un acte chrétiennement et humainement sauveur, intervient en faveur de Napoléon auprès des Alliés pour diminuer les tortures du pauvre exilé, qui dépérissait sur le rocher de Sainte Hélène ; il a accueilli la mère de Napoléon et le cardinal Josph Fesch, oncle de Napoléon, qu’il refuse de remplacer sur son siège de Primat des Gaules à Lyon (Fesch sera archevêque de Lyon jusqu'en 1839). 23 octobre, à Chelsea en Angleterre, le chirurgien Joseph Constantin Carpue effectue la première chirurgie plastique moderne sur un officier qui a perdu le bout de son nez. 31 octobre, le chimiste britannique Humphry Davy construit les premières lampes de sécurité pour mineurs. 20 novembre, Second Traité de Paris entre la France et les coalisés de la quadruple alliance (Russie, Autriche, Prusse et Angleterre) : la France perd la Savoie, Nice, Landau, Sarrelouis, Sarrebruck, Philippeville, Marienbourg, Porentruy et Bouillon, et doit payer une indemnité de guerre de 700 millions de francs. 7 décembre, exécution du maréchal Ney (certains prétendent qu'il ne l'a pas été, le duc de Wellington ayant demandé sa grâce auprès du roi Louis XVIII) ; Selon certains chercheurs, le frère Ney aurait pu bénéficier de complicités maçonniques haut-placées pour que son exécution soit simulée et qu’il puisse s’exiler discrètement en Amérique, pays pour lequel le frère Fouché lui avait établi un passeport après la défaite de Waterloo. 12 décembre, réunion des royaumes de Naples et de Sicile : royaume des Deux-Siciles. 16 décembre, la reine Marie Ire (fille de Joseph, roi de Portugal et de Marie-Anne de Bourbon, et veuve de Pierre III en 1786), installée au Brésil depuis 1807, élève le Brésil au rang de royaume, uni à celui de Portugal : un décret proclame le Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves.

1815-1822. Le chevalier de Lamarck (1744-1829) écrit Histoire des animaux sans vertèbres où il développe les thèmes ébauchés dans sa Philosophie zoologique (1809) et qui présentent l’idée de la transformation progressive d’organismes de plus en plus complexes (Cuvier s’oppose à cette théorie du transformisme ; elle sera reprise par Darwin et Herbert Spencer, le fondateur de la philosophie évolutionniste).

1816. 10 janvier, la lampe de sécurité, inventée par le physicien et chimiste britannique, sir Humphrey Davy, est utilisée pour la première fois dans une mine de charbon. 12 janvier, en France, Loi d'amnistie pour les révolutionnaires sauf ceux qui ont voté la mort de Louis XVI et de sa famille. 25 janvier, à Aix-en-Provence, Eugène de Mazenod fonde les Oblats de Marie Immaculée. 12 février, l'Ordre de la Couronne de Fer, créé par Napoléon Ier le 5 juin 1805, est restauré à Milan par l'empereur d'Autriche, François Ier. 17 février, invention du stéthoscope par le médecin français René Laennec. 29 février, Ordonnance créant les comités cantonaux pour surveiller et encourager l'instruction primaire. 20 mars, mort de Marie Ire reine de Portugal : le prince-régent, réfugié au Brésil, devient le nouveau roi de Portugal, sous le nom de Jean VI de Portugal (João VI). 27 mars, Auguste Brunet et Jean-Baptiste Cochot déposent le brevet de la scie circulaire. 10 avril, une flotte anglo-hollandaise commandé par lord Exmouth arrive devant la Goulette et obtient du bey de Tunis Mahmoud la libération des esclaves chrétiens, la paix avec le Piémont et les Deux-Siciles et l'abolition de la course. 18 avril, ordonnance décrétant le drapeau blanc drapeau national de la France. 28 avril, création de la Caisse des dépôts et consignations. 3 mai, Emilie de Rodat fonde les Sœurs de la Sainte-Famille de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). 8 mai, abolition du divorce. 2 juin, 6 juillet et 31 décembre, décrets de Bolívar contre l'esclavage. 19 juin, Bataille de Seven Oak ou de la Grenouillère entre la Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest près de Winnipeg. 26 juin, le traité d'Aix-la-Chapelle, signé entre le royaume des Belgiques et le royaume de Prusse, fixe la frontière entre ces deux États et crée le territoire du Moresnet neutre. 2 juillet, naufrage de La Méduse au large du Sénégal ; 15 survivants seront découverts sur un fameux radeau. 9 juillet, les Argentins déposent le vice-roi espagnol et déclarent indépendantes les 11 provinces unies du Rio de la Plata (future Argentine). 23 juillet, dans la chapelle de Notre-Dame de Fourvière à Lyon, les pères Champagnat, Colin et Courveille font le serment solennel de travailler à la fondation de la Société de Marie ; la branche de la Famille mariste, connue sous le nom de Pères et frères maristes, recevra son approbation officielle de Rome en 1836. En août 1816, une armada anglo-hollandaise se présente à nouveau devant Alger; un ultimatum est remis au Dey exigeant l'abolition de l'esclavage des chrétiens et la délivrance de tous les prisonniers de cette religion ; le 27 août, sans réponse du Dey, la flotte anglo-néerlandaise bombarde Alger, provoquant destructions innombrables et pertes humaines ; le 28 août, après un second ultimatum, le Dey accepte les conditions dictées par l'amiral britannique et fait ses excuses. 5 septembre, Louis XVIII (le Désiré) qui craint une nouvelle révolution met fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre introuvable et en retirant le commandement de la garde nationale au comte d’Artois ; le 4 octobre, la nouvelle chambre des députés voit triompher les libéraux. 30 octobre mort de Frédéric Ier de Wurtemberg, roi de Wurtemberg : son fils Guillaume (Wilhelm) lui succède. 8 novembre, Alexandre de Talleyrand-Périgord (grand aumônier, archevêque de Reims nommé cardinal) quitte la Petite Eglise. 19 novembre, fondation de l'université de Varsovie. 8 décembre, le roi Ferdinand proclame à Caserte un décret (plus tard appelé loi fondamentale du royaume) qui unifie les royaumes de Naples et de Sicile, en supprimant ces deux précédentes entités, pour créer le royaume des Deux-Siciles, le plus grand État de la péninsule italienne; il abandonne par la même occasion les noms de Ferdinand IV de Naples et de Ferdinand III de Sicile pour adopter celui de Ferdinand Ier des Deux-Siciles ainsi que le prédicat honorifique de Sa Majesté sicilienne. 11 décembre, l'Indiana devient le dix-neuvième État de l'Union américaine. 12 décembre, création du royaume des Deux-Siciles. 28 décembre, le Révérend Finley et les philanthropes américains fondent l’American Colonization Society pour créer en Afrique occidentale une colonie de noirs libérés (elle deviendra le Liberia). Benjamin Constant : Cours de politique constitutionnelle.

1816-1819. Le tsar Alexandre Ier abolit le servage en Estonie.

1816-1828. Règne de Chaka, roi guerrier, fondateur de l'empire zoulou, assassiné par ses frères.

1817. 2 janvier, à La Valla en Gier (Loire), Marcellin Champagnat fonde les Frères maristes des Ecoles. 8 janvier, ordonnance de Louis XVIII abolissant la traite des esclaves. 5 février, vote de la loi Lainé réformant les dispositions électorales : pour prétendre au statut d'électeur, il faudra désormais être un homme âgé d'au moins trente ans, et payer 300 francs d'impôts ; les hommes de plus de quarante ans devront quant à eux payer 1 000 francs d'impôts. 12 février, José de San Martin triomphe des forces royalistes à Chacabuco (Pérou). 8 mars, prenant note de l'examen de Marie-Mélanie Basset, Laennec donne la première description manuscrite de son stéthoscope. 8 mars, fondation de New York Stock Exchange. 10 mars, décret sur les séminaires. Nuit du 19 au 20 mars, à Rodez, l'ancien procureur impérial Fualdès est égorgé, puis son corps jeté dans les eaux de l'Aveyron. 10 juin, Traité de Paris entre l'Autriche, l'Espagne, la France, l'Angleterre, la Prusse et la Russie : il permet l'exécution de l'article 99 de l'acte du congrès de Vienne déterminant la réversion des duchés de Parme, Plaisance et Guastalla. 12 juin, l'inventeur Karl Drais établit un premier record avec sa draisienne, parcourant 14,4 km en 1 heure. Le pape refuse d’approuver le nouveau concordat (du 11 juin 1817), négocié avec les Bourbons restaurés, parce qu’il le juge trop gallican : les évêques et les abbés sont nommés par le roi ; le concordat de 1801, un moment abrogé par Napoléon (1812), restera en vigueur jusqu’en 1905. En France, fondation de la banque Rothschild par James (Jacob) Rothschild. Un tribunal britannique autorise encore le duel judiciaire entre l’accusateur et l’accusé dans une affaire de meurtre. A Boston, Hosea Ballou, pasteur et franc-maçon, et John Murray implantent le courant chrétien de l’universalisme selon lequel Dieu accorde universellement sa grâce rédemptrice aux hommes. 23 septembre, compromis entre le Royaume-Uni et le roi d’Espagne au sujet du trafic des Noirs dans les colonies espagnoles : les Britanniques obtiennent l’extinction du trafic au nord de l’Équateur ; il est maintenu au sud jusqu'au du 30 mai 1820. 2 octobre, à Bordeaux, Guillaume Chaminade fonde la Société de Marie (Marianistes). 30 octobre, Simón Bolívar établit un gouvernement indépendant pour le Venezuela. 22 novembre, Traité anglo-espagnol pour l'abolition de la traite négrière à Cuba en 1820 (non appliqué). 10 décembre, le Territoire du Mississippi devient le 20e État des USA. 26 décembre, le général Andrew Jackson prend les commandes de la guerre contre les Séminoles, avec l'autorisation de les poursuivre en Floride ; il en profite pour prendre ce territoire à l'Espagne.

1817-1823. Lamennais écrit Essai sur l’indifférence en matière de religion.

1818. En février, en Russie, plan de libération des serfs d'Araktcheïev. 5 février, mort de Charles XIII de Suède, roi de Suède et de Norvège : le prince héritier, Jean-Baptiste Bernadotte, lui succède sous les noms de Karl XIV Johan (Charles XIV Jean) et Karl III Johan (Charles III Jean). 12 février, le général O’Higgins proclame l’indépendance du Chili (assurée après la Bataille de Maipú le 5 avril) ; il prend le titre de Commandeur Suprême. 17 février, Karl Drais brevette en France, sous le nom de vélocipède, sa draisienne présentée l'année précédente à Mannheim. 10 mars, la loi Gouvion-St-Cyr rétablit la conscription par tirage au sort ; le remplacement est possible ; le service dure 6 ans. 4 avril, le Congrès adopte le drapeau des États-Unis (13 rayures et 20 étoiles, une pour chaque État). 5 avril, victoire de l'Armée des Andes à la Bataille de Maipú, assurant l'indépendance du Chili. 15 avril, abolition de la traite des Noirs par la France. 29 juillet, à Paris, Jacques Laffitte et Benjamin Delessert créent la Caisse d'Epargne et de Prévoyance. 10 août, John Ross commande une expédition pour trouver le Passage du nord-ouest ; il découvre la communauté inuite de Pond Inlet (Nunavut). 22 août, le Bade se dote d'une constitution ; le servage est aboli. 7 septembre, Jean-Baptiste Bernadotte est couronné roi de Norvège : Karl III Johan. 29 septembre au 21 novembre : Congrès d’Aix-la-Chapelle ; il conseille l’abolition progressive de l’esclavage, condamne notamment la piraterie esclavagiste d’Alger et demande aux puissances européennes d’y mettre fin ; le 21 novembre, il met fin à l'occupation militaire de la France. 11 octobre, Elie Decazes (qui reconstituera le Suprême Conseil de France en 1821) envoie aux préfets une circulaire autorisant les réunions maçonniques (Louis XVIII est franc-maçon comme son frère, le futur Charles X). 18 octobre, à Bonn, fondation de l'université rhénane Frédéric-Guillaume. 20 octobre, Traité entre les États-Unis et la Grande-Bretagne fixant la frontière au nord-ouest sur le 49e parallèle depuis le lac des Bois jusqu'aux Rocheuses ; l'Oregon est ouvert à la fois à la colonisation anglaise et américaine. 16 novembre, dans le village de Nder au bord du fleuve Sénégal, les femmes préfèrent être brûlées vives que d'être capturées par les Maures et vendues comme esclaves. 3 décembre, l'Illinois devient le 21e État des États-Unis. Arthur Schopenhauer : Le Monde comme volonté et comme représentation.

1819. 20 janvier, Heinrich Friedrich Karl vom Stein fonde la Société d'Histoire de l'Allemagne. 29 janvier, Sir Thomas Stamford Raffles, un agent de la Compagnie anglaise des Indes orientales, occupe Singapour sur une île qu'il achète au sultan de Johore le 6 février ; la Cité des lions prend vite un essor considérable jusqu'à devenir le plus grand port d'Extrême-Orient. 15 février, Simon Bolívar, le Libertador, réunit le Congrès d'Angostura, au cours duquel naît officiellement la République de Colombie, connue sous le nom de Grande Colombie, par la promulgation de la Loi Fondamentale de Colombie, dont les territoires embrassent à cette époque ceux de Nouvelle-Grenade et du Venezuela, et qui se divise en trois départements : Cundinamarca (Bogotá), Venezuela (Caracas) et Quito ; le Congrès nommera, en décembre 1821, Simón Bolívar président de la République et Francisco de Paula Santander vice-président de façon que Les Républiques du Venezuela et de Nouvelle-Grenade soient réunies à partir de ce jour, sous le titre glorieux de République de Colombie. 16 février, mort d'Honoré IV de Monaco : son fils Honoré V lui succède. 22 février, Traité Adams-Onis entre les Etats-Unis et l’Espagne qui cède la Floride orientale aux Etats-Unis ; l’achat officiel sera fait le 10 juillet 1821 : 5 millions de dollars. John Robinson, procureur général du Haut-Canada, déclare que l'esclavage est illégal dans cette province. En avril et en mai, en France, lois sur la presse qui suppriment la censure et l'autorisation préalable de publier. 23 mai, départ de Gravesend de l'expédition Coppermine, commandée par le britannique John Franklin, pour explorer la côte Nord du Canada par l'embouchure de la rivière Coppermine. 5 juin, mort de Bodawpaya, roi de Birmanie : son petit-fils Sagaing Min lui succède. 6 juin, fondation des Frères de l’instruction chrétienne de Ploërmel par les abbés de Lamennais (ou La Mennais) et Deshayes. 19 juin, arrivée à Liverpool du navire américain Savannah parti le 22 mai de Savannah, au terme de la première traversée de l'océan Atlantique par un bateau à vapeur en un peu plus de 27 jours (87 % du voyage a été cependant effectué au moyen des voiles). 2 août, début des émeutes anti-juives Hep-Hep à Wurtzbourg en Bavière. 7 août, à Boyacá, victoire décisive sur les Espagnols par Bolivar et Santander qui libèrent la Nouvelle-Grenade. 10 août, à Bogota (Colombie), entrée triomphale de Simon Bolivar, le libertador [cet ami de La Fayette aurait été initié à la franc-maçonnerie à Cadix (Espagne) et aurait reçu à Paris le grade de Compagnon dans la loge Saint-Alexandre d’Ecosse, le 11 novembre 1805]. 16 août, massacre de Peterloo sur le terrain de St Peter's Fields à Manchester en Angleterre : la cavalerie charge une manifestation pacifique de 60 000 à 80 000 personnes rassemblées pour demander une réforme de la représentation parlementaire = 15 morts, 650 blessés. 14 décembre, le Territoire de l'Alabama devient le 22e État des États-Unis, l'Alabama. 17 décembre, devant l’insistance de Bolivar, le Congrès de Angostura crée la République de Gran Colombia (qui comprend le Venezuela, la Colombie actuelle, Panama et l’Equateur), vote la Constitution et élit Bolivar président. Publication de l’œuvre poétique d’André Chénier (guillotiné en 1794). Le docteur René Laennec publie Traité d'auscultation médiate. Walter Scott publie Ivanhoé.

1820. 1er janvier, en Espagne, le colonel Rafael del Riego et plusieurs officiers libéraux proclament la Constitution de Cadix ; le mouvement s'affaiblit progressivement et se trouve au bord du gouffre, fin février, mais la Galice voit se produire diverses insurrections en faveur de la Constitution ; ensuite, la révolte se répand rapidement dans le pays, et, le 7 mars, les insurgés du général Ballesteros occupent les alentours du Palais royal ; le roi Ferdinand VII se voit alors obligé à adopter un régime constitutionnel : le roi remet en vigueur la constitution de 1812, rétablit la municipalité de 1814, abolit l’inquisition (9 mars), forme un gouvernement et prête serment devant les Cortès. 22 janvier, Bataille de Tacuarembo : l'armée portugaise écrase les soldats uruguayens ; fin de l'indépendance de l'Uruguay qui est annexée par le Portugal. 29 janvier, mort de George III, roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et roi de Hanovre : son fils, George IV, lui succède. 1er février, capitulation d’Alep que les Ottomans reprennent. 3 février, au Vietnam, décès de l'empereur Gia Long : son fils, Minh Mang, lui succède le 14 février. 6 février, les premiers esclaves noirs américains libérés s'installent au Libéria. Nuit du 13 au 14 février, à sa sortie de l’Opéra, le duc de Berry (fils de Charles X et neveu de Louis XVIII, héritier présomptif du trône, membre de la Loge La Trinité) est poignardé par Louis Louvel, ouvrier républicain : le duc meurt le 14 à 6 heures. 15 février, Decazes démissionne sous la pression des ultras (la duchesse d’Angoulême lui reproche d’avoir laissé commettre le crime) ; il est remplacé par le duc de Richelieu. 3 mars, le Congrès des États-Unis adopte le Compromis du Missouri qui maintient le rapport entre États esclavagistes et non esclavagistes. 6 mars, le président des Etats-Unis entérine le Compromis du Missouri sur l’esclavage : le Missouri, état esclavagiste, et le Maine, état libre, sont intégrés ; dans le territoire de la Louisiane, nouvellement acquis, l’esclavage est autorisé au sud d’une ligne correspondant à 36° 30’ de latitude nord et interdit au nord de cette ligne. 7 mars, en Espagne, le trienio liberal rétablit la Constitution de 1812 : le roi Ferdinand VII renonce à l'absolutisme en Espagne. 9 mars, en Espagne, Ferdinand VII abolit l'Inquisition en Nouvelle-Espagne (elle sera abolie définitivement par la reine Marie-Christine en 1834). 15 mars, le Maine devient le 23e Etat de l'Union américaine. 28 mars, signature à Courtrai du Traité des Limites qui fixe la frontière entre la France et les Pays-Bas, qui deviendra la frontière Franco-Belge. 28 mars, en France, loi restreignant les libertés individuelles. 31 mars, loi sur la publication des journaux et écrits périodiques ; censure et autorisation préalable sont rétablies. 19 avril, sur l'île de Milos, un agriculteur, Yorgos Kendrôtas, découvre la Vénus de Milo, une sculpture de la fin de l'époque hellénistique (vers 130-100 av. J.-C.) qui pourrait représenter la déesse Aphrodite. 1er mai, à Londres en Grande-Bretagne, exécution des militants radicaux dont Arthur Thistlewood, qui ont organisé le complot de la Rue Cato destiné à assassiner les membres du Cabinet et à prendre le pouvoir. 27 mai, l’abbé de Noailles fonde la Sainte Famille de Bordeaux. 12 juin, en France, loi du double vote. En France, première église baptiste à Nomain (Nord). 9 juillet, insurrection militaire des carbonari dans le royaume de Naples (Nola, Avellino et Naples) ; la révolte de Nola oblige Ferdinand Ier à accorder une constitution libérale au royaume de Naples et à prendre pour Premier ministre le chef de l’insurrection, le général Guglielmo Pepe ; les troupes du général Guglielmo Pepe seront vaincues par les Autrichiens à Rieti le 7 mars 1821 et le souverain légitime restauré à Naples. 27 septembre, bref du pape qualifiant de schisme manifeste l’attitude de la Petite Eglise ; le 23 décembre, Louis XVIII refuse la publication du bref. En octobre, le khédive Mehmet Ali, vice-roi d’Egypte, attaque la Nubie, l’annexe et fait 30 000 esclaves. 3 octobre, début du règne de Daoguang, empereur Qing de Chine. 9 octobre, Guayaquil (Equateur) se libère des troupes espagnoles et proclame son indépendance. 18 octobre, Traité de Doak's Stand avec les Choctaws. 23 octobre, réorganisation des corps d'infanterie français. 8 novembre, fondation de la Congrégation des Soeurs de l'Instruction Chrétienne (dite couramment Soeurs de Saint-Gildas) à Beignon (Morbihan). 18 novembre, découverte de l’Antarctique par le navigateur américain Nathaniel Palmer. 4 décembre, James Monroe est réélu président des États-Unis. En décembre, premier complot de la Charbonnerie en France (La Fayette y participe). Espérance de vie : Français 38 ans, Française 39,2 ans.

1821. 15 janvier, après avoir soumis le port de Mokka (ou al-Makha) à un bombardement intensif, les Britanniques imposent à l'imam du Yémen un traité de paix en vertu duquel il s'engage à respecter les droits du résident anglais, représentant de la Compagnie des Indes. 23 janvier, trente-trois émigrants noirs américains s’installent au cap Mesurado (Liberia). 26 janvier au 12 mai, congrès de Laybach (Slovénie), réunissant les vainqueurs de la France napoléonienne, qui eut pour conséquence le soulèvement, promptement réprimé, du royaume de Naples et du Piémont. 3 février, début du règne de Tao-kouang ou Daoguang, empereur Qing de Chine. 4 février, Tudor Vladimirescu, membre de la société secrète de l'Hétairie, se rebelle contre les boyards tyrans et lance l'insurrection de nombreux paysans roumains ; finalement capturé par l'un des commanditaires de la rébellion qui l'accuse d'avoir trahi l'Hétairie, il sera exécuté le 7 juin. 13 février, l'Autriche accède à une demande de Ferdinand IV de Sicile et envoie une armée à Naples pour réprimer un soulèvement. 24 février, le général Agustín de Iturbide proclame l'indépendance du Mexique. 26 février, à Turin, mort du comte Joseph de Maistre, homme politique, écrivain et philosophe français 4. 27 février, les évêques ont la charge de l’inspection des collèges. 7 mars, les rebelles napolitains sont écrasés par les Autrichiens à Rieti. 11 et 12 mars, Soulèvement de l'armée au Piémont ; l'insurrection gagne Turin et contraindra Victor-Emmanuel Ier à abdiquer ; une Constitution est proclamée le 16 mars. 23 mars, découverte de la bauxite dans le village provençal des Baux-de-Provence d’où elle tire son nom : cette roche sédimentaire, source principale de l’aluminium, est employée dans la fabrication des bougies d’allumage et dans les garnissages de four. 25 mars, en Grèce, l’archevêque de Patras, Germanos, annonce le début de la Guerre de libération ; soulèvement des Grecs contre les Turcs (fête de l’indépendance, fête nationale). 31 mars, abolition de l'Inquisition au Portugal. 8 avril, intervention des troupes autrichiennes contre l’insurrection libérale piémontaise, qui est vaincue à la Bataille de Novare ; l’Ancien régime est restauré par Charles-Félix, duc de Modène ; la répression s’ensuit : Silvio Pellico, Federico Confalonieri et des milliers de libéraux et de carbonari sont arrêtés ou fuient le pays. 19 avril, à Nice, Victor-Emmanuel 1er abdique en faveur de son frère : c’est donc contre sa volonté que Carlo-Félice devient roi de Sardaigne, duc de Savoie, prince de Piémont, de Chypre et de Jérusalem. 5 mai, à 17 h 49, mort de Napoléon à Sainte-Hélène 7. 16 juin, l'ambassadeur Strogonov est envoyé par le gouvernement russe chez les Ottomans pour leur demander d'abandonner les principautés du Danube et de cesser les massacres sur le territoire grec. 24 juin, Bataille de Carabobo : les révolutionnaires, menés par Simon Bolivar, vainquent définitivement les royalistes du Venezuela que le corps expéditionnaire espagnol, en révolte, n'a pas soutenus. 26 juillet, la Turquie et la Russie rompent les relations après le refus des Turcs d'assurer la protection des chrétiens. 28 juillet, le général José de San Martin proclame l’indépendance du Pérou (fête nationale) qui abolit la traite graduellement. 10 août, le Missouri devient le 24e État de l'Union américaine. 21 août, l'île Jarvis est découverte par l'équipage du navire britannique Eliza Frances. 24 août, Traité de Cordoba : le royaume d'Espagne reconnaît l'indépendance du Mexique. 13 septembre, encyclique Ecclesiam a Jesu Christo de Pie VII contre les sectes et les sociétés secrètes. 15 septembre, les colonies du Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Salvador proclament leur indépendance ; suivant le projet du général Agustín de Iturbide, ces nouveaux Etats sont d’abord intégrés dans l’Empire mexicain. 27 septembre, Agustín de Iturbide entre dans Mexico puis est proclamé empereur du Mexique sous le nom d'Augustin Ier (fin en 1823). 28 septembre, Juan O'Donojú, dernier vice-roi de Nouvelle-Espagne, signe l'Acte d'Indépendance du Mexique (Acta de Independencia del Imperio Mexicano) ; l'Espagne ne reconnaîtra l'indépendance du Mexique que le 28 décembre 1836. 30 septembre, à Lyon, l’André Coindre fonde les Frères du Sacré Cœur. 13 octobre, au Mexique, traite abolie pour les esclaves nés au Mexique. 28 novembre, les provinces de Panamá se déclarent indépendantes du gouvernement espagnol et se rattachent à la République de Colombie. 1er décembre, indépendance de Saint-Domingue (République dominicaine) qui se rallie à la Grande Colombie. 14 décembre, le comte Jean-Baptiste Guillaume Marie Anne Séraphin Joseph de Villèle, représentant des Ultras, est nommé à la tête du gouvernement. Décembre à juillet 1822 : échec de plusieurs insurrections tentées par la Charbonnerie à Saumur, Belfort, Toulon, Nantes, Thouars, La Rochelle, Strasbourg et Colmar. Hegel, Principes : « En regard des sphères du droit privé et du bien privé, de la famille et de la société économique, l’Etat est la plus haute forme de l’organisation sociale ». Friedrich Schleiermacher : Exposition de la foi chrétienne. Thomas Johann Seebeck, physicien allemand, découvre ce qu'on appellera plus tard, l'effet Seebeck, découverte à l'origine de la production d'électricité par effet thermoélectrique.

1822. 12 janvier (1er janvier julien), à la fin du Congrès d’Epidaure, les insurgés grecs proclament l’indépendance (l'indépendance définitive du pays ne sera proclamée que le 3 février 1830), votent une Constitution démocratique et forment un gouvernement. En janvier à Belfort et en février à Saumur : échecs des Complots d’officiers affiliés à la charbonnerie, imitation du carbonarisme italien importé de Naples en 1820, société secrète rassemblant républicains et bonapartistes hostiles aux Bourbons ; les objectifs de la Charbonnerie sont l’indépendance nationale et la monarchie constitutionnelle ; des francs-maçons français, dont La Fayette, sont initiés. Le 24 février, Berton, général à la retraite, qui dirige les ventes (sections de 20 membres) de l'Ouest, à la tête de 150 hommes, s'empare de Thouars où il établit un gouvernement provisoire ; il échoue devant Saumur et se dirige alors vers La Rochelle (Laleu) où l’arrestation des 4 jeunes sergents charbonniers l'oblige à se cacher ; les 4 sergents de la Rochelle, condamnés pour conspiration contre la monarchie, seront exécutés en place de Grève le 21 septembre ; arrêté par un traître, Berton sera condamné à mort par la Cour royale de Poitiers et exécuté le 5 octobre. 17 mars, loi relative à la police des journaux et écrits périodiques : il est possible de punir un journal pour son esprit ; il faut une autorisation préalable pour diffuser un journal. 3 mai, à Lyon, Pauline Jaricot fonde l’Oeuvre de la Propagation de la Foi. 6 au 22 mai, en représailles à une révolte des Grecs de Chios, les Turcs prennent l’île, massacrent ses habitants (près de 30 000 personnes) et réduisent femmes et enfants (plus de 40 000) en esclavage, provoquant l’indignation en Europe. 18 mai, des soldats et une foule nombreuse demandent au régent Agustín de Iturbide de se proclamer empereur du Mexique sous le nom d'Augustin Ier ; il y consent et, le lendemain, par 67 voix contre 15 le Congrès mexicain entérine ce choix. 24 mai, Bataille de Pichincha opposant l'Espagne à la Grande Colombie et à la province Libre de Guayaquil : le 25 mai, les forces espagnoles capitulent. 14 juin, Charles Babbage adresse à la Royal Astronomical Society de Londres un article intitulé Note on the application of machinery to the computation of astronomical and mathematical tables (Note sur l'application d'une machine au calcul de tables astronomiques et mathématiques). 31 juin, échec de la Conspiration de Denmark Vesey, un noir libre, qui a prévu d'incendier Charleston (Caroline du Sud) puis les six plus grandes villes de l'État afin de provoquer un soulèvement général des esclaves de la région ; trahi, Vesey et les cinq principaux conspirateurs sont pendus le 2 juillet. 21 juillet, couronnement de l'empereur Augustin (Agustin) Ier du Mexique. 26 juillet, Rencontre de Guayaquil entre José de San Martin et Simón Bolívar qui dressent les plans de l'indépendance de l'Amérique du Sud espagnole. 7 septembre, à Sao Paulo, Dom Pedro, fils du roi du Portugal Jean (Joao) VI, proclame l’indépendance du Brésil (fête nationale). 14 septembre, un peu avant midi, dans la bibliothèque de l’Institut de France, Jean-François Champollion déclare, triomphant, à son frère : « Je tiens l’affaire ! » : l’affaire c’est le déchiffrement des hiéroglyphes de la pierre de Rosette (puis, selon la légende familiale, il tombe dans « une sorte d'assoupissement ») 13. 21 septembre, à Paris, les 4 sergents de la Rochelle (Bories, Goubin, Pommier et Raoulx), condamnés à mort le 5, sont guillotinés en place de Grève pour conspiration : le complot a été dévoilé le 17 février dans un train conduisant un régiment de Paris à La Rochelle. 6 octobre, une bulle du pape Pie VII restaure 30 diocèses supprimés en France lors de la Constitution civile du clergé. 12 octobre, à Rio de Janeiro, Dom Pedro, fils du roi du Portugal Jean VI, se proclame empereur du Brésil sous le nom de Pedro Ier et jure fidélité à la Constitution ; il sera sacré le 1er décembre. 20 octobre au 14 décembre, Congrès de Vérone décidant que la France (représentée par l'écrivain Chateaubriand) interviendra dans la lutte des libéraux espagnols ; la question de la guerre d'indépendance grecque y est aussi soulevée. 31 octobre, l'empereur du Mexique Agustín de Iturbide dissout le Congrès impérial. 1er décembre, Pierre Ier est couronné empereur du Brésil. 2 décembre, fondation de la Société des missions évangéliques de Paris (protestante). 28 décembre, Chateaubriand est nommé ministre des Affaires étrangères. Charles Fourier : Traité de l’association domestique agricole (réimprimé en 1841 sous le titre de Théorie de l’unité universelle). Niepce parvient à copier le portrait dessiné du pape Pie VII sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée, par la simple action de la lumière : cette date est retenue pour être celle de l'invention du procédé photographique.

1823. 6 janvier, échec des Ottomans à Missolonghi en Étolie : ils lèvent le siège dans la nuit du 11 au 12 ; la côte nord du golfe de Patras reste aux mains des insurgés grecs. 19 mars, à la suite du soulèvement conduit par le général Santa Anna, l'empereur du Mexique Augustin Ier Iturbide abdique et accepte de quitter le Mexique sans combat en échange d'une pension. 5 avril, Bataille d'Ochomogo au Costa Rica : les partisans de l'adhésion du pays à la fédération d'Amérique centrale vainquent les impérialistes qui souhaitaient son intégration à l'Empire mexicain. 7 avril, Expédition d'Espagne menée par la France : elle rétablit l'ancien roi, Ferdinand VII d'Espagne sur le trône espagnol (lors du congrès de Vérone, le 22 janvier, un Traité secret, donnant à la France le pouvoir d'envahir l'Espagne afin de rétablir l'ancien monarque absolu, a été signé). 22 avril, l'Anglais Robert John Tyers met au point des patins à 5 roues en ligne qui ont la particularité de ne pas être toutes en contact simultanément avec le sol ; il nomme ses patins Volito. En mai, l’Irlandais O’Connell fonde Catholic Association. 10 juin, les troupes turques du pacha de Thessalonique, un chrétien apostat, envahissent le Mont-Athos où une partie de la population s'est réfugiée : ses soldats se livrent à des pillages sans précédent, s'installant dans tous les monastères, emprisonnant les moines à Thessalonique et leur faisant endurer de lourdes chaînes au cou, des étaux aux pieds, battus quotidiennement et sans eau, pour les faire apostasier (Un seul renie sa foi, 82 reçoivent la couronne du martyre) ; l'évêque de Kitros est découpé en morceaux devant la foule ; le prêtre Jean a les mains et les pieds coupés puis est aveuglé. 2 juillet, victoire brésilienne sur les troupes restées loyales au Portugal, lors du siège de Salvador. 24 juillet, bataille du lac Maracaibo au Venezuela : victoire de la Grande Colombie sur la flotte espagnole. 28 juillet, Traité d’Erzurum mettant fin à la guerre entre la Perse et l’Empire ottoman. 28 juillet, combat de Campillo de Arenas (Espagne) : victoire française sur les forces révolutionnaires libérales espagnoles. 20 août, mort de Pie VII. 31 août, Bataille du Trocadero en Espagne : les troupes françaises s'emparent du Fort. En septembre, le choléra atteint la ville russe d'Astrakan. 8 septembre, Traité de Moultrie Creek entre les Etats-Unis et les chefs Séminoles. 10 septembre, ouverture à la navigation du Canal Champlain reliant la rivière Hudson au lac Champlain (100 kilomètres). 21 septembre, l'ange-prophète Moroni apparaît à Joseph Smith.


Notes
1 L’EMERAUDE, pierre mystérieuse, régénératrice, considérée comme le plus puissant talisman car elle serait issue des enfers dont elle connaît les secrets (ou tombée du front de Lucifer durant sa chute), et dans laquelle les anges auraient taillé le Graal qui recueillit le sang du Christ, est appelée la pierre du Pape. Chez les Egyptiens et Etrusques, elle était la pierre de la clairvoyance, de la fertilité et de l’immortalité ; à Rome, elle était l’attribut de Vénus.
2 Depuis le XIVe siècle, des pèlerins sont adoubés dans l’Eglise du Saint-Sépulcre par d’anciens chevaliers vivant auprès des Franciscains (les premières chroniques mentionnant des adoubements au Saint Sépulcre datent de 1336). L’ORDRE DU SAINT-SEPULCRE est issu du Chapitre du Saint-Sépulcre pour protéger le tombeau du Christ et organiser la vie spirituelle en assistant le patriarche mis en place par Godefroy de Bouillon après la prise de Jérusalem. Le chapitre est composé de vingt chanoines séculiers qui vivent en communauté. En adoptant la règle de saint Augustin en 1114, le chapitre devient ordre régulier sous le nom d'ordre du Saint-Sépulcre avec la reconnaissance du pape Pascal II. Sous la Restauration, un ordre français concurrent, la pieuse confrérie royale du Saint sépulcre (fondée en 1325), est supprimé par Louis XVIII poussé par Chateaubriand qui déclare avoir été adoubé par le véritable ordre en 1806. En 1928, cependant, les chevaliers français obtiennent la garde des reliques de la Passion à Notre-Dame de Paris durant le carême ; en 1932, ils se constituent en lieutenance.
3 Conseiller de l’Université, EMERY, désigné pour faire partie des commissions ecclésiastiques de 1809 et 1811, eut le courage de s’opposer aux prétentions de l’Empereur en matière canonique. On lui doit L’Esprit de Leibniz (1772), L’Esprit de sainte Thérèse (1775), Le Christianisme de F. Bacon (1799) et les Pensées de Descartes sur la religion morale (1811).
4 JOSEPH DE MAISTRE, né à Chambéry en 1753, fit des études de droit à Turin et fut membre du Sénat de Savoie (1774). Joseph de Maistre fut en 1774 membre de la loge maçonnique Trois Mortiers en Chambéry ; il avait les titres de grand orateur, de substitut des généraux et de maître symbolique et entendait concilier son appartenance à la franc-maçonnerie avec une stricte orthodoxie catholique. Avec quelques frères de Chambéry, il fonda en 1778, la loge réformée écossaise de « La Sincérité », qui dépendait du directoire écossais dont l'âme était Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), disciple de Joachim Martinès de Pasqually. Il fut reçu chevalier bienfaisant de la Cité Sainte. Lors de son séjour à Turin, en 1793, Joseph de Maistre adhèra à la loge de La Stricte Observance (La Stretta Osservanza) qui relevait du Rite écossais rectifié. Enfin, à Saint-Pétersbourg, il fréquenta la loge de M. Stedingk, ambassadeur de Suède auprès du Tzar. Ministre de Sardaigne à Saint-Pétersbourg où il se lia avec Alexandre Ier. II y composa ses grands ouvrages, dont Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1810), Examen de la philosophie de Bacon (1836). Il fut, avec Bonald, l’adversaire le plus passionné de la Révolution française et du XVIIIe siècle. À la raison chère aux philosophes et aux idéologues, il oppose le sens commun, la foi, l’intuition de la conscience intellectuelle. Sa philosophie de l’histoire, fondée sur la volonté divine, la Providence, se rapproche de celle de Bossuet. Il mourut à Turin le 26 février 1821.
5 L'Histoire des Papes et des Saints, n°4, juillet 2009
6 Selon Damas-Hinard, le pape Pie VII proposait à l’empereur de canoniser un Bonaventure Bonaparte, mort obscurément dans un cloître. En fait, on transforma pour la cause saint Néopolis ou Néopole, compagnon de st Saturnin et martyr à Alexandrie, en NAPOLEON. L'empereur décida d'en faire son saint patron, SAINT NAPOLEON : après Waterloo, la fête fixée au 15 août (anniversaire de la naissance de l'empereur) revint à sa date primitive, le 2 mai. Il apparaît plutôt que Napoléon provient du surnom donné à St Nicolas : en effet, ce dernier étant représenté portant le scapulaire des archevêques, l’anabolium, est surnomméil Anabolione ou Nabulione, déformé en Napoleone ; la mère de Napoléon Bonaparte l'appelait d'ailleurs Nabulione (http://www.histoire-de-france-et-d-ailleurs.com/articles/personnalites/Napoleon1.htm).
7 Le 5 mai 1821, à 17 h 49, NAPOLEON BONAPARTE meurt à Sainte-Hélène. Des experts pensent qu'il est mort empoisonné à petit feu par de l’arsenic dont la présence a été détecté dans ses cheveux. La plupart des spécialistes pensent qu'il est probablement mort d’un cancer de l’estomac (comme son père). Pour les partisans de l’empoisonnement, il a été la victime des Anglais ou du général de Montholon. Les mobiles de Montholon auraient été : la vengeance (sa femme était la maîtresse de l’empereur et aurait même eu un enfant de lui), l’intérêt (l’empereur léguait à Montholon le tiers de sa fortune) et/ou le complot royaliste pour l’élimination définitive de Napoléon. Début janvier 2007, la revue scientifique canadienne Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology publie une étude clinico-pathologique faite par un groupe de scientifiques provenant de Suisse, des Etats-Unis et du Canada, qui, à partir de cheveux de Napoléon, diagnostique un cancer gastrique avancé ayant un stade tumoral T3N1M0, avec envahissement des ganglions lymphatiques déclenché par une infection chronique avec la bactérie Helicobacter pylori, et affirme que du point de vue clinique et morphologique, l’hypothèse d’une empoisonnement à l’arsenic doit être écartée. Après la mort de l’empereur déchu, son médecin personnel Francesco Antommarchi avait déjà constaté une tumeur maligne lors de l’autopsie : il présentait un ulcère perforé. Dans les derniers jours de sa vie, l'hémorragie était devenue massive ; or, ses médecins n'avaient rien trouvé de mieux que de lui administrer du mercure, qui accentue... les hémorragies. En 2002, le ministère de la Défense refusa que le corps conservé dans ce mausolée fît l'objet d'une analyse ADN. Bilan de l'épopée napolénienne : Napoléon Bonaparte a fixé dans le marbre certains principes de la révolution bourgeoise de 1789 : l'égalité, la promotion au mérite, la propriété, le concept d'État-nation. De même, il a consacré le caractère juridique des institutions et a pérennisé des législations qui subsistent encore aujourd'hui : Conseil d'État, Sénat, Banque de France, Préfets, Concordat, lycées, Légion d'honneur, Chambres de commerce, franc germinal, Code civil, Conseil de prudhommes, Université, Bourse de Paris, Grand Sanhédrin, Cour des Comptes, baccalauréat, Code pénal... La France de Napoléon est organisée autour d'un exécutif très centralisé et autoritaire. Les journaux sont supprimés, il n'y a plus de liberté d'expression et les contre-pouvoirs théoriques ne jouent pas leur rôle. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa (Syrie) est prise et pillée par les Français : le général Bonaparte ordonne l'exécution de quelque 2 500 prisonniers turcs qui sont fusillés ou égorgés faute de munitions. Le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), organisé par Emmanuel-Joseph Sieyès et exécuté par Napoléon Bonaparte, avec l'aide décisive de son frère Lucien, marque la fin du Directoire et de la Révolution française, et le début du Consulat. Le 20 mai 1802, Premier Consul, il rétablit l'esclavage aboli par la Convention le 4 février 1794 : le décret stipule que l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieur à 1789 (en exil sur l'île de Saint Hélène, Napoléon reconnaîtra cette grande faute). Devenu Empereur le 18 mai 1804, il s'empresse de restaurer une aristocratie nobiliaire, transforme les républiques sœurs en royaumes sur lesquels il place les membres pas toujours très inspirés de sa famille, impose un nouveau pouvoir absolu et héréditaire. On est très loin de l'idéal révolutionnaire. A côté de Napoléon, Louis XVIII, avec sa charte constitutionnelle, fait figure de républicain. Sur un plan économique, on peut porter au crédit de Napoléon d'avoir accompagné la formation du capitalisme industriel en faisant adopter une législation favorable à la libre entreprise et à la finance, d'avoir encouragé l'initiative privée et l'innovation industrielle, d'avoir créé une puissante administration composée de cadres compétents, et d'avoir procédé, pour contrebalancer les effets du blocus continental, à l'ouverture du marché européen à grand coups de baïonnettes. Mais après la chute de l'empereur, la France est un pays ruiné. Le coût des guerres a été exorbitant, les finances publiques sont à genoux, la dette colossale. Après la défaite de Napoléon, la France doit en plus payer aux alliés une faramineuse indemnité de guerre et entretenir une armée d'occupation. Le pays s'enfonce dans une grave crise économique, il lui faudra une vingtaine d'années pour s'en relever. Sur le plan territorial, Napoléon Bonaparte a rendu en 1815 la France plus petite qu'il ne l'a trouvée en 1799 lors de sa prise de pouvoir. Coût humain de la folle équipée napoléonienne : selon les sources, le bilan de ces quinze années serait d'environ 1 million de morts en France, de 3 millions pour l'ensemble de l'Europe. Si ces chiffres sont très controversés, on se situe néanmoins dans l'ordre de grandeur des pertes de 14-18. A elle seule, la campagne de Russie aura fait plus de victimes que n'importe quelle bataille de la Seconde Guerre mondiale. Pour certains pays comme l'Espagne, c'est une véritable saignée que laisse le passage des armées napoléoniennes. (https://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/3436-napoleon-ier-empereur-1769-1821.html)
8 http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/20/6/1/a/53435/ le_coup_de_bourse_de_nathan_rothschild.shtml
9 http://www.champagnat.org/e_maristas/Cuadernos/24_FR.pdf
10 http://www.scplf-reaa.org/Historique/18021821RetourenFranceduREAA.aspx
11 http://luquet-archives.univ-paris1.fr/fichiers_luquet/luquet/histoire/1/839/839.pdf
12 Félicité Robert de LAMENNAIS (1782-1854) tenta d’opérer une synthèse entre le christianisme et la mystique révolutionnaire. Né à Saint-Malo, autodidacte, il fut ordonné prêtre en 1816. Il se mit alors au service de l’Église en écrivant son Essai sur l’indifférence (1817 à 1823). Il renouvelait l’apologétique, en donnant comme seule base à la foi catholique le consentement universel du genre humain, fondé sur une révélation primitive, inspirée par de Bonald. Le 6 juin 1819, avec l'abbé Deshayes, il fonda les Frères de l’instruction chrétienne de Ploërmel. En 1825, il demanda pour le catholicisme une entière liberté d’action et réclama, pour la première fois, la séparation de l’Eglise et de l’Etat (De la religion considérée dans ses rapports avec l’ordre politique et social). Il créa en 1828 la congrégation de Saint Pierre, destinée à former un clergé capable de répondre aux attaques des philosophes, de mieux comprendre son temps et de rétablir l’autorité du pape en France. Mais, progressivement, son engagement politique le sépara de la monarchie et de la papauté. Le 16 octobre 1830, il fonda le journal l’Avenir en collaboration avec Henri Lacordaire et le journaliste et homme politique Charles de Montalembert. Dans ce journal, il réclamait la liberté de conscience, de presse et de religion, ainsi que la séparation de l’Église et de l’État. En novembre 1831, Lamennais, Charles de Montalembert et Lacordaire allèrent à Rome pour défendre leurs idées (union du catholicisme et de la liberté) devant le pape Grégoire XVI, mais ce dernier ne les reçut que le 13 mars 1832 ; représentant alors le catholicisme libéral français, Lamennais s’opposa au pape qui le condamna en 1832 (encyclique Mirari vosdu 15 août) et en 1834. Le livre Paroles d’un croyant (30 avril 1834) dans lequel il lance un appel pressant à la liberté et à la fraternité et développe les tendances socialistes et démocratiques du message évangélique, scella sa rupture avec l’Église : Paroles d’un croyant fut condamné par le pape pour sa perversité (encyclique Singulari nos du 25 juin). Ses amis le quittèrent peu à peu et il perdit peu à peu la foi au profit d’un spiritualisme assez vague qu’il présenta dans son ouvrage De la religion (1841). Il écrivit dans l’Esquisse d'une philosophie (1840-1846) : « Considéré dans sa substance, l'Être infini étant un, de l'unité la plus absolue, il s'ensuit que chacune de ses propriétés est l'Être tout entier selon sa substance, et comme ces propriétés sont essentiellement distinctes entre elles, il s'ensuit, en second lieu, que la puissance n'est ni l'intelligence ni l'amour et est l'Être tout entier ; que l'intelligence n'est ni la puissance ni l'amour et est l'Être tout entier ; que l'amour n'est ni l'intelligence ni la puissance et est l'Être tout entier ; en d'autres termes, que la puissance, l'intelligence et l'amour sont caractérisés dans l'unité de l'Être absolu par quelque chose qui leur est exclusivement propre, et par conséquent subsistent d'une manière individuellement distincte dans cette unité. Or, l'individualité intelligente, déterminée par quelque chose d'essentiel et de permanent, constitue la notion propre de personne, laquelle suppose de plus un rapport substantiel d'où elle tire sa réalité, son être effectif et radical. Donc il existe trois personnes dans l'unité de l'Être absolu ; et ces trois personnes coexistantes dans la substance unie et infinie, c'est Dieu. » Il continua de prendre le parti du peuple, attaqua le gouvernement royal qui l’envoya une année en prison. En 1848, il fut élu député et siégea à l’extrême gauche ; mais il se retira de la vie publique peu après dans sa propriété de la Chesnaie, en Bretagne. Il mourut en 1854, sans s’être réconcilié avec l’Église catholique et sans l’assistance d’un prêtre, tenant par-dessus tout à la liberté de la conscience.
"Les poignards des Espagnols sont ornés de chapelets." (Lamennais)
"On dit qu'il y a eu des anthropophages ; je ne sais, mais cela n'a pas dû être long : ils ont dû mourir empoisonnés." (Lamennais)
"L'incroyance est la ruine non seulement des individus, mais des sociétés." (Lamennais)
13 Le 14 septembre 1822, un peu avant midi, dans la bibliothèque de l’Institut de France, Jean-François CHAMPOLLION (1790-1832) déclare, triomphant, à son frère : « Je tiens l’affaire ! » : l’affaire c’est le déchiffrement des hiéroglyphes de la pierre de Rosette (puis, selon la légende familiale, il tombe dans « une sorte d'assoupissement ») ; le 27, Champollion expose devant l'Académie des inscriptions et belles-lettres son travail de déchiffrement de l'écriture hiéroglyphique : une ébauche de sa Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques. Quand Jean-François CHAMPOLLION publie, en 1824, Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, Thomas Young (physicien, médecin et égyptologue anglais) reconnaît son avancée mais lui demande en même temps de déclarer s'être appuyé sur ses articles antérieurs (automne 1814). Champollion, qui est parvenu à la compréhension fondamentale du système hiéroglyphique grâce à sa maîtrise du copte, refuse d'admettre toute paternité de la traduction à Young, dont les interprétations comportaient des manques et des erreurs. Un schisme s'ensuit, au cours duquel les Britanniques soutiennent Young et les Français maintiennent que Champollion est l'unique déchiffreur des hiéroglyphes. En dépit de cette querelle fortement nourrie par les tensions politiques de l'époque, Champollion laissera plus tard Young accéder à des manuscrits démotiques au Louvre quand il en sera conservateur (https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Young).
14 21 mars 1804 (30 ventôse an XII), promulgation du CODE CIVIL initié par le Premier consul et rédigé par 4 magistrats : Tronchet, Bigot de Préameneu, Malleville et Portalis (Vénérable de la loge L’Étroite Persévérance des Amis Réunis) et à l’élaboration duquel a participé le ministre de la justice, Cambacérès (Chef suprême du& rite français, il est grand maître adjoint du Grand Orient de France après le retrait du prince Louis Bonaparte en 1805 et le restera jusqu'à la fin de l'Empire). Le Code civil des Français est un code juridique qui regroupe les lois relatives au droit civil français, c’est-à-dire l'ensemble des règles qui déterminent le statut des personnes (livre Ier), celui des biens (livre II) et celui des relations entre les personnes privées (livres III et IV). Le Code civil constitue une révolution juridique en organisant, pour la première fois, les relations entre l'État et les citoyens, des citoyens entre eux et en soulignant la non-confessionnalité de l'État, premier pas vers la laïcité ; l'état civil échappe définitivement à l'Église et le mariage relève de la seule loi civile. En mettant fin au règne des coutumes et des traditions (abolition des droits féodaux, fin des privilèges de la noblesse), le Code civil est, malgré ses imperfections, un facteur d'égalité des citoyens devant la loi. Le code civil des Français fut d'abord celui des hommes propriétaires, mariés et pères de famille ; au nom de la famille et de sa stabilité, le code Napoléon a consacré l'infériorité de la femme mariée face à l'homme, l'épouse côtoie les mineurs et les fous au rang d'incapable et se voit privée de tous ses droits civils du jour de son mariage ; l'article 213 original du code Napoléon définit ainsi les relations entre époux : "Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari" (il faudra attendre 1970 pour que cet article soit modifié). En 1815, sur l'île de Sainte-Hélène, l'empereur déchu Napoléon confiera au fidèle marquis de Montholon : Ma vraie gloire n'est pas d'avoir gagné quarante batailles. Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires. Ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon code civil ! Le Code civil des Français inspirera le système juridique de nombreux pays qui l'adopteront ou le copieront.
15 En novembre 1791, TOUSSAINT-LOUVERTURE, qui serait né esclave dans la colonie de Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti, au début des années 1740, se joint à la révolte des esclaves haïtiens contre la France et se fait remarquer par son courage et ses qualités de stratège. Le 7 mars 1793 (17 Ventôse), la France déclare la guerre à l'Espagne. Madrid occupe la partie orientale de l'île Santo Domingo et offre à Biassou et François Dominique Toussaint dit Louverture de combattre les Français à ses côtés en échange d'une promesse de liberté générale. Les insurgés acceptent et Toussaint Louverture reçoit le grade de lieutenant général dans les armées espagnoles. Il commande 4 000 hommes et s’efforce de rallier les bandes noires. Le 29 août, à Saint-Domingue, Toussaint-Louverture commande l'insurrection et cherche à unir les esclaves noirs ; invasion de l'île par les anglo-espagnols, alliés des royalistes blancs ; Léger-Félicité Sonthonax, présent en tant que représentant de la Convention nationale, proclame l'abolition de l'esclavage pour les esclaves de la province du Nord de Saint-Domingue. Le 1er septembre 1797, Toussaint-Louverture est nommé général en Chef des armées françaises de Saint Domingue (il installera progressivement un pouvoir noir sur l’île). Le 20 octobre (29 vendémiaire An VI), le général mulâtre André Rigaud se rallie à Toussaint-Louverture. En octobre 1798, au nom de la République française, Toussaint Louverture reçoit la reddition des Anglais (battus et décimés par une épidémie de fièvre jaune) et prend en main le gouvernement de l'île. Le 27 janvier 1801, Toussaint Louverture réoccupe la partie orientale de l'île, cédée par l’Espagne à la France par le traité de Bâle (22 juillet 1795). En mars, Napoléon Bonaparte, apprenant la prise de possession de la partie espagnole par Toussaint — lui qui œuvrait pour une réconciliation franco-espagnole —, entre dans une grande colère : à ses yeux, cette constitution est un affront de trop et Toussaint-Louverture devient dangereux ; la réaction du Premier Consul de France Bonaparte est l’envoi d’un corps expéditionnaire qui doit mettre un terme à l'émancipation domingoise. Le 8 juillet, adoption de la Constitution coloniale : Toussaint Louverture proclame l'autonomie de l'île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République. En décembre, l’expédition Leclerc quitte la France avec 17 000 hommes, renforcée entre mars et mai 1802 par 6 000 hommes ; Toussaint dispose d’une armée de 20 000 hommes, répartie entre l'infanterie, la cavalerie et le génie ; par ailleurs, sa garde nationale, véritable troupe aguerrie, compte près de 10 000 hommes. Le 5 février 1802, l'expédition militaire (23 000 hommes) commandée par le général Leclerc, débarque dans l'île de Saint-Domingue. Le 23, les troupes du général Rochambeau remportent la Bataille de la Ravine à Couleuvres sur celles de Toussaint-Louverture : les troupes noires sont repoussées. Le 6 mai, soumission de Toussaint Louverture et de Dessalines ; ils conservent leurs grades et leurs troupes intègrent l'armée française ; Toussaint-Louverture est assigné à résidence dans sa propriété dans l’île. Le 7 juin, à Saint-Domingue, arrestation de Toussaint-Louverture, conduit immédiatement à bord d’un bateau qui l’emmène en France. Le 23 juillet (4 thermidor an 10), arrêté des Consuls ordonnant l’internement de Toussaint-Louverture au Fort de Joux où il sera tenu au secret avec son domestique Mars Plaisir (Toussaint arrive dans la forteresse de Joux le 23 août ; il y mourra le 7 avril 1803).


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Auteur : Jean-Paul Coudeyrette
Référence publication : Compilhistoire.fr ; reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.

Date de mise à jour : 10/06/2024

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